Andrei Zviaguintsev

30032012

 

 

Andrei Zviaguintsev dans Andrei Zviaguintsev elena

Après avoir vu il y a quelques jours Elena, le dernier film d’Andrei Zviaguintsev, je suis allé emprunter à la Médiathèque, pour les revoir, les deux précédents films du réalisateur,  Le retour et Le bannissement.

Pas de doute à mes yeux: Zviaguintsev est  à la mesure de Tarkovski, dont il peut apparaître le continuateur, tant dans la photographie (ces longs plans fixes) que dans les sujets (l’asphyxie de l’âme humaine aujourd’hui, qui pourtant ne meure pas). Aussi bien le réalisateur peut-il apparaître comme le continuateur de Dostoïevski: on songe au meurtre de Crime et châtiment ou au « Tout est permis » des Frères Karamazov.

A voir donc un film très beau malgré sa dureté, dont l’épaisseur temporelle s’enrichit encore d’une  partition sonore due à Phil Glass.

Xavier Vanandruel

 




Entretien burkimayaque avec Bernard Lédéa Ouédraogo

26032012

Entretien burkimayaque avec Bernard Lédéa Ouédraogo dans Bernard Lédéa Ouédraogo Bernard-L%C3%A9d%C3%A9a-ret-blog-150x112

Retranscription d’une belle rencontre, et le son suit! C’est aussi le début d’une collection: « Entretiens burkimayaques », avec, à l’image, Laurence Warnier.

fichier pdf Entretiens burkimayaques Bernard Lédéa Ouédraogo, 3 février 2012

fichier pdf Entretiens burkimayaques Bernard Lédéa Ouédraogo, 3 février 2012 version doubles pages pour lecture ordi

 




Tradition, astuce, invention, Bernard Lédéa Ouédraogo

26032012

Tradition, astuce, invention, Bernard Lédéa Ouédraogo dans Amidou Ganamé BLO-blog-150x112 Naam-3-2-1-ret-blog1-150x106 dans Bernard Lédéa Ouédraogo P2030007-ret-blog1-107x150 dans Burkina Faso

On m’avait dit : « Au Yatenga, c’est presque un dieu. »

Mais qu’il était très malade. Que je ne le rencontrerais sans doute pas, malheureusement.

Et, arrivé là, à Ouaghiouya (Burkina Faso), Amidou Ganamé, secrétaire général des Groupements Naam (« puissance », en mooré), m’avait annoncé en souriant : « J’ai parlé au président, il vous verra demain. »

On ne connaît pas ces personnes, chez nous, au Nord, ou peu. De mon côté, j’avais lu, pour préparer mon voyage au Burkina, cette thèse de Bernard Lédéa Ouédraogo, sur les subtiles associations traditionnelles dans les villages burkinabè, liées au travail du sol, extensif bien sûr. Il y étudie comment l’entraide et le don régissaient l’organisation de la semaison, de la culture et de la récolte. Des associations de jeunes, de femmes, d’hommes où chacun tient un rôle précis, parfois teinté d’humour, et dont les actions s’entrecroisent, complémentaires et débordent largement les pratiques agricoles. « Chez nous, le paysan, c’est tout. » disait-il dans notre entretien… Un agriculteur, un artisan, un bâtisseur, un artiste parfois…

Il avait vécu cela dans son enfance, puis étudié, en sociologue formé au Nord ; puis écrit une thèse limpide, rafraîchissante et passionnante (à L’Harmattan).

Et surtout mis cela en pratique sur le plateau Mossi aride où la famine guette chaque année…

Et il a vaincu la famine… Par cette  « astuce », comme il dit malicieusement, qu’il a trouvée : partir des aspirations des paysans, de leurs subtiles traditions d’associations multiples et introduire de nouvelles idées sur ce terreau … « Développer sans abîmer ». Et tout cela avec une ténacité étonnante.

Ces chiffres datent plus ou moins de l’an 2000, mais on comptait alors six mille quatre cent quatre vingt groupes et trois cent mille adhérents sur l’ensemble du Burkina Faso dont une moitié de groupements de femmes.

Une belle dynamique entre le lettré et le paysan au service d’une vision du monde où les traditions sont en dialogue avec le présent et l’invention.

