Le « Par Ouï-Dire » du 25 avril 2014 (Radio Une) consacré à ANNIE VAN de WIELE

27042014

Annie & Louis sur le Hierro blog Louis & Annie Van de Wiele sur le « Hierro »

En octobre 2011, je descendais à Miradoux dans le Gers pour rencontrer Charles Oliver Cooper, l’héritier et fils spirituel d’Annie Van de Wiele, première femme à avoir fait le tour du monde en voilier (c’était dans la dernière demeure d’Annie, un antique presbytère). Charles était aussi le légataire des archives d’Annie que j’allais explorer pendant des mois.

Une exposition en a résulté (visible jusqu’au 30 avril, voir article de Xavier Vanandruel ci-dessous) ainsi qu’une émission radio réalisée par Thierry Génicot et diffusée le 25 avril passé dans l’émission « Par Ouï-Dire » de Pascale Tison. Mais plus profondément, c’est une amitié posthume qui s’est ancrée en moi admiratif devant l’audace du couple Van de Wiele toujours prêt à remettre ses acquis en jeu pour se lancer dans une nouvelle aventure cependant bien préparée…

Hugues Robaye

CLIQUEZ ICI pour écouter l’émission : Par Ouï-Dire ANNIE VAN de WIELE

dans le désert égyptien blog Dans le désert égyptien, années cinquante




Espaces temps mayaques 2013/2014

8122013

La revue-livre MaYaK est au centre d’un travail inter-associatif et profondément amical et les mois qui viennent l’attestent vraiment : la semaine prochaine, concert à La Fenêtre, salle associative de Tournai, avec Bert Cools, Steve Houben, Arne Van Dongen, Fred Wilbo. Musique inédite (« Mood Music ») & réflexions sur la place de la musique dans la société, sur l’efficacité, les effets de ces ondes qui nous touchen, nous transforment, nous inspirent, nous nourrissent, installent en nous de nouveaux rythmes, de nouvelles harmonies dont notre corps jouit par la suite comme de nouvelles possibilités d’être…

Le 21 décembre 2013, rencontre à Quartiers Latins, place des Martyrs, à Bruxelles autour du périple pédestre de Xavier Vanandruel en Arménie (Une traversée de l’Arménie à pied, Phare Papier). Avec Laurence Mekhitarian (chant) et Benoit Dassy (duduk) : chant et sonorités arméniennes…

En janvier/février 2014, travail inter-associatif avec « Kogl Taaba » & « Caméra&co », au Burkina Faso : des échanges autour de l’agriculture familiale, de la richesse des terroirs, de l’autonomie des régions rurales, expo, film…

En mai 2014 : échange avec « Autour du Feu », l’association de Faezeh Afchary, architecte et céramiste iranienne : nous l’assistons dans l’organisation un « mois iranien » à Tournai, avec expo de jeunes graphistes de là-bas, work-shops de deux professeurs venus de Téhéran, rétrospective Abbas Kiarostami, en présence du réalisateur qui parraine cette manifestation. Concert et rencontres autour de l’architecture et de la poésie persanes/iraniennes. Montrer autrement ce pays, ces cultures que l’on résume trop à l’arme atomique et à la république islamiste… MaYaK s’occupera du catalogue-livre de l’expo qui révèlera plus de 40  jeunes graphistes montrant des événements de la vie culturelle en Iran.

Un document pour reprendre tout cela :

esp temps blog

 

 

 

 

 

 

Et une bonne nouvelle de plus : l’entrée au concert est à 12/10/8 euros! Mais réservez au plus vite!




Venez vivre le printemps mayaque (le 21 mars, 20h05, Maison du Livre, rue de Rome, Saint-Gilles, Bruxelles)

16032013

Venez vivre le printemps mayaque (le 21 mars, 20h05, Maison du Livre, rue de Rome, Saint-Gilles, Bruxelles) dans Afrique arriere-pays_72-300x230 Siège mayaque par Muriel Logist

Rencontres autour du MaYaK 6 et du MaYaK7 en préparation
« Dons, gratuités, échanges » ainsi que des projets en cours, et il y en a…

mais nous serons brefs et rythmés !

MaYaK est la revue livre annuelle de GE !, l’association Groupe Esthéthique !

Son projet ?

