Nos vœux pieux et pas pieux les plus sincères

30122015

avec Olivier le 13 novembre Avec Olivier Ducène, menuisier ébéniste, tailleur de pierre, constructeur de cerfs-volants et d’instruments de musique, musicien… Au repair café de Lessines, qu’il anime. 13 novembre 2015

En 2015, l’association GE ! (Groupe Esthéthique ! : aisthesis : art de sentir + ethos : art de séjourner : ou comment habiter au mieux cette terre en sachant que nous sommes mortels et pouvons donc disparaître demain (pas de panique pour autant, plutôt un certain humour détaché, insaisissable !) fêtait discrètement ses 10 ans d’existence.

Je voulais repréciser ses contours ou ses horizons sans limite (humour détaché, insaisissable…) : MaYaK, BurkiMaYaK, Observatoire écophile : les trois dimensions complémentaires de ces travaux associatifs qui suscitent ici et là des équipes différentes.

La revue-livre MaYaK : le noyau central de notre activité : nous préparons le MaYaK 8 dédié à la thématique : « Basculements : travail & réseaux de dons, gratuités, échanges ». Il s’agit d’appréhender ce qui se prépare à côté du modèle consumériste productiviste (nous produisons et consommons à l’infini et si tu veux pas (pour les objets), on te programme une obsolescence imparable…) : témoignages de personnes qui vivent autrement et réflexions (avec applications sur le terrain) sur le travail et les nouveaux modes de vie et d’échange. Les MaYaK exigent un travail très patient de composition. Ce numéro sera en quadrichromie. On prévoit une sortie pour l’été 2016.

BurkiMaYaK : depuis 4 ans, nous développons une « coopération relationnelle » avec des « habitants chercheurs » du Burkina Faso. Œuvrer ensemble au sein d’une relation d’amitié : c’est au village de Bendogo, au nord de Ouagadougou. Il s’agit d’essayer de mieux se comprendre et, pour nous, de participer, à notre modeste échelle, au développement endogène (selon l’expression du grand Joseph Ki-Zerbo) du village. Dernière initiative en date : la création d’un jardin-pépinière (en agroécologie) à l’école primaire, sous la conduite de notre ami, le travailleur social & permaculteur Patigidsom Koalga. En parallèle, nous menons une enquête sur le développement endogène au Burkina, faisons des rencontres passionnantes avec des chercheurs attachés aux valeurs des cultures africaines, soucieux de les partager et de les actualiser. Car cet intérêt mayaque pour le Burkina va bien dans ce sens : là-bas, l’agriculture, le maraîchage, l’élevage sont encore familiaux ; ce que nous essayons de retrouver ici. Les économies informelles foisonnent ; le pouvoir politique centralisé doit encore se plier à d’autres puissances plus locales : la chefferie ; la sécurité sociale est d’abord liée à la communauté, la médecine est encore bien souvent traditionnelle, etc. Des modèles de vie suggestifs qui sont menacés (et bien fragiles) mais que certains habitants chercheurs de là-bas tentent de protéger et d’améliorer. Depuis cette année, BurkiMaYaK est en relation avec une ONG locale qui intervient dans une 60aines de village pour renforcer les économies rurales et promouvoir l’agroécologie. Depuis très peu, BurkiMaYaK représente ici (et maintenant) une « fondation pour le travail décent » que cette ONG de Burkinabè supervise et qui a dans ses carnets des projets de valorisation des économies rurales…  « Habitants chercheurs d’ici et d’ailleurs » : comme toujours une publication raconte et réfléchit ce projet d’échange autour d’un monde où l’homme aspire à s’insérer le plus harmonieusement possible dans le cosmos…

Enfin, l’observatoire écophile : la recherche écophile, c’est une recherche « aimante » sur les lieux habités : villes ou campagnes, biotopes divers… Les premiers travaux portent sur la ville proche du siège du GE !: Lessines. Un « carnet écophile » sortira en mars (et une infinité d’autres sont prévus : nous commençons une recherche démesurée dont l’absence d’objectif absolument rationalisable est sans terme…). Une exposition se tiendra à cette occasion au « repair café » de Lessines (avec Olivier Ducène), avec concert sur des instruments bricolés à partir d’objets de récup, exposés et supports d’une jam à laquelle les visiteurs sont invités à participer, s’ils le souhaitent ! Peintures et traces des recherches écophiles seront aussi montrées. Une émission à « Radio Une » est prévue, orchestrée par Thierry Génicot.

