Le salut au soleil

26102014

Mahzad Rostami

Cette photo de Mahzad Rostami, jeune artiste iranienne,m’a semblé « iconic » pour prendre un mot anglais qui m’est resté en tête, je ne sais trop pourquoi, continue à résonner et à m’intriguer, à vouloir me dire quelque chose (employé pour présenter le chanteur anglais Morrissey au début d’un de ses concerts). Je ne sais pas ce que veut dire au juste ce mot, mais je lui associe un sens : l’image par excellence de quelque chose…

Ce selfie de Mahzad (publié sur Facebook) a été fait, je le croirais, pour heurter ma mémoire. Dimanche, je revoyais les premières images du film Le merle chanteur d’Otar Iosseliani, des séquences qui nous rappellent notre immersion dans le temps gratuit, les dons du présent : un voile agité par le vent, les ramures balancées, les ombres des nuages qui avancent… Et puis l’accueil du matin, de la lumière. Toutes ces choses simples qui sauvent et donnent espoir… Qui nous rappellent l’indifférence de la nature vis-à-vis de nos menées volontaristes dont elle souffre à en mourir… Nous rappellent, à vrai dire, l’ « amour », la « compassion » à la Jiddu Krishnamurti… Qui font que le premier critère d’action sur le monde devrait être ce respect pour le cosmos…

Mahzad a donné une affiche pour Le lointain de près : Un Iran de jeunes graphismes. Tisser des liens entre sociétés civiles, l’amitié des peuples, un souci plus que jamais d’actualité…

Hugues Robaye

Mahzad 002




Soirée mayaque, 2, 100 Papiers

16122012

Soirée mayaque, 2, 100 Papiers dans Alice Bossut equilibriste-blog-300x200équilibristes et mondes, NATHALIE de VOOGHT, 2010.

Cela fait déjà un petit temps que je me dis que je dois écrire quelque chose à ce sujet. Mais cela ne sort pas vraiment… C’est au sujet de la présentation mayaque à 100 papiers, mais je crois que cela déborde bien de cela et touche à autre chose.

On m’avait plusieurs fois parlé de cette jeune librairie. Et j’ai téléphoné un après-midi pour proposer une rencontre mayaque. Un oui direct. Consultez le programme et vous pouvez prendre une date. Ce lieu est à vous, est-il écrit sur le site de la librairie… Il restait la date de la Saint-Nicolas, pas facile. Et puis à composer une soirée. Isaia Iannaccone, Sébastien Verleene, Maximilien Atangana ont répondu directement oui. Max pour une performance bénévole, « pour MaYaK ». J’invitais Madi Niekiema qui me proposait un peu plus tard de venir avec son n’goni (une sorte de luth de l’Afrique de l’Ouest)… J’invitais Jean-Pierre Dusoulier que j’avais failli rencontrer à l’époque du cabanon Paul André (toujours d’actualité), lui qui avait été un de ses grands amis. J’échangeais avec Jean-Pierre un peu accidentellement par les bonnes grâces de facebook et je me rendais compte que son engagement de toujours dans les campagnes et les villes en transition s’accordait à merveille avec le projet burkinabè de recherche-action autour de l’animation de villages et du développement endogène. Jean-Pierre allait venir et me proposait, lui qui est conteur et chanteur, d’apporter sa voix, sa contribution de lecteur à la soirée… Alors je commençais à imaginer une espèce de scénographie. Une suite de matières, des répons de musiciens et de lecteurs, placés parmi le public. Avec Xavier qui comme moi s’ennuie aux présentations littéraires, on se disait, il ne faut pas faire trop long, pas emmerder les gens… Les choses se mettaient spontanément en place, sans difficulté. La structure s’enrichissait de jour en jour, la structure dynamique de ce temps d’une soirée où un échange se ferait. Je pense toujours aux équilibristes que Nathalie de Vooght a dessinés il y a quelques temps pour MaYaK (toujours d’actualité). C’était une commande et Nathalie y avait répondu avec ce plaisir gratuit que les Mayaques partagent avec les enfants. Ces équilibres fragiles, ces projets de société où la générosité est au fondement.