Nous sommes le 6 février 2012, nous avons rendez-vous à 8 heures du matin dans le bureau du Président qui est en réunion depuis une heure. Il a 82 ans et vient de sortir de l’hôpital. Nous sommes à la direction générale des Groupements Naam, un grand complexe de pavillons : administration, radio, salles de conférence, réunions et cours, logements…

Aux différentes entrées, des panneaux d’interdiction d’accès : en leur centre, le mot « faim ».

Chapeau bas, Monsieur Bernard Lédéa.

Hugues Robaye

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Savon de karité, fours solaires, bancs pour étudier le rayonnement endogène: productions des Groupements Naam




Petit hommage au Schumacher qui ne roulait par en Formule 1

20032012

Petit hommage au Schumacher qui ne roulait par en Formule 1 dans Bernard Lédéa Ouédraogo Schumacher21-150x150

Après avoir regardé cette vidéo, j’ai eu vraiment envie d’écrire un petit texte sur l’économiste anglais Ernst Friedrich Schumacher (1911-1977).

Ce qui m’a laissé admiratif à la lecture (pas du tout récente et qui agira toujours en moi) de Small is Beautiful, de Good work et de sa biographie (écrite par sa fille), c’est… c’est beaucoup de choses… Quelques unes parmi bien d’autres :

Qu’il replace l’économie dans une vision globale de ce que devrait, pourrait être la vie ici-bas, l’épanouissement lié de l’homme et de la nature.

Qu’il recherche dans les économies traditionnelles comme celle de l’Inde des petits marchés, et surtout celle de Gandhi, des idées fondamentales pour penser et vivre notre rapport aux choses et à la production. Qu’il soit en cela un précurseur de la « simplicité volontaire ».

Qu’il fustige le critère économique – devenu presque absolu – de la rentabilité, expliquant que, bien évidemment, ce qui relève, par exemple, du « secteur culturel » ne peut et ne doit pas être rentable, mais qu’une société qui pour des questions d’argent qui se passerait de mises en forme par la culture, se passerait par la même occasion de sens et de finalités subtiles… La culture comme mise en forme suggestive de l’expérience humaine, pas la culture de salon : la culture pour mieux vivre, cela ne doit pas être rentable : c’est un service que le « créateur » rend à sa communauté, non ? Donc le critère de rentabilité ne doit pas appliqué à toute action ou entreprise humaines…

Son concept de technologie intermédiaire : concevoir des outils facilement réparables et dont la personne soit propriétaire, sans s’endetter à vie. Un exemple : les tracteurs qu’il avait conçu pour un pays d’Afrique, légers, n’écrasant pas les sols, d’une mécanique rudimentaire et costaude et ses ouvriers qui partaient en vacances en Afrique pour montrer le maniement et expliquer comment réparer la bête de somme d’acier mais aussi et surtout pour rencontrer l’autre et ses manières de vivre. Théorie mise en pratique dans son entreprise.

Schumacher éco(no)logiste, qui montrait combien la « croissance économique » était impossible à l’infini, une question de common sense bien évidemment, tout le monde comprend cela (et là je repense à l’article de Xavier où il évoque Orwell et sa confiance en la réflexion courante des gens, en le bon sens…). Tout le monde comprend cela et pourtant…

Schumacher, soucieux de la qualité du travail (Good work, what is it ?). Du bonheur de l’homme… Et de concevoir un temps de travail réduit, une ère de « loisirs » inventifs, vivifiants.

Schumacher avec son humour anglais (voyez cette séquence vidéo), fruit de convictions tranquilles se déployant dans l’action… « Nothing to loose, a lot to give », Fela Ransome Kuti… Of course…

Je repense à Bernard Lédéa Ouédraogo, le sociologue burkinabè formé à Paris mais qui vainquit, malgré cela, la famine au Yatenga (Burkina Faso).

La recherche-action pour intensifier les rayonnements endogènes.

Hugues Robaye

La vidéo et d’autres, peu de temps avant la disparition du divin économiste:

Schumacher répond aux questions

 




Muzifar records

12032012

Muzifar records dans Arne Van Dongen Room-Music-18-12-2011-047-ret2-blog21-150x108

 

roommusic-blog1-150x75 Arne Van Dongen dans Flobecq

À la potterée, HR, Arne Van Dongen, Steve Houben, Jacques Pirotton. Et pochette du cd, par Muriel Logist

 

Muzifar, un nouveau label de cd…

Toute musique, est du monde… 

Musique du phare, musique mayaque.