La démarche écophile consiste en un premier temps à interroger des habitants chercheurs de la ville : des noyaux d’énergies habitant des foyers d’énergies, des lieux où les gens passent et se rencontrent. Noyaux et foyers d’énergies, c’est ce qui fait une ville en vie… La ville ce sont aussi les rues, les maisons, la configuration du peuplement : les carnets écophiles renouent avec la « géographie humaine ». La ville a besoin qu’on la regarde, qu’on l’aime ; elle est trop à la merci d’hommes sans scrupules ; elle a son mode de déploiement qu’il convient de respecter, son histoire qui remonte à bien avant ses habitants d’aujourd’hui et conserve pour eux des traces d’autres façons d’habiter, de se rencontrer, de travailler : des points de repère qu’elle nous montre pour que nous ne perdions pas le sens. Nous allons donc lire la ville… L’observatoire écophile invite des promeneurs artistes à regarder la ville, à l’interroger à recueillir des réponses… Des images qui s’associeront les paroles des habitants fidèlement retranscrites dans les carnets. Et qui seront montrées à l’expo…

Une recherche vivante sur la ville en vie…

Carnets écophiles, expositions, concerts, radio : des amorces à d’autres activités au cœur de la ville et des lieux habités, naissant d’elle et d’eux…

Ces trois dimensions complémentaires de la recherche mayaque s’exprime(ro)nt à travers les moyens de communication que nous développons depuis la création du GE !: cabanon d’édition (Phare Papier) ; audiovisuel (Muzifar records, TéléMaYaK) ; expositions, rencontres, concerts,

blog : MaYaK se construit : http://mayak.unblog.fr  

pages facebook : MaYaK/Phare Papier & Observatoire écophile…

Nous ne pouvons que vous souhaiter une année 2016 inventive et créatrice !

Hugues Robaye 

   




Trois jours à construire, ensemble, un four à pain

25062013

 Trois jours à construire, ensemble, un four à pain dans artisanats 3img_30247-150x112    img_1296-150x112 dans autoconstruction

 

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Trois jours à construire, puis démonter (!) un four à pain.  Avec de l’argile, du sable, de la chaux, de la paille, suivant un savoir-faire accumulé pendant des siècles. Avec des briques qu’on fait sonner, chacune, avant de de les mettre en oeuvre, pour vérifier le qualité de leur cuisson. Des briques dont l’irrégularité permet d’amortir au mieux les dilatations thermiques.

In het Vlaams, met Jan, Maarten en Frieda.

Frieda, qui est conservatrice au musée de la mode à Anvers, me parle des costumes traditionnels du Maroc ou des plumassiers parisiens. Jan et Maarten, l’un cadre bancaire, l’autre charpentier, mais tous deux animés de la même énergie généreuse. Quatre équipes de quatre sous la houlette de Gerrit, infatigable dans sa défense des savoirs pratiques légués par la tradition, qu’à tort on a pu croire obsolètes, mais qui pourraient redevenir primordiaux dans pas si longtemps.

Au Museum voor de oudere technieken, à Grimbergen, dans un superbe environnement.

Et puis il y a cette expérience de l’intelligence de l’artisanat: la main portée sur les outils et les choses, le regard qui les accorde au projet poursuivi.

Voir, de Richard Sennett, l’ouvrage Ce que sait la main. Ce que beaucoup de philosophes, grands par ailleurs, n’ont pas éprouvé.

 

Xavier Vanandruel




Gerrit

14032013

Gerrit dans artisanats four-a-pain-lohuec_jpg_595-150x112 

Je craignais, à cause du nombre limité de places et aussi de mon néerlandais approximatif, ne pas être retenu pour le stage bisannuel de construction d’un four à pain au MOT ( Museum voor de oudere technieken ) de Grimbergen. Ouf! à ma grande joie, je suis au nombre des vingt heureux participants qui, au mois de juin, passeront trois jours à construire leur premier four.