Je repense à Madi Niekiema, le musicien qui veut d’abord développer une forme d’auto-suffisance un peu rémunératrice, chez lui au Burkina, pour jouir de son art de musicien sans dépendre de personne… On en parlait ce vendredi, avec le comédien danseur poète Maxime Guidot-Dejoux et lui. D’un jour à l’autre, des foyers d’énergie qui font croire à ces sociétés possibles ( ?) qui sont dans la devise de MaYaK. Ce texte est désordonné. Pas grave, ça arrive. Il essaie de faire sentir cette « puissance », au sens lawrencien du terme que j’ai ressentie chez ces personnes à la soirée et plus tard au gré des rencontres que notre initiative culturelle suscite. Puissance comme force intime juste qui émane du corps d’un homme quand il sent ce qu’il doit faire sur cette terre (c’est la conception de Lawrence)… Anouk Brouyère rencontrait Jean-Pierre Dusoulier à cette soirée, eux qui travaillent tous les deux au renouveau des campagnes… Laurence Warnier était là qui réagit si spontanément aux stimuli mayaques. Comme le compagnon des premiers temps, Jacques Faton… Et Alice Bossut qui la première me parla de cette librairie accueillante et courageuse et engagée… Qui diffusait MaYaK et qui dessine pour la revue-livre. Et le peintre écrivain Frédéric Dambreville qui est aussi lecteur de Lawrence et de Dhôtel, le philosophe des champignons indéterminables.

Oui bon, encore un texte triomphaliste. Non. La situation financière de l’assoc qui produit MaYaK est mauvaise mais le tissu est de plus en plus résistant, le réseau en rhizome comme le psalmodiait Maximilien, à cette soirée.

Eh bien, merci, merci, vraiment…

HR




Soirée maYaque – 100 papiers

16122012

Soirée maYaque – 100 papiers dans Afrique 100-papiers-72-blog-168x300

Présentation de la revue mayaque 6 qui est sortie il y a peu …

Madi Niekiema, Yingré, ou « racines » en burkinabè … comme les motifs sur l’instrument de musique de Madi, … et la librairie, aux fenêtres qui nous renvoient les reflets des branches extérieures, les arbres, oui, ces arbres, ces branches, ces racines, qui nous relient, qui nous animent, nous relient à l’extérieur, au monde, du local (la librairie) au monde que nous racontent tour à tour, les intervenants de cette soirée maYaque :

Isaia Iannaccone, Sébastien Verleene, Jah Mae Kân, Xavier Vanandruel, Madi Niekiema, Chef mayaque. Sinologie, histoire des sciences, poésie, histoire africaine, musique, chanson, cartographie, habitats groupés, permaculture, Chine, Burkina Faso, Mali, Aminata Traoré… Les matières du MaYaK6 et celles à venir…

Ces mains, celles de Jah Mae Kân et de Madi Niekiema, ces mains qui jouent en rythme, ces mains qui jouent dans cette librairie, qui jouent et rythment les entretiens des intervenants de cette soirée. Avec Jean-Pierre Dusoulier, (conteur), qui lit – dit – des extraits de la revue. Chacun donne, chacun partage, chacun témoigne d’une expérience vécue, ici ou là. Et cette librairie devient un espace – l’espace ? –… un (autre) monde se dessine, où l’homme pourra retrouver un sens, un juste milieu. Un équilibre entre l’Homme et son environnement, entre l’Homme et ce monde – et cet espace, où se reflète la vie des arbres, au-dehors.

