Une plate-forme de communication de savoirs vivifiants, jour après jour

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Chers sympathisants mayaques

Voici le blog mayaque qui détaille au jour le jour les travaux de notre « plate-forme de communication de savoirs vivifiants ». Arts, sciences, sciences humaines, travail social, de la terre, artisanat : décloisonner les formes de savoir afin de mieux comprendre le monde et mieux y participer. « Dans le Tout, le Beau, le Bon, vivre là résolument », clamait Goethe. À essayer de toute urgence, quotidienne

2017… La revue-livre (MaYaK), le cabanon d’édition (Phare Papier), l’audiovisuel (Muzifar records, TéléMaYaK), les expos, les rencontres et concerts, les échanges avec le Burkina Faso (BurkiMaYaK), les recherches « écophiles » (recherches aimantes sur les lieux habités) ; ces « interventions culturelles » (comme disaient les surréalistes) sont le fruit d’un travail que différentes équipes mènent dans le dialogue (posé, la plupart du temps). Nous voulions en rendre compte avec l’espoir de susciter des réactions, des échos, des propositions, des connexions, des ramifications…

Le blog, une autre forme de communication, plus familière, plus concise, drôle parfois. Il s’agit de communiquer des visions d’une vie possible, complexe, systémique, en relation, en réseau, sans les complications en usage dans certains milieux du savoir où il devient vite pouvoir… Du sérieux sans se prendre au sérieux.

Autre perspective sur ce travail, plus condensée encore : les pages facebook auxquelles nous vous invitons : mayak phare papier & observatoire écophile.

Au plaisir,

Hugues Robaye




Avec Luc Rémy, le 14 octobre 2017, à Quartiers Latins

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Luc et Steve1 Luc, Steve, Inkoli Jean Bofane et Maurice Boyikassé, Ixelles, 2 janvier 2008

Je me souviens de ce 21 juin (2017) : Luc m’appelle et me dit qu’il a écrit un texte sur les fusains de Steve, la nuit précédente. Ce serait bien de le mettre dans le MaYaK9, avec ces fusains, justement ; tu sais, tu as dû les voir sur deux des pochettes de ses cd. Oui, en effet. Rendez-vous avec lui et Steve qui apporte des fusains : « temples et refuges », soigneusement conservés dans une « farde » en plastique noir. Je les rapporte à la maison ; je relis le texte de Luc qui me semble plus décrire des œuvres « non-figuratives », de celles que j’ai vues sur les pochettes des cd. J’en parle à Luc qui me dit oui, mais, tout dans le travail du peintre, est au fond non-figuratif. J’acquiesce à moitié, en ajoutant qu’on pourrait déjà faire de ce travail un « petit MaYaK entre 8 et 9 », comme on y pense depuis un certain temps (dans la tribu mayaque) : à des publications intermédiaires entre les MaYaK annuels, livrets présentant des recherches apparaissant dans les MaYaK suivants : works in progress… J’en parle à Steve qui se met à travailler à de nouveaux fusains en résonance avec le texte de Luc. Hum, je demande aussi à Steve s’il peut écrire un texte sur ses fusains qui s’appliquerait à la série « Temples et refuges ». Oui. Je me dis : il faudrait évoquer cette longue amitié entre Luc et Steve. Nous le faisons le dimanche 2 juillet : un entretien. Je l’ajoute à la publication à venir. Avec Steve Houben, nous apportons une première épreuve à Luc, le 8 juillet. Luc m’avait demandé précédemment si je voulais bien lui apporter Notes sur le cinématographe de Robert Bresson qu’il veut relire (il admire son œuvre pour son exemplaire sobriété). En voyant l’épreuve que je lui apporte, Luc me dit : c’est du Robert Bresson. Steve sourit. Deux jours plus tard, dans sa chambre, aux soins palliatifs de la clinique Saint-Élisabeth d’Uccle, Luc demande à Libali, sa femme, de mettre de la musique. Libali se retourne, Luc est parti.