« Muzifar », comme « Putiphar », l’Égypte, comme « phare », comme « musique »…

Enfin bref, nous parachevons un cd qui accompagne le M6, lui aussi en achèvement. Patience!

La musique transforme notre perception quotidienne, elle nous accompagne et nous questionne intimement: « mais si la vie était  rythmes et harmonies et présences fortes ? »  C’est la question que je me pose après chaque concert auquel j’assiste.

En tout cas, cette session d’enregistrement avec Steve Houben, Jacques Pirotton et Arne Van Dongen, en ce week-end au Pays des Collines (Belgique), à Ellezelles, a été… merveilleuse…

Un temps rare. Un temps souhaitable. Un temps simple. Celui d’accords, d’improvisations, d’amusements.

Et puis nous avons mangé ensemble, samedi soir à Renaix, dans l’excellent restaurant bio Boon, avec des amis mayaques. Et le monde semblait différent. Un autre monde semblait possible. Et cette intuition amico-musicale s’intégrait à notre mémoire, à notre vie.

Merci Arne, merci Jacques, merci Steve.

Bon d’autres projets maintenant ? Un cd avec Seybou Victor Démé, le chanteur dioula ?

Hugues




Rayonnement endogène

9032012

Rayonnement endogène dans Afrique réunion-mayaque-009-ret-blog-300x224 Deux adeptes, et des plus éminents, Jacques Faton et Xavier Vanandruel, recueillent les rares paroles du Grand Yéti mayaque.

P2100270-ret-blog-300x224 Albert Tévoédjrè dans Aminata Traore Et voici le Grand Yéti mayaque, dont les représentations sont rares. La chasseuse d’images, Nafissatou Ouédraogo, l’a capturé, depuis les sommets, relatifs, de Tiébélé (Burkina Faso)

Une anthologie du rayonnement endogène.

Comme disait Nafissatou Ouédraogo, pour commencer un projet, il faut des idées (nous avons un projet (j’en parlerai plus tard) et voici des textes-idées qui sont comme des âmes, des puissances tutélaires, des ancêtres contemporains pour animer, donner sens, perspective (s) à un projet).

Une récolte d’idées. Fruits de mes lectures pour préparer un voyage de cinq semaines au Burkina Faso (début 2012). Je continue à apprendre, bien sûr, donc j’enrichirai (avec vote aide, j’espère) cette anthologie sur l’Afrique de l’Ouest qui s’aide d’elle-même.

Au cours de ce voyage, nous avons rencontré, avec Nafissatou, beaucoup de personnes : artistes, artisans, chercheurs, petits industriels, agronomes, bâtisseurs… Bien sûr, j’ai préparé mon voyage et choisi de rencontrer certaines personnes plutôt que d’autres… Mais celles que j’ai rencontrées m’ont semblé proches (en fait en avance sur…) de nos mouvements les plus lucides, ici au Nord : écologistes de terrain et permaculteurs, adeptes de la sobriété heureuse comme dirait Pierre Rabhi ou de la pauvreté/ richesse des peuples (Albert Tévoédjrè) ; d’une pauvreté célébrée par d’anciennes cultures et que des cultures contemporaines oublieuses réduisent au mot de « misère » (Majid Rahnema). La « modernité africaine » (Aminata Traoré), j’ai trouvé qu’elle avait beaucoup à m’apprendre et je crois, à nous apprendre. Elle est implantée dans des régions où les cultures et les différents savoirs traditionnels sont encore bien vivants et où le plus souvent la terre est encore cultivée avec respect…

Et pensons, comme Bernard Lédéa Ouédraogo l’écrit, lui qui a initié ce formidable réseau d’animateurs de village, que les traditions ne sont pas figées et que si l’on parle avec le respect qui lui est dû au villageois, on peut « développer sans abîmer ».

Et puis, plutôt que de développement, parlons de rayonnement…

Voilà je vous livre ce modeste assemblage de textes en deux versions : une en doubles pages pour lire sur l’ordi, l’autre en pages simples pour imprimer en R/V.

Pourriez-vous attendre 15 ans avant de la lire ? Le temps que je sorte de prison, pour cette violation évidente des droits d’auteurs…

Mais bon, cool!

