Le cabanon Paul André à Charleroi

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Un nouveau campement mayaque, cela fait un drôle d’effet. Vous montez ce dispositif d’expo (cette fois en compagnie de notre correspondante brésilienne Márcia de Araujo (déjà 3 MaYaK 5 vendus à Sao Paulo…)), et puis vous partez et vous laissez derrière vous, pendant presque un mois, une construction de sens (un cheval de Troie mayaque disait Xavier Vanandruel) que d’autres regarderont peut-être…

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« Public mais intime », ainsi décrivons-nous le cabanon, construction de bois et de tissu, dans le document pdf disponible ci-dessus. Faire connaître Paul André en des rythmes de visites variés. Réfléchir  à comment toucher un public (ici de bibliothèque) pour qu’il s’intéresse à un auteur (ou à une initiative) auxquels nous croyons et que nous voulons faire connaître : placarder du sens, publier en publiciste (ce mot osé… a un passé que j’aime bien : un publiciste est un type qui publie, rend public, veut faire connaître. Finalement, je le préfère au mot « éditeur » et il me semble mieux caractériser l’action mayaque (tant dans la revue-livre et les petites éditions que dans les mises en page des affiches du cabanon par Véronique Debliquis), action mayaque toujours un peu expérimentale dans le sens où nous recherchons comment faire pour faire connaître agréablement des pensées-vies que nous jugeons intéressantes.

« Intéressant », encore un mot usé : mais « inter-esse », intéresser, c’est semer une graine dans la chair perceptive de l’autre : des images et des mots entrent en lui, deviennent parmi lui… Inter-esse ! Intéressant. Et puis on se dit que dans et sur cet abri, cette palissade, on peut placarder ce qu’on veut… Suggestif… 

Hugues Robaye

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Dans l’espace de l’UT

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À la bibliothèque de l’Université du Travail, à Charleroi, le cabanon se déploie bien dans un espace spacieux où le bois est fort présent. Les objets de Paul André ont été placés dans une vitrine colonne que nous avons choisi d’intégrer au cabanon. À chaque nouveau campement, les affiches et affichettes sont disposées et accrochées un peu différemment, comme, cette fois, celles qui entourent le parcours-livre en quatorze tableaux… Un des intérêts du cabanon est de développer une réflexion sur la scénographie des expos (littéraire, ici, dans un sens large toutefois, vu le travail polymorphe de Paul André). 

Des ateliers d’écriture conçus et animés par Marie Beia approfondissent la nouvelle orientation du cabanon : écriture des mémoires personnelle, familiale et collective (démarche centrale chez Paul André). Plusieurs associations qui travaillent dans la réinsertion sociale ont été contactées pour participer à ces ateliers où chacun comprend que l’écriture est une démarche personnelle importante qui peut l’aider dans son cheminement personnel, dans sa prise de conscience progressive… 

Hugues Robaye

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Jean-Claude Kangomba chez Thierry Umbreit dans une classe de texte-image à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai

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avrilmai2011cabanonpottere010blog.jpg JCK et le Chef mayaque modèles d’Académie

Chassé de chez lui (du Katanga) par une sorte d’épuration ethnique, un homme part sur les pistes, pour rejoindre le Kasaï, une région qu’il ne connaît pas mais dont sa famille et ses ancêtres sont originaires. Il y a presque vingt ans de cela. Jean-Claude Kangomba raconte cet exil dans deux nouvelles (Une odyssée ordinaire et Missive du camp de la mort) que Thierry Umbreit qui nous accueille, ce 6 avril vers 10h15, devant le porche de l’Académie des Beaux-Arts de Tournai (Belgique), a donné à lire à ses étudiants de texte-image. 

À lire et à mettre en images justement. 

C’était il y a presque vingt ans au Katanga (un an avant les horreurs du Rwanda) et vendredi dernier à Tournai et pour toujours dans la mémoire de Jean-Claude qui dit aux étudiants : « Perdre tout (du moins les objets que j’avais, mon travail, ma villa, ma situation enviable), cela fait réfléchir ; on n’est plus comme avant, on est moins attaché au superflu : on a dû partir sur les pistes avec des boussoles, abattre des arbres et les élaguer pour passer une rivière dont le pont a été dynamité – une auto parfois reste coincée entre les troncs glissants de ce pont de fortune… Repérer les tireurs isolés, etc. » Il fallait écrire cette expérience-limite. Bientôt un recueil de nouvelles, édité chez Actes Sud… 

Les étudiants avaient donc lu ces deux nouvelles tombées du ciel (ou de l’enfer) et c’était touchant de voir comment ils voulaient comprendre mieux et interrogeaient JCK sur ce « fait d’actualité », vieux déjà mais toujours actuel.  Thierry avait suivi le processus de création de ses étudiants, avait entendu leur doutes et questionnements et les incitait à en faire part à Jean-Claude.  Ce dernier expliquait et entrait dans des détails précis : il décrivait ce camp de réfugiés à Mwene-Ditu sur lequel MSF veillait. Ces milliers de tentes autour de la gare de la ville kasaïenne, cette promiscuité qu’il ne parvenait pas à supporter. Après quelques jours, il vit passer, devant lui, par hasard (il y a là plus de cinq cent mille réfugiés), une de ses cinq filles transportant un peu d’eau. Il n’en croyait pas ses yeux, car cette fille, sa fille, avait un visage marqué et était squelettique, avec un gros ventre de mal nourrie. Camp où la seule solution qu’il trouve est de boire de l’alcool de canne pour assommer la douleur de voir cette misère et d’où il part, emmenant sa famille, quelques jours plus tard… 

JCK animait une table ronde au salon du livre de Tournai en novembre 2010 et jouait de la guitare électrique dans le concert « Writers meet musicians » (voir plus bas dans le blog). Cette visite de vendredi à l’Académie : donner de nouvelles formes à cette rencontre entre l’Afrique et Tournai… Une rencontre mayaque soutenue par le service de la Promotion des Lettres de la CFB.

Les travaux des étudiants seront exposés  au prochain salon du livre de Tournai, à la mi-novembre…

Hugues Robaye

avrilmai2011cabanonpottere020blog.jpg  avrilmai2011cabanonpottere014blog.jpg avrilmai2011cabanonpottere022blog.jpg avrilmai2011cabanonpottere025blog.jpg avrilmai2011cabanonpottere024blog.jpg deux travaux autour des nouvelles







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