Comme dans Le septième sceau d’Ingmar Bergman qu’il aimait tant, Luc, ces mois-là, jouait aux échecs avec la mort. Qui a gagné la partie ? Je me demande plutôt s’il faut la gagner. Luc est resté bien (et bon) vivant…

Steve ne sera pas là samedi, il a un concert en hommage à la fille de Jacques Pelzer (au Jacques Pelzer Jazz club, à Liège) et a un sound check cet aprem du 14 octobre, mais – il me le disait au téléphone – sera avec nous, comme notre ami commun, Luc Rémy à qui nous dédions cette après-midi mayaque.

Régisseur son/lumière au centre culturel d’Uccle, Luc, fin connaisseur-amateur de poésie, de musique, de cinéma et d’arts plastiques (en particulier ceux de la Belgique contemporaine), est membre de la « cellule mayaque » depuis les débuts de la revue-livre en 2006.

L’épitaphe que Luc choisie, empruntée à Saint-Augustin : « La seule mesure de l’amour est d’être sans mesure. »

La rencontre mayaque du 14 octobre lui est dédiée.

HR

S&L




« Développement » ? Endogène(s) !

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Très « intéressante », cette participation au salon du livre africain, « Lire et écrire l’Afrique », à Marchienne-au-Pont (Charleroi, Belgique), le samedi 30 septembre 2017.

Il s’agissait pour le GE ! de repenser une table d’exposition où ses activités seraient focalisées sur les échanges poursuivis au Burkina Faso, où l’ensemble du travail (11 ans de recherches, déjà) recevrait cette perspective, cet éclairage, particulier, mais infini aussi.

« Intéressant », inter esse(re), « qui est en nous, parmi nous » comme un foyer qui rayonne… Voilà comment ce mot élimé peut retrouver du sens ? Peut-être…

La notion de « développement endogène » promue par le grand historien africain JOSEPH KI-ZERBO servait de fil conducteur à cette composition/installation de documents divers.

Chaque groupe, chaque individu, chaque nation se développe selon des nécessités qui lui sont propres. Il n’y a pas le développement ;il y a autant de développements que d’organismes individuels ou collectifs, vivants… Ce qui est passionnant, c’est d’observer ces développements, de les confronter, de les penser et de les poursuivre ! C’est du moins notre optique au GE ! Phare Papier/MaYaK.

Dans nos contacts avec le Burkina et au sein de nos « recherches écophiles » – recherches aimantes sur les lieux habités – qui vont pleinement dans cette direction, dans notre regard porté sur le Burkina ou sur la Belgique (en particulier sur Lessines), il s’agit d’observer ces « développements » singuliers et de mettre en relation ceux qui les incarnent : réseauter, disent mes camarades burkinabè.

Boulot passionnant – celui d’un « intellectuel », au sens Kenneth Whitien du terme – d’un humain qui compose, pense, intuitionne dans la société et avec les savoirs qu’il a reçus, de nouvelles formes, de nouvelles ententes, chaque fois retravaillées. Qui s’interroge sur les formes de sociétés ; d’être ensemble. Et qui tente, dans le cadre d’une recherche-action, de les promouvoir dans leurs singularités.

« Lire et écrire l’Afrique », c’était le thème du salon : la mini-expo imaginée pour l’occasion montrait des livres de recherches-actions de grands auteurs burkinabè ; des dépliants d’ONG et assoc qui promeuvent un développement endogène (dépliants plastifiés car précieux objets d’expo, révélateurs d’une façon de se présenter à l’autre), des manuscrits (l’un de Boubacar Sadou Ly sur la culture), des brochures dactylographiées (comme le catalogue des produits de « Phytofla », concoctés à partir de plantes médicinales par l’équipe du regretté Pando Zéphyrin Dakuyo) ; on pouvait aussi entendre les voix de ces promoteurs d’un développement choisi. Par ailleurs, la table montrait les échanges avec le village de Bendogo commencés en 2012 : peintures, photos, dessins d’enfants, documents de présentation de nos partenaires : APIL (Abdoulaye Ouédraogo) & l’association de notre ami permaculteur, Patigidsom Koalga ; enfin le court-métrage – « Villages en savane » – réalisé en collaboration avec les écoles, en un stage orchestré par François d’Assise Ouédraogo, était diffusé en continu.

