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Événement LEVEL 12B, multimédia. Au Fort de Hollogne (Bierset, Liège) – les 7, 8, et 9 septembre 2012 (2)

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Parcourir le Fort, en long en large, dans tous les sens, pour découvrir les expos.

Artistes variés. Un fil conducteur invisible les relie: étonner le visiteur, l’éloigner du  « prévisible »,  du commun, … à travers différentes thématiques: la nature, l’Homme, et le Monde, la lumière et l’ombre, la guerre aussi…

Déambuler dans les longs couloirs, sombres, de salle en salle …

Croiser dans les grands escaliers principaux du Fort, un landau, et avoir une vision : « le landau dans la célèbre scène de l’escalier monumental  d’Odessa »  dans le film  « Le cuirassé Potemkine »  de Sergueï  Eisenstein (1925), … comme un signe d’insurrection dans ce fort ? … (J’apprends, plus tard, que l’auteur de cette « reconstitution » est Hector Toch, un artiste « décalé », mais en est-il qui ne le soient pas tout compte fait ?) …

 Événement LEVEL 12B, multimédia. Au Fort de Hollogne (Bierset, Liège) - les 7, 8, et 9 septembre 2012 (2)    dans Candice Tourret fort-3-300x168 (photos Anouk Brouyère)

Continuer, dans la grande allée, dehors …

Passer devant une ouverture dans le mur, (une fenêtre?),  et embusqués, tels des snipers ?,  dans l’embrasure, … des petits soldats colorés (figurines en plastique), qui nous surprennent et nous questionnent – avec  émotion et humour aussi – sur  ce lieu, marqué par la guerre, et la mort … Entrer, et là, s’apercevoir qu’il y en a partout, jusqu’au plafond, sur les murs, dans les coins recoins,…

Les soldats de DROWL (Jules Nerbard : musicien, photographe, installation, et Candice Tourret: plasticienne, infographiste, installation) me touchent en plein cœur …

 fort-4-150x112 dans Fort de Hollogne fort-5-150x112 dans Jules Nerbard

Là-bas, au fond de l’allée, à environ 70 mètres, une silhouette curieuse m’intrigue, et à contre-jour, je ne la distingue pas nettement, … une forme – triangulaire ? Conique ? – je m’approche, curieuse …

La Tente de Nath’!

… faite  de branches, de fleurs, de tissus et de coussins … 

Ou un tipi ? Ou un Camp de résistance au fond de cette allée, … oui, derrière la tente, le grand mur criblé de balles, dont je parlais plus haut …

Ou : un maquis ?, ou encore un maquis comme au Burkina ?, oui, Hugues, ce fameux maquis dont je me demandais « mais qu’est-ce que c’est ? »  … «  … un endroit, une sorte de café, où l’on peut se restaurer, prendre un verre, et parler (« palabrer ») et créer des liens … »

Nath’ m’invite chez elle, à  « rentrer » (c’est ouvert !) et m’asseoir, sur le tapis-tissu aux motifs de fleurs … elle me sert un cidre-maison et me propose des noix …

Prendre le temps, sous ce dôme, fait d’un parapluie, bleu, aux motifs de nuages (à moins que ce ne soit un grand œil bleu?), il y a aussi un livre ouvert dans un coin, (un livre sur les plantes) une vieille valise jaune, une idée de voyage …  des petits bouts de Nath’ ici que je découvre un peu plus,  merci Nath’ …

fort-6-300x168 dans Level 12B

Ressortir, les yeux troublés,  quelle heure est-il ? … entre chien et loup…

Faire le tour de la tente : une figure étrange derrière, m’interpelle, sombre, me dit de venir vers elle, … des yeux, comme une figure de loup, ou de chien, …

Nath’ : « … j’ai trouvé un os, une hanche d’âne, dans le désert marocain, il y a quelques années, je l’ai ramené avec moi … » … Je me dis : « c’est dingue »…, je suis subjuguée :

« Nous voilà, au Camp de Nath’, près du mur criblé de balles, sous la protection d’une hanche d’un âne nord-africain, qui  nous sourit de son regard canin … »

Refaire le tour de la tente, en sens inverse, et là comme un sourire – de l’optimisme – qui s’impose à moi, dans ma petite boîte aux images, que je trimballe partout …

fort-9-150x84 dans Marylène Van Laer

fort-8-150x84

Et je revois ces  épilobes en épi, que j’ai vu là-haut, sur le fort, j’ai pensé :

« … en surface [du fort], les épilobes en épi …
(dont les graines se ressèment et restent viables dans la terre, durant des années) … liens et mailles en réseaux, … in[-fort]mels, qui se créent, dedans le fort, ici dehors, partout … »
 

 fort-7-300x224

 … Mary (Marylène Van Laer, qui a initié cet événement –expo, avec d’autres amis), a mis à jour le blog de l’événement, et nous a envoyé un message, à tous, ce lundi 10 septembre, au soir, tard …

« R.A.S.