Des racines de l’instrument de musique de Madi Niekiema, aux arbres à l’extérieur, qui se reflètent dans les fenêtres de la Librairie Cent papiers, s’écrit et se partage une (autre) histoire … une histoire de reliance à notre environnement, à la terre, aux arbres, une autre histoire qui se raconte – aussi – et qui nous invite à effeuiller – et feuilleter  –  la revue maYaque …

Anouk Brouyère

 

mains-blog-300x168 dans Alice Bossutmains-blog-2-300x168 dans Arménie

mains-blog-3-200x300 dans Burkina Faso Anouk Brouyère pour les photos. Les mains de Maximilien, Madi, Jean-Pierre, Isaia…

100-papiers-72-blog2-300x200 dans Cent Papiers




Promenades vespérales en forêt

2062011

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C’était à l’auditoire Janson de l’ULB, au sortir de la conférence d’Yves Cochet sur la déplétion pétrolière. Je croisai Fabienne, une concitoyenne de ma commune de Boitsfort, et nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas rester plus longtemps sans rien faire.

Fabienne a d’abord accueilli chez elle une première réunion de personnes intéressées par l’idée de décroissance. Nous avons décidé alors  de continuer à provoquer des rencontres  par de régulières  promenades vespérales en forêt, animés par la conviction qu’une vie est possible autre que celle-ci, qui épuise la terre et notre humanité,  et nous conduit à l’effondrement. Il s’agit de nous retrouver pour partager nos points de vue et nos projets. Il n’est sûrement pas indifférent que ces rencontres se fassent au rythme lent de la marche, du temps qu’on reprend

J’écris  ce billet  tout en écoutant  des chansons récentes de Pierre Barouh, le même qui créa dans les années 1960 le label de disques Saravah, dont chaque pochette portait cette maxime: « Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire ».Comme Alexandre Grothendieck, Pierre Barouh devrait nous inspirer aujourd’hui.

Xavier Vanandruel

Une première promenade vespérale a lieu ce vendredi 3 juin. Rdv à 18:15 place Wiener à Boitsfort au pied de la statue de Rik Wouters Les soucis domestiques. Apporter une contribution au pique-nique dans la forêt.

Pour Pierre Barouh, voir le site www.saravah.fr

 




Versus

14052009

Vendredi passé j’assistai, au théâtre Marni à Ixelles, au spectacle Versus du comédien Frederik Haùgness, accompagné par quatre musiciens de jazz. Le trompettiste me fit forte impression: précision et élégance du phrasé, sonorité rouge et or m’évoquaient le Miles Davis du début des années 50. La musique se jouait en contrepoint de l’histoire racontée par le comédien: la découverte de son père assassiné, ses propres interrogations sur la justice et la vengeance. Où sont convoqués le jazz, que son père aimait, et Hamlet, qui est aussi le nom du village natal de John Coltrane.  Une histoire dont on ne pouvait douter qu’elle fût vraie.

J’avoue avoir été troublé par cette mise en scène de vies privées. Qui pourtant se rencontre de plus en plus: pour ne prendre encore qu’un exemple, la jeune chanteuse, comédienne elle aussi, Stéphanie Blanchoud,  interprète en public une chanson, Ressemblance, où elle s’adresse à sa mère.

Il semble donc qu’une vie intime, aujourd’hui, puisse désirer un public, au lieu de s’en protéger. Certes, il y a une tradition littéraire de l’intime. Mais le dévoilement y reste médiat, alors qu’ici on voit une présence, une exposition publiques nues.

Qui sont mues par des ressorts très divers. Pour Versus ou Ressemblance, peut-être pourrait-on rajouter celui-ci: l’envie courageuse d’affirmer une  authenticité dans une sphère publique gangrenée par l’omniprésente marchandise et ses simulacres. Mais il  faudrait interroger les auteurs…

Hugues me dit que le thème des MaYak 5/6 devrait être « solitudes en société ». L’occasion de revenir sur cette mutation.

http://www.youtube.com/watch?v=HDyRW1mFIOw

http://www.dailymotion.com/video/x8pga6_stephanie-blanchoud-live-50-nord-re_music

Xavier Vanandruel

 




Vinicio Capossela…

11052009

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Ce week-end, l’auteur compositeur interprète Vinicio Capossela passait par Bruxelles pour présenter son dernier album « Da solo ». 