La table partait de l’un des mandalas peuls que Boubacar Sadou Ly nous avait offerts et s’achevait par un autre de ces couvercles de calebasse que les femmes peules tissent, reproduisant intuitivement les rythmes du cosmos. La table restait sous le regard de ce grand universaliste fondateur de l’école de la sagesse sur dunes, à Dori, aux portes du Sahel ; le docteur Ly, soucieux que chaque développement endogène (qui se lit sur le corps de chacun de nous) entre harmonieusement, sans violence, en relation avec les autres… Un horizon…

HR

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Développement ? Endogène ! / « Lire et écrire l’Afrique » : Marchienne-au-Pont, 30 septembre 2017

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moi 6 avec le peintre SAMBO BOLY, Ouagadougou, novembre 2016.

Vous êtes cordialement invités le samedi 30 septembre 2017, de 14 à 22hEspace 80, 80 route de Mons à 6030 Marchienne-au-Pont pour le premier salon du livre africain.

Le GE! Burkimayak y participe ! L’argument de cette participation :

L’association socio-culturel GE ! (Groupe Esthéthique!) – édition, audiovisuel, expos, rencontres diverses – entretient des relations amicales avec des personnes, associations et ONG burkinabè depuis janvier 2012.

Un double travail : échanges avec un village – Bendogo, au nord de Ouagadougou – & enquête en continu sur le « développement endogène » et ses acteurs locaux. En résultent publications, documents audiovisuels, expositions et surtout un réseau d’amitiés dans des milieux burkinabè complémentaires : sociaux, agroécologiques, artistiques.

Développement endogène selon la notion du grand historien Joseph Ki-Zerbo : chaque personne, chaque famille, chaque groupe/association, chaque ethnie, chaque pays se développe selon des rythmes qui lui sont propres, culturels, intérieurs, intimes… Un développement imposé de l’extérieur contrecarre ce mouvement spontané, naturel…

Dès lors, l’échange avec le Burkina nous a conduits à cette conviction : notre développement endogène, le consumérisme productiviste (produire pour faire consommer jusqu’à épuisement de la terre et des psychologies humaines) aurait à s’inspirer de développements différents, comme ceux, par exemple, du Burkina, reposant sur une agriculture familiale, où la personne a encore en elle un large savoir qui l’autonomise, où les relations sociales ne sont pas encore institutionnalisées par une Sécu, où l’informel simplifie les initiatives…

Thomas Sankara, Joseph Ki-Zerbo, Titinga Pacere, Bernard Lédéa Ouédraogo, Boubacar Sadou Ly, Pando Zéphirin Dakuyo… incarnent au Burkina Faso ce genre de vision du développement endogène et ont écrit à ce sujet (tout comme, chez nous, beaucoup d’acteurs d’un renouveau l’ont fait : décroissants, antiproductivistes, agroécologistes, permaculteurs mais aussi économistes soucieux de donner d’autres finalités à notre développement endogène (reposant sur l’industrie et les technologies) qui semble aller droit dans le mur, ou tout simplement, écrivains respectueux de la complexité de la vie).

Rassembler ces mots et ces voix, c’est ce à quoi tend la revue-livre MaYaK, publication annuelle au centre des recherches du GE!

Comment mieux vivre, dans le Tout, le Bien, le Beau (selon l’injonction du grand Goethe) ? Les réponses viennent autant du Nord que du Sud (de l’Est que de l’Ouest)…

La table mayaque montrera ce réseau d’échanges, en une mini-exposition sons et lumières…

Boulbi 21-10-2016 blog Boulbi 21-10-2016 011ret2blog À Boulbi, au sud de Ouagadougou, un domaine dédié aux cultures africaines, novembre 2016.