MISSION ACCOMPLIE AVEC SUCCÈS.OBJECTIF PLUS QU’ATTEINT.ASSAUT GROUPÉ IMPECCABLE.FULGURANTE FORCE DE FRAPPE.AUCUN BRAS CASSÉ A DÉPLORER.AUTRE INVASION

FUTURE POSSIBLE… »

Anouk Brouyère

PS: Pour plus d’infos, voir ici sur le blog de l’Événement (fait par Marylène Van Laer) :

http://level12b.over-blog.com/




Événement LEVEL 12B, multimédia. Au Fort de Hollogne (Bierset, Liège) – les 7, 8, et 9 septembre 2012 (1)

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 Événement LEVEL 12B, multimédia. Au Fort de Hollogne (Bierset, Liège) - les 7, 8, et 9 septembre 2012 (1) dans Fort de Hollogne fort-2-blog1-300x168

Raconter cet événement –expo, c’est un peu retourner dans le passé.

Dans ce Fort, un lieu, à l’histoire chargée.

C’est un peu raconter un weekend, et un endroit de rencontres.

Où l’on laisse un peu de soi …

À l’origine de ce projet hors du commun, il y a des gens et un lieu exceptionnel.

Le Fort, d’abord. L’un des 12 ouvrages de la Position Fortifiée de Liège (P.F.L.) qui firent face à l’envahisseur allemand en août 1914, et en 1940.

À côté de l’aéroport de Bierset, et entouré d’un important nœud autoroutier, le fort est pourtant devenu un véritable havre de paix: différentes espèces animales et végétales y ont élu domicile, parmi lesquelles plusieurs sont rares ou protégées.

L’Asbl, qui gère ce Fort, une association, sans but lucratif, dont le but est la conservation du patrimoine du Fort et de la mémoire de ses défenseurs.

Et des gens, quelques amis, artistes, qui décident il y a un an (et pour la seconde fois) d’investir ce lieu hors-normes, au Patrimoine et à l’Histoire si intéressants !

Une belle idée qui nous a finalement tous amenés, ce vendredi 7 septembre, jour du vernissage, sous un soleil radieux, à unir et mettre en commun nos forces vives.

Faire de cet endroit, ensemble, le temps de ce weekend, un lieu de rencontres humaines, artistiques et culturelles, multidisciplinaires (vidéo, installations, bijoux, danse, musique, sculpture, peinture, graphisme, photo, peinture digitale, …).

Un lieu où les échanges et les complémentarités qui se créent nous laissent un sentiment d’énergie positive.

Et ce weekend, (8 et 9 septembre), c’était justement …aussi … les journées du Patrimoine.

 

Un lieu hors du commun. Un lieu hors du temps.

On arrive là, en contournant l’aéroport, un petit rond-point, et 100 mètres plus loin à gauche, une petite pancarte « Fort de Hollogne ».

On pénètre l’endroit. Au premier coup d’œil, devant nous, une très longue allée envahie par l’herbe (et du lierre terrestre par endroit). De part et d’autre de cette longue allée, les bâtiments, de béton, et leurs grandes trouées obscures, entrées et    percées de toutes sortes, qui se jouent de la lumière, et l’apprivoisent différemment selon qu’on est le matin ou le soir.

Sur le mur du fond (à environ 200 mètres) – me sautent aux yeux – ces impacts de balles, … comme des orbites noires creusées qui ont troué ce béton, troué des hommes, aussi …

Mais, ici, … le béton … – armé, pourtant, et conçu pour résister aux assauts – … a laissé la  nature, et la vie, reprendre leurs droits, naturellement, humainement aussi …

NOUS sommes là…

Et, partout, autour du Fort, par-dessus, les hautes herbes, et les mousses, les fleurs, les  insectes … et autres renards et oiseaux, …  et,  ah oui !, des chauve-souris !, le soir venu, viendront aussi nous frôler de leurs silhouettes furtives, au-     dessus du Fort, d’où l’on aperçoit – entre les arbres et les affleurements de béton, entre les hautes herbes, et les épilobes en épi – la piste de l’aéroport, et ses lumières,  son va-et-vient nocturne – des gens arrivent, d’autres partent.

 

Entrer dans les bâtiments, un peu comme dans une grotte. Faire un bond en arrière dans le passé.

Le temps y a laissé là aussi des traces: mousses, érosions, humidité, murs et plafonds suintants, où par endroits se forment même des stalactites.

Et pénétrer dans les murs de béton : ou  « passer le mur du son », tant l’acoustique est impressionnante, (nul bruit d’avion ici, on est en-dehors du Monde et du Temps, dans ces murs) …  « parler aux murs » prend ici tout son sens en    quelque sorte, on entre un peu en dialogue avec soi-même, avec ces murs qui nous renvoient nos voix,  et nous isolent du monde extérieur, mais nous y ramènent aussi, en nous « invitant » à la réflexion (celle du son de nos voix, celle du monde  en écho).

Parmi tous les artistes présents, environ 20 musiciens et/ou « performeurs » du son.

Et donc une occasion rêvée pour eux de se laisser aller à leurs expérimentations sonores, bruitistes – bruyantes aussi – mais détonantes et qui résonnent en nous, laissant en nous vibrations, échos, et chaos.

Tous, ce point qui les relie: le son.  Autrement. Bousculer les repères connus.

(suite au prochain numéro)

Anouk Brouyère

fort-blog-150x112 dans Level 12B







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