MaYaK (se) construit un cabanon

15072009

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Sur la plage et à côté du Phare, évidemment… Mais aussi ailleurs, partout… Un cabanon ? Un cabanon « littéraire »: la « plate-forme de communication de savoirs vivifiants », l’association GE !, diversifie ses activités et ses médias. Revue-Livre, ligne d’édition, site (en complète reconstruction, nous en parlerons bientôt), blog… Et maintenant, le cabanon littéraire : un dispositif d’exposition littéraire léger, démontable, déplaçable… De quoi s’agit-il ? D’une cabane d’environ 10 m², armature en bois, murs et toit de tissu. Un espace dédié à un écrivain. Un parcours efficace, rapide, convaincant, juste et beau ( ?) dans la vie-œuvre d’un auteur… De la « publicité transfigurée » (selon l’expression de Paul Nougé, le surréaliste belge) pour des auteurs vraiment… vivifiants. Une construction éphémère, montée dans une bibliothèque ou un centre culturel par exemple, qui convie le visiteur à un parcours. À plusieurs parcours…

À l’extérieur, une série de placards lui font découvrir, à partir de documents d’archives, l’œuvre d’un écrivain. Photos, manuscrits, peintures, courts textes explicatifs, objets accrochés à la structure; un parcours en étapes. Le visiteur entre dans un monde, mais reste encore à l’extérieur… 

À l’intérieur, un dispositif audiovisuel – télé et radio – le rapproche encore plus intimement de l’écrivain. Sur les parois intérieures du cabanon, plus intimes, des extraits courts et émouvants de ses œuvres. Le visiteur devrait sortir de cette courte visite un peu différent, songeur (c’est d’ailleurs l’effet que Paul Nougé voulait à l’art…).

Un dépliant en quadrichromie résume le parcours.

Voilà : un nouveau projet en cours que Caroline Léger (textile), Muriel Logist (graphisme), Mathieu André (ébénisterie) et moi-même (conception) vous préparons.

Inauguration et première : Maison de
la Culture de Tournai le 10 octobre 2009

Le premier cabanon : autour du poète, de l’homme, du clerc dans le désert et les campagnes : Paul André.

Hugues Robaye

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Premiers croquis du cabanon (comme plus haut, divers projets), par Mathieu André (« les copeaux d’abord »)




« Journal de l’antenne rouge » par Jacques Dapoz

25052009

Ce  »roman » va déconcerter… (Jacques Dapoz dirait peut-être qu’un roman doit déconcerter puis… reconcerter…) Ceci dit, Journal de l’antenne rouge – journal – est-ce bien un « roman » ? Plutôt l’autobiographie d’un militant pour la liberté de création  de soi, du monde, de la vie. D’un homme de radio, d’une voix des ondes courtes, d’un écrivain instantané serais-je tenté de dire.  Jacques Dapoz est en effet un écrivain thermodynamique : ses Radiologies (œuvre inclassable toujours en mutation, dont les nouvelles moutures se suivent régulièrement (la dernière vient de voir le jour)) réactualisent dans la langue un système complexe (lui ou plutôt sa pensée-poésie) en suite, en processus perpétuels de phases d’individuation : de la littérature dynamique… Journal de l’antenne rouge, roman ? Comme l’on dirait « le roman d’une vie », une histoire faite de hasards…

Le Journal de l’antenne rouge (aux belles éditions du Cerisier, en 2007) retrace, année après année (de plus en plus densément qu’on s’approche du présent), le parcours de l’auteur. Des dates, des événements du monde (politiques, économiques, mais aussi artistiques ou sociétaux), la vie d’un homme qui se fait d’échos, de rencontres ; des dialogues aux voix indéterminées où se commente la vie du siècle (comme des chœurs parlés) ; l’évocation de lectures importantes ; une demande récurrente faite au narrateur, celle de bruiter l’événement du monde qu’il vient de commenter : chaque année se compose de ces blocs de langue qui résonnent dans tout le livre.   

En le lisant, je pensais à une partition musicale. À une forme, la fugue avec variations. Fugue qui serait fuite du temps… Fugue qui détaillerait, en une série de motifs formels sujets à des variations, les relations entre un homme animé d’un idéal et l’histoire du monde qui va à l’encontre de cette exigence. 

Le traitement de la matière, de la langue, me rappelait, elle, le texte du surréaliste Paul Nougé sur la musique. La musique place en nous des harmonies, des rythmes des associations de motifs qui transforment nos tissus. La musique est transformatrice (comme les autres arts d’ailleurs) et Nougé pensait changer l’homme en faisant composer des musiques particulières. Les matières et formes (notes, antiennes, dialogues, textes narratifs) de ce journal sont stylisées, deviennent des sortes de carmine, ces formules poétiques magiques des premiers temps. L’actualité brute éclate, prend sens, devient étrange, fait penser, reçoit une tension inquiète. Nous nous souvenons de ces événements mais le narrateur, en nous les rappelant, les oriente dans le sens de son souci radical : liberté et autodétermination de la personne. Dans une langue à la poésie lapidaire pleine de courts-circuits, de rapprochements déstabilisants ; notes réalistes sur notes sur-réalistes…

Journal de l’antenne rouge, le journal d’un résistant d’aujourd’hui.

Hugues Robaye 







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