Calendrier mayaque septembre-novembre 2017

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samedi 30 septembre 2017, Marchienne-au-Pont, de 14 à 22h

Espace 80, 80 route de Mons, 6030 Marchienne-au-Pont

Lire et écrire l’Afrique – Foire du Livre

vendredi, samedi, dimanche, 6/7/8 octobre 2017, Morlanwelz

de 16 à 20 / de 10 à 19 & de 10 à 18h

Musée royal de Mariemont, 100 chaussée de Mariemont, 7140 Morlanwelz

Marché du livre de Mariemont

samedi 14 octobre 2017, Bruxelles, de 14 à 16h

CFC éditions/librairie, place des martyrs, 1000 Bruxelles

Opération « Fureur de lire » :

Des histoires à construire : MaYaK8

avec Magda Dimitriadis, Christophe Galleron, Rino Noviello, HR. 

mardi 7 novembre 2017, Charleroi, de 18h30 à 22h30

Théâtre de l’Ancre, 122 rue de Montigny, 6000 Charleroi

Avant la représentation de « Combat de pauvres » par la Compagnie Art&tça (théâtre documentaire) :

« Simplicités (in)volontaires » : MaYaK8, avec Magda Dimitriadis, Bernard Legros, Élise Persil, HR. 18H30.

Représentation à 20h30 puis rencontre animée par HR.




SWINGBOERDERIE

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swing2 fb swing1blog mardi 30 mai 2017, Zarlardinge, Swingboerderie

« Swingboerderie ». Boerderij : ferme. Qui swingue ?

Nous l’avons visité un soir, cette ferme à Zarlarswing/dinge, en bordure de Geraardsbergen. Un soir de soleil et de grand vent. Koen, Christof, Abdoulaye, Jean-Marie, Olivier, Orlando et moi.

Une grande ferme en carré avec cour en pavés, des guirlandes de papier, des chiens assis en bois. Un établissement humain (et animal) remontant au Moyen Âge, des bâtiments conservés intacts, datant sans doute du 19e… Grands potagers en permaculture, champs de chanvre, de blé indigène d’une variété ancienne, service traiteur, cuisines professionnelles, cours de yoga, maison des hôtes… L’esprit et l’âme de Pierre Gevaert accompagne les visiteurs.

Koen, compositeur & Christof, cinéaste, travaillent à la ferme et assistent Sarah, la cadette de PG, grand agronome, pionnier de l’agroécologie, disciple de Georges Ohsawa, fondateur de la marque « Lima » ; Koen et Christof nous guident à travers l’exploitation : les potagers, les champs, les bocages, pacages, le bois, l’étang ; un troupeau de 90 daims traverse le paysage vallonné ; je me retourne : au loin, le clocher de la ferme dépasse des arbres vénérables qui la protègent des tempêtes.

Swing ? Ou plutôt dans les tonalités des compositions méditatives de Koen ? Abdoulaye est coordinateur d’ONG au Burkina Faso, renforce les microéconomies de 120 villages : agriculture, maraîchage, élevage, arboriculture, apiculture, culture et traditions… Jean-Marie cultive un « mécontentement dans la joie » à la Krishnamurti, impliqué dans les « Amis de la Terre », « Nature et Progrès », « Saint-Vincent de Paul », secouriste de longue date, dans les faits et dans l’âme, animateur de potagers collectifs en lien avec les échoués de notre « progrès » productiviste et consumériste ; Olivier, menuisier, ébéniste, tailleur de pierre, luthier sauvage, musicien, animateur d’un repair café. Orlando, chimiste, économiste, coach pour des projets entrepreneuriaux qui respectent la nature, le travail humain, privilégient les circuits courts, locaux et circulaires (« Groupeone » : dont les animateurs pensent que le travail qu’ils effectuaient dans la coopération et dans les pays du sud, il faudrait bien l’accomplir, chez nous, dans les campagnes industrialisées ; une pensée à la Thomas Sankara)…

Ainsi, nous nous sommes retrouvés là, chacun avec nos visions du monde complémentaires, nos activités diverses, nous avons échangé : dans la salle de la maison des hôtes autour du bar et d’une bière, près de la grande table de ferme, sous les voussettes et les poutres taillées : réseautage…

« Si nous voulons survivre, il convient de nous séparer du système actuel en nous inspirant à plusieurs niveaux des sociétés du passé et aussi en étudiant les différentes tentatives de sociétés alternatives. Cela ne veut pas dire, par exemple, que la ville n’aurait plus sa raison d’être, mais alors sans la démesure actuelle ! En adoptant le nouveau système (à prédominance agraire) aux nécessités sociales et écologiques devenues primordiales, on peut imaginer une société plus juste et renouer avec la durée. Honnêtement, il est difficile encore de douter que la société moderne d’inspiration occidentale, se soit trompée de route en créant le système industriel urbain. »