Nous l’avions vu au Botanique l’année passée et tel un magicien (avec son groupe très drôle) il avait (en deux heures de concert…) déployé (avec une énergie communicative, disons hallucinante) des mondes culturels et sonores où comme toujours chez lui, plein de traditions et styles s’entrecroisent. Notamment : Rome antique, vieux fonds de la chanson populaire italienne, psaumes bibliques, poésie de Michel Ange (un album), monologues de Napoléon, Russie (pour n’en citer que quelques unes)… Du dramatique au burlesque, avec une expressivité vocale parfois baroque… Mais toujours avec cette tendresse et cette poésie… Du tcha tcha tcha (de la Méduse !) au blues rock (des pasteurs des plaines qui portent le colt à côté de la Bible…), en passant par la musique de fanfare avec ses cuivres… Comment en parler avec justesse ? 

Avec Vinicio Capossela, chanteur mais aussi écrivain et poète (il présentera en octobre un livre à Piola Libri), c’est tout un théâtre magique qui se déplace. D’ailleurs, hier,  au Bota, il y avait sur scène un authentique magicien qui finit par faire le tour de la salle, porté par des centaines de mains… Et, hier aussi, un duo tout à fait touchant, une apparition de « notre » Adamo, tout en noir, qui voyait l’une de ses meilleures chansons reprise avec une amitié tout aussi émouvante par son cadet… Vinicio est reparti mais reviendra… Ne manquez pas cela. 

Samedi, nous l’avons presque interrogé à la librairie Piola (« auberge » dans un dialecte piémontais) Libri, où Jacopo Panizza nous avait gentiment invités (comme au Bota, merci, Jacopo !), la photographe Cécile Massart et moi. Vinicio est arrivé trop tard mais Cécile a pris des photos du concert acoustique, qui ce soir-là faisait craquer de monde les planchers de la librairie. 

Vous les verrez dans le M4 qui commence à prendre… 

www.piolalibri.be (livres, vins, saveurs et concerts…) 

www.viniciocapossela.it

Hugues Robaye 




Delattre, docteur de l’intimisme

27042009

La toute récente publication de Phare Papier (sortie pour le salon de Fourmies) est une brochure d’hommage (36 pages, 8 euros, basée sur des documents d’archive) à l’écrivain Louis Delattre (1870-1938). Médecin, spécialiste de l’alimentation, pionnier de la radio, directeur de l’académie belge, conférencier pour la Croix-Rouge, cet homme infatigable écrit en pleine maturité quatre traités d’intimisme (comme il les appelle) où il condense en de courts textes aux sujets très variés toute son expérience de médecin observateur des corps-âmes (je veux dire des hommes) et d’hédoniste (une indication : son père était représentant en vins et spiritueux…), nietzschéen, chinois (il lit Marcel Granet l’année de la sortie de son histoire de la pensée chinoise et retrouve dans cette vision du corps humain des intuitions qu’il avait eues comme praticien). 

Au cours de mes recherches sur Delattre, je n’ai pu que rencontrer l’imprimeur fontainois (Fontaine L’Évêque, Hainaut belge), Yves Robert, qui édita en 1970 une biographie (et bibliographie), extrêmement précise, de son concitoyen.

Logique amicale mayaque : il se peut bien que nous rééditions ensemble ces quatre traités d’intimisme… « Because, because we must », chante quelque part Morrissey… 

Un fragment d’intimisme, non dépourvu d’un humour tout surréaliste : 

« J’ai retrouvé marié cet ami d’enfance. Sa femme et ses enfants, d’un air vexé, formaient autour de lui, des excroissances qui me tenaient à distance et m’empêchaient de le toucher à pleines mains.

Il paraissait, même à table et la serviette au cou, un voyageur debout sur le quai de la gare, autour de qui veillent en rond des bagages réclamant jalousement toute la force de ses bras et l’attention de son front. Et belle-maman est cette grande malle noire.

C’est qu’en vérité, épouse et enfants entendent manger eux-mêmes le père de famille. »

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Hugues Robaye







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