Hugues Robaye

fichier pdf Anthologie du rayonnement endogène ordi

fichier pdf Anthologie du rayonnement endogène papier




Burkina, renverser des perspectives

3032012

Burkina, renverser des perspectives dans Aminata Traore Bendogo-6-2-blog-300x225 mil et main à Bendogo, 5 février 2012

Un voyage de cinq semaines au Burkina. Pour inverser les perspectives et commencer un nouveau travail. Du MaYaK en 4 dimensions. BurKiMaYaK… Un nouveau travail associatif englobant.

Beaucoup de rencontres pendant ce voyage. Et un village visité en début de séjour et revu à la fin. Constructions en banco (terre crue), agro-écologie, arts, artisanats, recherche, voyages. Faire jouer dans un village burkinabè toutes ces forces rencontrées au cours du voyage. Co-animer un lieu, une maison des jeunes un peu vide. Et promouvoir un rayonnement endogène. Appuyer ce que les politiques du Nord (et de Chine) sont en train de détruire pour retarder leur chute… Très modestement oui. Mais faire cela. Essayer.

Le rôle de MaYaK, c’est de repérer – c’est d’espérer – au sein d’une « société » dont les permaculteurs préparent déjà l’après chute (chute décrite depuis les années 70 par EF Schumacher, le groupe de Rome, René Passet, Majid Rahnema, etc.).

Alors c’était très fort de sentir ces énergies dans un des pays les plus pauvres (sic) du globe. Pauvreté, richesse. Quelle richesse ?

Et puis penser notre « monde » du Nord à partir de Joseph Ki-Zerbo, Bernard Lédéa Ouédraogo, Aminata Traoré, Titinga Pacere, Pierre Rabhi, Sylvain Korogo, etc. Inverser les perspectives et lire ces penseurs de la recherche-action au service d’un bien-être social.

Et puis oui, évidemment, partager : les ressources vivifiantes ne manquent pas chez nous et les politiques du Nord ne reflètent qu’elles-mêmes… Alors, relier, mettre en contact, c’est ce que MaYaK peut (essayer de) faire…

Prendre au sérieux la pièce d’Éric Durnez : des réfugiés du Nord demandent asile au Sud…

Hum, encore un pain sur la planche.

Hugues




Recevoir et donner

1032012

Recevoir et donner dans arts graphiques CAMILL11-137x150

Ce qui me frappe surtout dans le récit que Hugues fait de ses rencontres au Burkina, c’est la générosité qu’il a croisée. Tout cet engagement de personnes,   individuel  et au travers d’associations…

Dans son Essai sur le don, l’anthropologue Marcel Mauss voyait dans la triple obligation de « donner, recevoir et rendre », le socle originaire (le roc écrivait-il) de toute société humaine. Pourtant, de Thomas Hobbes à Milton Friedman, n’avons-nous pas été habitués en Occident à considérer l’homme comme un loup pour l’homme et l’individualisme possessif, la cupidité sans bornes, comme les vrais invariants anthropologiques? George Orwell, l’auteur de 1984, dont on reparle beaucoup aujourd’hui*, constatait pourtant, chez les gens ordinaires, la persistance d’une morale mesurée et ouverte à autrui, qu’il appelait common decency.

Je repensais à une telle générosité (recevoir-donner) tandis que j’écoutais, à la bibliothèque de l’espace Delvaux à Boitsfort, au milieu d’un public très réceptif,  l’intervention de deux jeunes auteurs -illustrateurs, Stéphane Ebner et Camille Nicolle. Stéphane Ebner présentait un livre,  Réserve**, où il avait recueilli des impressions de la forêt; il avait demandé à Camille d’en assurer le texte. Camille est aussi celle qui met en pages, avec Chloé Vargoz, le numéro 6 de MaYaK.

Samedi 24 mars, en présence du printemps, Camille accompagnera  dans les cités jardins de Boitsfort une promenade contée,  au son de l’accordéon, et  qui suivra un parcours visuel et poétique créé par les artistes et les participants des ateliers menés dans les bibliothèques et maisons de quartier de la commune, et auxquels elle aura collaboré ***

Xavier Vanandruel

* ses écrits sont réédités notamment aux éditions Agone en traduction française

** aux éditions Esperluète

*** départs à 14h30 et  16h30 de la place du Colibri

 







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