Alerte aux vivants et à ceux qui veulent le rester, Pierre Gevaert : « Mon ami Pierre Gevaert fait partie de ces personnalités trop rares auxquelles le qualificatif d’homme d’expérience s’applique parfaitement. » (Pierre Rabhi).

www.swingboerderie.com

Hugues Robaye




RINO NOVIELLO à Lessines, le 29 avril à 18h30…

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Image3 cabaret des oiseaux 2 Tchéquie & Dendre…

C’est en parcourant « La p’tite gazette de la transition », le trimestriel de « Mons en Transition », que j’ai fait la connaissance de RINO NOVIELLO.

Un entretien était consacré à ce photographe et cinéaste ; il projetait Présent simple, l’un de ses documentaires, qui montre le quotidien de deux jeunes membres de l’association écologique « Les Amis de la terre », ayant pris la décision, lentement mûrie, d’aller vivre en Tchéquie, en roulotte, à l’emplacement d’anciens potagers communautaires, cultivant notamment une variété de simplicité volontaire…

Dans un autre numéro, Rino Noviello développait une réflexion sur la place du travail dans nos vies, sur nos façons d’entreprendre au sein d’une nature qui nous porte et/mais que nous détruisons. Il faisait référence aux « positive entrepreneurs », un réseau qui rassemble des initiatives entrepreneuriales respectueuses du bien-être et de l’épanouissement du travailleur comme de la nature…

J’apprenais qu’il avait été à l’origine de « Mons en Transition », de la locale montoise des « Amis de la Terre » et qu’il avait fondé avec un groupe d’amis un éco-centre à Ghlin (près de Mons). Éco-centre Oasis, selon l’appellation que donne Pierre Rabhi à des lieux d’espoir : même un lieu déshérité, s’il est habité par des personnes qui rayonnent d’un projet solide et harmonieux, peut devenir une oasis

Je découvrais cette oasis avec Rino : maison restaurée avec des matériaux bio lors de chantiers de volontaires internationaux (et nationaux) ; serre, four à pain et pizzas, potager ouvert chaque semaine et travaillé en permaculture, stages divers, projection, etc.  http://www.ecocentre-oasis.be/

 

Produire, consommer, vendre, acheter, il n’est pas prouvé que cela rende heureux… Que va-t-on faire de nos vies ? À quoi allons-nous nous consacrer ? Quel travail pour quel monde ?

Par son travail-vie, RINO NOVIELLO (qui a fondé sa scrl – société coopérative à responsabilité limitée – « Picturimage » et s’implique dans un réseau d’associations),  cherche et explore systématiquement des réponses à ces questions.

Un long entretien avec lui, dans le MaYaK8. Et nous souhaitions l’inviter à Lessines pour échanger autour de ces alternatives d’espoir…

Ce sera au « Cabaret des Oiseaux » (où Marianne Uylebroeck organise chaque mois des concerts), le long de la Dendre, le 29 avril, à 18h30.

Projection du documentaire Présent simple, rencontre avec RINO NOVIELLO et présentation du MaYaK8 qui sort le 20 avril !

Boissons et assiettes mixtes.

PAF ? En début de séance, Rino nous parlera de la notion de « participation consciente » que développe l’ « Université du Nous », un chapeau de l’artiste remodelé…

Hugues Robaye




Le MaYaK 8 va sortir. Souscrivez !!!

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cover MaYaK8 définitive

MaYaK est de retour !!!! Métamorphosé !!!  Encore plus beau !

252 pages couleur, format A5, papier munken 90 gr (pour les caractéristiques techniques).

Une thématique brûlante :

« Basculements : travail et réseaux d’habitants chercheurs. »

Explorer des alternatives au consumérisme productiviste (produire/consommer jusqu’à l’écroulement…) tout en réfléchissant à la question du travail aujourd’hui…

20 auteurs texte & 17 auteurs image

La question centrale (qui se poursuivra dans le numéro 9) est de témoigner de voies de libération par rapport à un mode de développement dévastateur pour la nature et la psychologie humaine.

