« Etruscan places », David Herbert Lawrence, Le bruit du temps

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En 2009, c’était le premier volume des nouvelles complètes, dans une traduction de la dernière édition critique publiée à Cambridge. Cette année, « Le bruit du temps » publie l’un des plus beaux livres (à mon avis) de DH Lawrence, Etruscan places. Dans une nouvelle traduction de Jean-Baptiste de Seynes (Croquis étrusques), avec préface, appareil critique, appendices historiques, carte et 52 reproductions NB et couleurs.

Etruscan places, livre atypique : entre essai et récit de voyage, récit d’un cheminement dans le savoir, dans la compréhension sensible du mode d’être d’un peuple ancien… Lawrence parcourt la Maremme (Italie du nord, méditerranéenne), alors en plein travaux d’irrigation, et va de tombe étrusque en tombe étrusque confronter ce qu’il a lu et ne lui a pas plu, à l’expérience directe des fresques. Retrouver le mouvement vital des Étrusques. Retrouver ces corps dansants, cette sexualité gaie et franche, vitalisante ; une forme de vie débordante et joyeuse, pas loin d’une osmose avec les milieux naturels.

DHL était à la recherche de formes de vie humaines moins cérébrales, plus sensualistes, plus simples, plus proches de la Nature, mieux rythmées, moins cupides, spontanées, stimulées par les forces cosmiques…

Et dans Etruscan places, on voit un Lawrence perméable à toutes ses expériences, tant en présence des fresques, qu’à l’auberge où un berger faunesque, sorte de réincarnation de Pan entre et le fascine ; que sur les routes, dans les paysages, avec les fleurs… Toutes ces images senties tournoient et forment la compréhension éphémère et subtile qu’il nous donne à lire.

Bref, ce livre : un condensé de méthode Lawrence appliquée. La méthode Lawrence ? Être au monde, le comprendre de cette façon, décrite, par exemple, dans Apocalypse :

« L’homme pensait et pense encore en images.  Mais maintenant nos images n’ont guère de valeur émotionnelle.  Nous voulons toujours une « conclusion », une fin, nous voulons toujours arriver, dans notre processus mental, à une décision, à une finalité, un point final.  Cela nous donne un sentiment de satisfaction.  Notre conscience mentale n’est que mouvement en avant avec des étapes, tout comme nos phrases, et chaque point final est une borne qui marque nos « progrès » ou notre arrivée quelque part.  Pour ce qui est de la conscience, nous ne cessons d’avancer.  Mais, bien entendu, il n’y a aucun but.  La conscience est une fin en elle-même.  Nous nous torturons pour arriver quelque part, et quand nous y arrivons, c’est nulle part, car il n’y a nulle part où aller.

Tant que les hommes ont pensé le cœur ou le foie comme siège de la conscience, ils n’ont eu aucune idée de cet incessant mouvement en avant du processus de la pensée.  Pour eux, une pensée représentait l’accomplissement d’un éveil de la conscience sensible, une intensité cumulative dans laquelle la sensation se réalisait en conscience de la sensation jusqu’à la plénitude.  Une pensée accomplie était comme une sonde au plus profond d’un maelström, d’une certitude émotionnelle, et au tréfonds de ce maelström d’émotion, la solution se formait.  Mais il n’y avait pas d’étape dans le voyage.  Il n’y avait pas de chaîne logique à laquelle se cramponner. »

Lawrence, comme un point de repère pour re-sentir l’humain… Éminemment actuel.

Hugues Robaye

D. H. Lawrence, Croquis étrusques, Paris, Le bruit du temps, 2010, 288 p. 17×17 cm

D. H. Lawrence, Étreintes aux champs et autres nouvelles, Paris, Le bruit du temps, 2009, 350 p. 14×21 cm 

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David Herbert Lawrence

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p52900070140cm.jpg Deux amis qui squattent la potterée, siège de l’association GE!

Kenneth White écrit que, quand il est dans sa bibliothèque, il se sent entouré d’amis. David Herbert Lawrence serait pour moi un ami très intime. Je l’ai beaucoup lu (et le relis). Il y a quelques années, j’ai commis un texte qui est resté dans mes tiroirs mais que quelques personnes ont aimé. C’est comme une intro à Lawrence, une visite guidée… 

Il s’agit aussi d’un service rendu…

Hugues Robaye

Le voici:  David Herbert Lawrence dans David Herbert Lawrence pdf d’où partait Lawrence.pdf




Des oiseaux à la glacière, Muriel Logist

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21troisplumes72.jpg Muriel Logist, encre sur papier

Trois pans de murs avec les oiseaux de Muriel Logist

« Parcours d’artistes », Bruxelles, aux Anciennes glacières de Saint-Gilles, 16 rue de la glacière (chaussée de Waterloo, à la hauteur de « Ma Campagne »).

15/16, 22/23 mai de 14 à 19 (ou sur rdv). 

Oiseaux ? Des oiseaux qui marchent maladroits, plus faits pour voler, évidemment (et la maladresse comique de ces volatiles qui semblent connaître par cœur l’albatros (ou alb-atroce) de Baudelaire, Muriel Logist la dessine parfois de la main gauche comme pour souligner… une gaucherie… émouvante). Que nous disent donc ces oiseaux ?

L’illustratrice, graveuse, graphiste semble les aimer depuis longtemps. On en décompte aujourd’hui 675 ! Qu’elle vient d’ailleurs de réunir en une affiche de 60×90 cm (10 eurosSes oiseaux se retrouvent, à la demande, sur des tshirts, des agendas, des épinglettes, des carnets. www.muriellogist.be 

Et il faut les voir, encres sur papier, en grands formats (70×100).  Un bel accrochage sur trois pans de mur. Grands formats à gauche et à droite, et au milieu, en constellation rayonnante, des collages qui rassemblent certains de ces oiseaux…

 oiseautiste72.jpg Muriel Logist, encre sur papier

Hugues Robaye

03corbeauproteste72.jpg Muriel Logist, encre sur papier




Une conversation avec GAO Xingjian

7052010

gao.jpg   GAO Xingjian, encre sur papier, 2010

À la galerie Bastien (www.jbastien-art.be), il y avait hier soir le vernissage privé d’une exposition (du 7/5 au 23/5). Des encres sur papier (et sur une toile) de GAO Xingjian Je savais que l’écrivain-peintre était venu de Paris à l’occasion de sa dernière expo dans cette galerie bruxelloise. Je téléphone donc dans la matinée pour demander si, par hasard, il serait là ce jour et si je pourrais l’interroger. Jeane Bastien me répond que oui mais me propose gentiment de venir plutôt à 14h car RTLtvi qui voulait interroger le peintre s’est décommandé(e) pour des raisons de politique interne belge (BHV, Bruxelles-Halle-Vilvorde). Je prends la place ! Voilà donc que MaYaK se substitue à RTLtvi. Où allons-nous, vous demandé-je ? 

GAO Xingjang a parlé de ses premiers écrits illustrés, de la tradition des lettrés, de la plasticité de la langue chinoise, de ses recherches archéologiques vagabondes, de sa redécouverte des techniques picturales chinoises, de l’encre de Chine en aplats… Un entretien d’une demi-heure… 

Hugues Robaye 

La conversation : http://dl.dropbox.com/u/6642953/Gao%201.MP3 







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