Rassembler des savoirs en général cloisonnés : arts, sciences, sciences humaines, artisanats, travail social, travail de la terre… ; travailler la communication de ces savoirs ; varier les formes d’expression : essai, fiction, poésie, entretien.
Et fournir des témoignages d’expériences vécues… Tout cela à travers un travail d’édition (Phare Papier – 12 titres), des expos, un label de musique (Muzifar records), de film (télémayaque), un blog et un département burkinabè (Burkimayak).

Intervenants :
Gaëlle Faïk (Belgique-Congo), psychologue et musicothérapeute ;
Isaia Iannaccone (Italie), chimiste, sinologue et romancier ;
Jean-Claude Kangomba (Congo), écrivain et historien des Afriques ;
Sébastien Verleene (France), architecte ;
Xavier Vanandruel (Belgique), mathématicien, philosophe et écrivain (qui présentera son récit de voyage en Arménie, dernière publication de Phare Papier).

Images :
projection de Villages en savane, court-métrage réalisé en février dernier au Burkina Faso, avec douze élèves d’une école secondaire et l’association ouagalaise « Caméra & co ».

Musiques :
avec le chanteur Madi Niekiema (Burkina Faso), le percussionniste Niambé Hervé Badiel (Burkina Faso),  le joueur de duduk, Benoît Dassy (Belgique). Et un extrait de Room music, le CD accompagnant le MaYaK6, dans son nouvel arrangement pour quatuor.

Lectures :
par Vincent Radermecker, Conservatoire de Bruxelles.

Et le bar…

Renseignements complémentaires:
sur Facebook : « hugues chef mayaque »

dominos-armeniens-72-300x225 dans Arménie salutations-aux-anciens-72-300x220 dans Arne Van Dongen

equilibriste-72-300x201 dans autoconstructionDominos arméniens, salutations aux Anciens, équilibres planétaires et mayaques… Xavier Vanandruel, Ramata Nafissatou Ouédraogo, Nathalie de Vooght




Bergers d’une terre rouge, par Xavier Vanandruel (Phare Papier 2012…)

29122012

Bergers d'une terre rouge, par Xavier Vanandruel (Phare Papier 2012...) dans Arménie xavier-armenie-2-blog-21-9-2010-300x224 Le 21 septembre 2010, monastère de Khor Virap et Mont Ararat

Je me souviens de son retour à Bruxelles, dans sa commune verte, Boitsfort. Il lui a fallu des semaines pour se remettre de ce voyage en solitaire : à pied de monastère en monastère, dans ce lointain, l’Arménie, qu’il avait apprivoisé(e) ici par des rencontres, des livres, et des cartes. Retrouver Bruxelles après ces semaines de simplicité merveilleuse et athlétique ne fut pas facile, même si Xavier vit dans une des dernières fermettes de Boitsfort, tournée vers le jardin en pente dont un tiers est laissé au potager ; le reste planté de fruitiers… Ce qui l’a sauvé de la mélancolie, peut-être, c’est l’écriture au jour le jour, et les recherches qu’il a faites pour densifier son expérience…

Xavier Vanandruel m’a demandé de relire le texte avant son impression. Il m’a fort ému et Xavier me demandait d’écrire un texte de 4, dont voici un extrait : Xavier Vanandruel voyage de préférence à pied et en solitaire. Chemine autant en lui que dans les paysages et leur histoire, dialoguant avec les traditions, les habitants, le présent palpitant ; la nature, la culture… Ce cheminement voulu dépouillé (le strict nécessaire dans son sac à dos) l’ouvre à une méditation continue, émouvante et ténue sur le destin des hommes, aujourd’hui. L’Arménie lui prodigue son hospitalité et sa spiritualité millénaires, richesses et vertus inestimables, qu’il exprime dans une langue discrètement somptueuse.

Et une carte de visite : Né en Belgique, à Ypres, en 1953, Xavier Vanandruel, mathématicien, philosophe et musicien est l’auteur d’un autre récit de voyage, À pied vers la Mer Noire (2007) et d’un roman, Le temps comme un présent (2009) qui mêle à une fiction des questionnements scientifiques. Il est le rédacteur en chef de la revue-livre MaYaK.

Saluons aussi le très beau travail de mise en page et de conception de la dessinatrice et graphiste, Julie Fouret.

 Xavier Vanandruel, Bergers d’une terre rouge : Une traversée de l’Arménie à pied, Potterée, Phare Papier (Histoires mayaques), 2012. Photos de XV et dessins de Julie Fouret.