Depuis le corps humain jusqu’au corps de l’entreprise.

Des témoignages émouvants et inventifs de travailleu/rs/ses ; des mises en perspective (nord/sud) ; des enquêtes sur les alternatives et les initiatives.

Réserver dès maintenant votre MaYaK8, c’est marquer votre soutien !

Vos 25 euros sur le compte TRIODOS du « Groupe Esthéthique! » asbl : BE29 5230 8021 7964 (TRIOBEBB), c’est notre pérennité !

(indiquez bien, svp, votre adresse postale !)

MaYaK8 vous sera envoyé, port à notre charge, chez vous, en primeur, vers la mi-avril.

Hugues Robaye, directeur de publication




« L’espoir » de Ahmad Shamlou par Faezeh Afchary-Kord et Cécile Hecq, 8 octobre 2016, Art dans la Ville, Tournai

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art dans la ville 2016 avec rond




Michel Zongo : quand filmer change le monde : « La sirène de Faso Fani »

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« Faso Fani », c’était une grande usine de pagnes située à Koudougou au Burkina Faso et qui faisait la fierté d’une ville, d’une région, d’un pays. En 2001, elle est démantelée suite aux directives du PAS, programme d’ajustement structurel, que signe le Burkina Faso et qui exige la privatisation des entreprises d’état en vue du remboursement de la dette des pays africains. Pas de repreneurs privés, on ferme. La sirène de Faso Fani faisait rêver les enfants de Koudougou.

Originaire de Koudougou, Michel Zongo tourne en 2014 un documentaire consacré aux conséquences de cette fermeture, tout en retraçant l’histoire de l’usine et de la fabrication de ces tissus traditionnels de qualité qui s’exportaient bien en même temps qu’ils affirmaient l’identité des Burkinabè. Il rencontre d’anciens travailleurs, récolte leurs témoignages, retrouve des images d’archives – officielles ou tournées par les travailleurs eux-mêmes – des émissions radio couvrant la signature du PAS (et reflétant une confiance – qui a posteriori nous semble bien naïve – en les conséquences de ce traité-diktat).

Le dimanche 25 septembre, nous assistions à la projection du documentaire à la direction générale de la coopération, avenue Ki-Zerbo, dans la cadre du festival Consom’acteurs Burkina.

Les séquences du documentaires où l’on voit les anciens travailleurs énoncer leur chagrin, leurs regrets du temps béni de l’usine sont bien émouvantes. Mais dans les premières minutes du film, des séquences montrent un vieux tisserand à son métier construit par les forgerons de la ville. Et c’est en fait la question des modes de production qui s’esquisse déjà. Industriel ou artisanal ?

Je pense immanquablement à Joseph Ki-Zerbo qui répondait dans A quand l’Afrique, à l’historien René Holenstein : certes les Africains sont en retard d’industrialisation, mais l’industrialisation est-elle un passage obligé ? Je repense à EF Schumacher, le grand économiste anglo-saxon qui prônait une « technologie intermédiaire », des moyens de productions que le travailleur pourrait acquérir lui-même, ce qui lui assurerait une autonomie d’action (pas les machines perfectionnées de Faso Fani, construites dans un contexte de production portant l’obsolescence programmée…).

Et le documentaire bascule peu à peu. Michel Zongo investigue, filme les tisserands dans les cours de Koudougou. Une séquence-charnière : le réalisateur has a dream : et si on réunissait tous ces tisserands dans un lieu pour les filmer ? Ils sont une multitude ! : son interlocutrice qui tisse rit.

Mais le dream trouve des formes dans la réalité : et si on s’associait en coopérative pour produire mieux, suggère Zongo ? Les anciens travailleurs sont séduits par cette idée qui se concrétise peu à peu pendant le tournage.