J’ai déjà rencontré le formateur, Gerrit, qui donnait une conférence à la ferme urbaine du parc Maximilien (à Bruxelles, près de la station de métro Yser). Non content d’être un des rares spécialistes actuels du four à pain (mais il s’attache à en former d’autres), il maîtrise aussi la construction en murs de torchis (il a construit avec cette technique sa propre maison), ou la réparation de vielles à roue. David, qui s’occupe du fournil de Hof ter musschen (restauré grâce à l’expertise de Gerrit) me raconte qu’il l’a vu façonner en deux minutes, avec une branche et son couteau de poche, un appeau efficace pour attirer les oiseaux. Pour évoquer  la compétence technique que requièrent les fours à pain, Gerrit est aussi lyrique qu’intarissable: il faut, comme pour les cathédrales, incliner les murs latéraux afin qu’ils supportent la poussée  de la voûte qui se dilate sous l’effet de la chaleur; la sole doit avoir une inclinaison soigneusement étudiée pour une bonne répartition de l’air chaud… Gerrit souligne avec justesse que nos ancêtres avaient accumulé un savoir technique artisanal très évolué, aujourd’hui en danger de se perdre. Mais quand il s’agit de modeler en argile le foyer même, il dit qu’il ferme les yeux pour s’inspirer, de mémoire, du galbe de la croupe du cheval de trait de la ferme de son enfance…

J’espère après ce stage pouvoir aider à la construction d’un four à pain sur le champ des Cailles dans mon quartier (pour le projet du Chant des Cailles, voir un précédent billet ,du 1/09/2012 ). Quoi de plus convivial qu’un four à pain partagé dans un quartier? Et aussi, quelle alternative pertinente à l’exténuation de la boulangerie agroindustrielle!

Le site du MOT: http://www.mot.be

Xavier Vanandruel




Rayonnement endogène

9032012

Rayonnement endogène dans Afrique réunion-mayaque-009-ret-blog-300x224 Deux adeptes, et des plus éminents, Jacques Faton et Xavier Vanandruel, recueillent les rares paroles du Grand Yéti mayaque.

P2100270-ret-blog-300x224 Albert Tévoédjrè dans Aminata Traore Et voici le Grand Yéti mayaque, dont les représentations sont rares. La chasseuse d’images, Nafissatou Ouédraogo, l’a capturé, depuis les sommets, relatifs, de Tiébélé (Burkina Faso)

Une anthologie du rayonnement endogène.

Comme disait Nafissatou Ouédraogo, pour commencer un projet, il faut des idées (nous avons un projet (j’en parlerai plus tard) et voici des textes-idées qui sont comme des âmes, des puissances tutélaires, des ancêtres contemporains pour animer, donner sens, perspective (s) à un projet).

Une récolte d’idées. Fruits de mes lectures pour préparer un voyage de cinq semaines au Burkina Faso (début 2012). Je continue à apprendre, bien sûr, donc j’enrichirai (avec vote aide, j’espère) cette anthologie sur l’Afrique de l’Ouest qui s’aide d’elle-même.

Au cours de ce voyage, nous avons rencontré, avec Nafissatou, beaucoup de personnes : artistes, artisans, chercheurs, petits industriels, agronomes, bâtisseurs… Bien sûr, j’ai préparé mon voyage et choisi de rencontrer certaines personnes plutôt que d’autres… Mais celles que j’ai rencontrées m’ont semblé proches (en fait en avance sur…) de nos mouvements les plus lucides, ici au Nord : écologistes de terrain et permaculteurs, adeptes de la sobriété heureuse comme dirait Pierre Rabhi ou de la pauvreté/ richesse des peuples (Albert Tévoédjrè) ; d’une pauvreté célébrée par d’anciennes cultures et que des cultures contemporaines oublieuses réduisent au mot de « misère » (Majid Rahnema). La « modernité africaine » (Aminata Traoré), j’ai trouvé qu’elle avait beaucoup à m’apprendre et je crois, à nous apprendre. Elle est implantée dans des régions où les cultures et les différents savoirs traditionnels sont encore bien vivants et où le plus souvent la terre est encore cultivée avec respect…

Et pensons, comme Bernard Lédéa Ouédraogo l’écrit, lui qui a initié ce formidable réseau d’animateurs de village, que les traditions ne sont pas figées et que si l’on parle avec le respect qui lui est dû au villageois, on peut « développer sans abîmer ».