Alors, chapeau bas! L’intérêt, l’attention, l’ amour du réalisateur pour le milieu qu’il explore transforme la réalité, donne en l’occurrence l’impulsion nécessaire à la création de cette coopérative qui fonctionne aujourd’hui. Un artiste transforme le réel en même temps qu’il est dans son processus de création…

Bien sûr, ces initiatives citoyennes ont du mal à naviguer. Au cours du débat qui suit la projection, Michel Zongo déplore qu’elles ne soient pas plus soutenues par les pouvoirs publics, encore faudrait-il que ceux-ci aient une vision (à l’instar de Thomas Sankara). Il déplore aussi que les jeunes universitaires burkinabè, économistes ou juristes qui se retrouvent souvent au chômage ou employés dans des tâches subalternes, ne s’intéressent pas à ces initiatives locales, originales et passionnantes qui auraient bien besoin d’un encadrement, notamment pour écouler avantageusement les créations de ces tisserands artistes qui inventent des modèles originaux de tissus selon leur inspiration du moment. Des intellectuels qui seraient au service des travailleurs, sur le modèle de leurs aînés : le pharmacien Pando Zéphirin Dakuyo, à Banfora, organisant la médecine traditionnelle, le sociologue Bernard Lédéa Ouédraogo, à Ouahigouya, les activités rurales ou le vétérinaire Boubacar Sadou Ly, à Dori, l’élevage. Organisant mais surtout valorisant, donnant sens, donnant vision…

Je ne puis m’empêcher de penser que ces questions concernent aussi le nord qui est à la recherche d’autres modèles de développement que le consumérisme productiviste meurtrier.

Michel Zongo a réalisé récemment un documentaire sur la dégradation des sols… Et en prépare un sur la culture du coton…

Hugues Robaye

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Les ciels et les dieux de Bouli Lanners

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« Oui, je suis croyant. Aujourd’hui, c’est presque plus difficile à avouer que par exemple : je suis homo, travesti ou je ne sais quoi… » : c’est ce que disait, entre autres (et plus ou moins), Bouli Lanners après la projection de Les premiers, les derniers au cinéma « Écran » de Ath, le mercredi 17 mars.

Ce film : un « western » contemporain au scénario sur-réaliste : deux détectives – Cochise et Gilou – reçoivent une mission : retrouver un gsm au contenu compromettant. En parallèle, un autre couple de personnages : Esther et son ami (Willy-qui-a-volé-le-g) parcourent un paysage désolé à la recherche de l’orphelinat où l’enfant de la jeune femme a été placé.

Un paysage de fin du monde (Esther est d’ailleurs angoissée par cette perspective), une campagne bien réelle : la Beauce aux champs kilométriques traversée par les vestiges de la voie d’essai de l’aérotrain d’Orléans. Des lieux hors repères : viaduc de béton à sdf, entrepôts, bars, motels, pensions, hôpital. Et surtout, en décor-personnage, le ciel et cette vastitude désolée du Loiret, une composition de l’image qu’on retrouve, à l’origine, dans les toiles que le réalisateur brossait avant de se consacrer au cinéma (et dans tous ses films, par la suite). Les deux couples de personnages vont se rejoindre dans cette profondeur de champ(s)…

Une première mission donc : retrouver le gsm des malfaiteurs. Mais les séquences qui ouvrent le film montrent Gilou de dos, occupé à regarder le panorama de la ville qu’il surplombe, et le ciel, depuis une grande baie vitrée de building, tenant un chien (déplacé dans ce genre d’architecture) en laisse (Gibus), tandis que derrière lui, dans un bureau, se règlent les détails de l’opération, en présence de Cochise… Gilou n’est pas dans son assiette depuis le début de cette mission et est rapidement terrassé… par une crise cardiaque. Tout foire ; batterie à plat, le thriller toussote à démarrer. (Bouli Lanners expliquait que ce rapprochement avec la mort, il l’a vécu lui-même et qu’il était à l’origine du film).