Et puis, plutôt que de développement, parlons de rayonnement…

Voilà je vous livre ce modeste assemblage de textes en deux versions : une en doubles pages pour lire sur l’ordi, l’autre en pages simples pour imprimer en R/V.

Pourriez-vous attendre 15 ans avant de la lire ? Le temps que je sorte de prison, pour cette violation évidente des droits d’auteurs…

Mais bon, cool!

Hugues Robaye

fichier pdf Anthologie du rayonnement endogène ordi

fichier pdf Anthologie du rayonnement endogène papier




Marché de la poésie à Namur. La poésie ?

15062009

Ce week-end, MaYaK allait à Namur, au Marché de la Poésie.

Un chapiteau était tendu dans la cour de la Maison de la Poésie, à deux pas de la Sambre, rue Fumal, l’une de ces ruelles encaissées du vieux Namur où résonnent les cris des hirondelles. La Maison de la Poésie avec son petit foyer intime à gauche quand on entre (et où l’on sert notamment, croyez-nous (que cache ce pluriel pudique ?…), la Gribousine, bière d’abbaye de Malonne), la salle de spectacle à droite et le chapiteau tout droit, sous lequel se réunissent les éditeurs et où se déroulent les rencontres : un espace vraiment très accueillant. Et l’accueil est à la mesure de l’espace ! (Merci à Éric Brogniet et à Mélanie Godin pour leur invitation).

C’est assez étonnant d’assister à une réunion de personnes qui croient en la poésie. Le public ne suit malheureusement pas vraiment ; qui s’en étonnerait ? Cela intrigue les Mayaques. MaYaK, qui a fait de la communication des savoirs un souci majeur, s’interroge comme il se doit sur la communication du savoir poétique.

Savoir poétique ? Eh bien oui, le poème pourrait être considéré comme une mise en forme particulière de l’expérience humaine, soit une forme de savoir. Je repensais au superbe poème de Marcel Thiry sur cette visite d’un parc national en Californie, quand ses camarades et lui s’en revenaient de leur périple en auto-canons (pendant la guerre 14-18). J’ai toujours trouvé fascinant chez ce poète cette capacité à mettre en mots, en formules rythmées, les dispositions affectives (comme la psychiatrie phénoménologique désigne ce rapport premier d’un homme avec son milieu, les atmosphères de celui-ci, changeantes, les influences qu’il fait accueillir à l’homme, agréables, désagréables, l’échange dynamique et mouvant, rythmé qui s’établit entre eux deux) d’un corps animé. Dans ce cas précis, un homme assis dans un car qui roule, qui perçoit un espace où des choses apparaissent de façon particulière, avant que la réflexion ne les remette en ordre, en place, dans les ombres du « pré-réflexif », du sentir, de la présence… Poésie hyper travaillée et si vraie…

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Marcel Thiry (photo Nicole Hellyn ; document AML)  

Avec Jacques Faton et Muriel Logist, derrière notre table d’ « éditeur », nous nous disions que ce poème mériterait bien à lui tout seul une édition avec illustrations en devenir, à l’image de cette promenade mouvante, story board, dessin d’animation… (à suivre et voilà pourquoi, ci-dessus…). Faire goûter un seul poème (particulièrement cinématographique) à la fois… 

Bref, travailler la communication du savoir poétique, énergie de mots, de sons et de sens distillant une vie plus dense…

Hugues Robaye 




MaYaK à l’écomusée de Fourmies, samedi prochain, le 4 avril

29032009

Fourmies se situe à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Chimay.

Cette année, première édition du festival « Trame(s) ».

« Durant tout un mois, des jalons sont posés dans la ville pour que le livre et l’édition nouent des relations étroites et fructueuses avec la création artistique. A travers expositions, ateliers de lecture, spectacles de danse et de poésie, théâtre, slam et performance artistique, Trame(s) entend montrer l’étonnante richesse du livre et sa surprenante plasticité à répondre à toute forme de création. Ces premières rencontres se concluent naturellement par une large place laissée aux livres avec la présence de nombreux auteurs et éditeurs qui montrent la diversité de l’édition du Nord Pas-de-Calais et de Belgique. »

Le samedi 4 avril, de 10 à 19 h, salon de la petite édition à l’écomusée de Fourmies, parmi les métiers à tisser…

MaYaK, Phare Papier et Pontos seront là… www.trames2009.fr

 

 







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