Les premiers, les derniers raconte ainsi la métamorphose de Gilou jusqu’à la séquence finale où la mission de départ se réoriente du tout au tout : les derniers des hommes, englués dans la violence retrouvent une origine…

Entre-temps : les ciels, et les passages d’un clochard céleste – une sorte de Benoît Labre – qui se présente comme le Christ (tout comme au début du film Eldorado) ; il assure le lien entre les personnages et détermine de façon discrètement bienfaisante le scénario oui, sur-réaliste. J’aime bien ce dernier mot qui désignait à la grande époque une révolution de la perception et de l’engagement dans le monde visant à instaurer un autre monde qui ne dépendît pas de calculs bassement matérialistes, bourgeois (avec dans le prolongement, notre consumérisme productiviste actuel qui gangrène le terre et nos psychologies…).

Un Christ vagant, mais aussi d’autres dieux (du cinéma), des monstres (gentils et) sacrés… qui passent, tels des ailes, sur la Beauce : Michaël Lonsdale (84 ans) et Max von Sydow (86), archanges qui travaillent à la rédemption de Gilou (et préparent une scène d’inhumation qui trouve son origine, l’apprenions-nous, dans des repérages pour Eldorado (2008) parmi les squats de Liège).

Fascinant comment au sein d’un scénario aux péripéties échevelées et souvent symboliques, Bouli est parvenu à construire des scènes d’une densité émotionnelle parfaitement partageable. Ce qui d’ailleurs caractérise aussi ses autres films qui partent d’un quotidien transfiguré par les ciels, de lieux ordinaires, mais qui déplacent les personnages dans une inquiétante étrangeté qui est au fond la condition de tout homme, perdu depuis sa naissance…

Il y a aussi cette musique entre rock et blues qui assure aussi ces décollages vers le ciel.

La violence : assumant seul le boulot, Cochise assomme tout de même au passage et de façon très convaincante – tel Obélix sans Astérix – quelques brutes et récupère un temps le gsm qui a filmé et montre toute la violence – insoutenable et infernale – du monde.

Mais en contrepoint, cette relation fraternelle, attentive, soucieuse de la santé de l’autre, entre les deux chasseurs de primes, justement… Aussi, cette compassion du garçon pour la fille angoissée, fragile d’un léger handicap mental. Je pensais aux scénarios improbables de l’écrivain japonais Haruki Murakami qui semblent également des prétextes à des confrontations de personnages, à des scènes où, au fond, se dégage un lien humain délicat, hors contextes, hors oripeaux ; une profonde empathie des uns pour les autres, de quoi pulvériser un instant les fins de monde…

Les bagnoles s’y mettent aussi (Bouli les aime) : les détectives arrivent en 4×4, repartent, premiers ou derniers, en caisse pourrie. Et il y a ce fabuleux antique corbillard américain azur (« vert émeraude » me dit Chloé, mais moi, je veux le croire azur tant il mène au ciel), piloté mollement par le seigneur suédois du Septième Sceau.

Il y a plein d’autres choses…

Où Bouli Lanners nous emmène-t-il donc ? 

« On n’en parle jamais, de l’essentiel. Moi, je suis croyant. La vie, pour moi, c’est un don. Mais quand on n’est pas croyant, c’est encore plus fort, c’est-à-dire qu’on sait que la vie est quelque chose d’extrêmement rare. C’est un coup de bol hallucinant, dans tout le cosmos, que sur cette petite planète, la vie ait émergé et des êtres humains soient arrivés. C’est quelque chose d’exceptionnel, une expérience unique, qui ne se renouvellera peut-être jamais. Le fait de vivre n’est pas du tout le quotidien du cosmos. Alors bon, on ne peut pas résumer l’existence à travailler à l’équilibre budgétaire ! Quant à la croissance… Moi j’aimerais bien qu’on amorce une décroissance, à tous les niveaux. Qu’on consomme moins. Qu’on se libère des biens matériels. Et qu’on en revienne aux besoins fondamentaux de l’homme : manger et avoir chaud. La logique économique d’aujourd’hui, c’est de fabriquer des besoins. »

Un extrait de l’excellent entretien de Nicolas Crousse avec Bouli Lanners, paru dans « Le Soir » du 5 janvier 2015 et disponible en pdf sur le net… 

Les premiers, les derniers avec Aurore Broutin, Suzanne Clément, Albert Dupontel, Bouli Lanners, David Murgia, Philippe Rebbot…

Hugues Robaye







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