15 euros, chez Tropismes ou Quartiers Latins (Bruxelles) ou sur commande : info@mayak.be

HR 

Un entretien avec Xavier dans l’émission de Radio Une « Le Monde est un Village » (Didier Mélon) sera programmé en janvier.

xavier-blog-1-6-10-2010-blog-150x112 dans connaitre le monde Dominos, le 6 octobre 2010




Soirée maYaque – 100 papiers

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Soirée maYaque – 100 papiers dans Afrique 100-papiers-72-blog-168x300

Présentation de la revue mayaque 6 qui est sortie il y a peu …

Madi Niekiema, Yingré, ou « racines » en burkinabè … comme les motifs sur l’instrument de musique de Madi, … et la librairie, aux fenêtres qui nous renvoient les reflets des branches extérieures, les arbres, oui, ces arbres, ces branches, ces racines, qui nous relient, qui nous animent, nous relient à l’extérieur, au monde, du local (la librairie) au monde que nous racontent tour à tour, les intervenants de cette soirée maYaque :

Isaia Iannaccone, Sébastien Verleene, Jah Mae Kân, Xavier Vanandruel, Madi Niekiema, Chef mayaque. Sinologie, histoire des sciences, poésie, histoire africaine, musique, chanson, cartographie, habitats groupés, permaculture, Chine, Burkina Faso, Mali, Aminata Traoré… Les matières du MaYaK6 et celles à venir…

Ces mains, celles de Jah Mae Kân et de Madi Niekiema, ces mains qui jouent en rythme, ces mains qui jouent dans cette librairie, qui jouent et rythment les entretiens des intervenants de cette soirée. Avec Jean-Pierre Dusoulier, (conteur), qui lit – dit – des extraits de la revue. Chacun donne, chacun partage, chacun témoigne d’une expérience vécue, ici ou là. Et cette librairie devient un espace – l’espace ? –… un (autre) monde se dessine, où l’homme pourra retrouver un sens, un juste milieu. Un équilibre entre l’Homme et son environnement, entre l’Homme et ce monde – et cet espace, où se reflète la vie des arbres, au-dehors.

Des racines de l’instrument de musique de Madi Niekiema, aux arbres à l’extérieur, qui se reflètent dans les fenêtres de la Librairie Cent papiers, s’écrit et se partage une (autre) histoire … une histoire de reliance à notre environnement, à la terre, aux arbres, une autre histoire qui se raconte – aussi – et qui nous invite à effeuiller – et feuilleter  –  la revue maYaque …

Anouk Brouyère

 

mains-blog-300x168 dans Alice Bossutmains-blog-2-300x168 dans Arménie

mains-blog-3-200x300 dans Burkina Faso Anouk Brouyère pour les photos. Les mains de Maximilien, Madi, Jean-Pierre, Isaia…

100-papiers-72-blog2-300x200 dans Cent Papiers




Petit hommage au Schumacher qui ne roulait par en Formule 1

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Petit hommage au Schumacher qui ne roulait par en Formule 1 dans Bernard Lédéa Ouédraogo Schumacher21-150x150

Après avoir regardé cette vidéo, j’ai eu vraiment envie d’écrire un petit texte sur l’économiste anglais Ernst Friedrich Schumacher (1911-1977).

Ce qui m’a laissé admiratif à la lecture (pas du tout récente et qui agira toujours en moi) de Small is Beautiful, de Good work et de sa biographie (écrite par sa fille), c’est… c’est beaucoup de choses… Quelques unes parmi bien d’autres :

Qu’il replace l’économie dans une vision globale de ce que devrait, pourrait être la vie ici-bas, l’épanouissement lié de l’homme et de la nature.

Qu’il recherche dans les économies traditionnelles comme celle de l’Inde des petits marchés, et surtout celle de Gandhi, des idées fondamentales pour penser et vivre notre rapport aux choses et à la production. Qu’il soit en cela un précurseur de la « simplicité volontaire ».

Qu’il fustige le critère économique – devenu presque absolu – de la rentabilité, expliquant que, bien évidemment, ce qui relève, par exemple, du « secteur culturel » ne peut et ne doit pas être rentable, mais qu’une société qui pour des questions d’argent qui se passerait de mises en forme par la culture, se passerait par la même occasion de sens et de finalités subtiles… La culture comme mise en forme suggestive de l’expérience humaine, pas la culture de salon : la culture pour mieux vivre, cela ne doit pas être rentable : c’est un service que le « créateur » rend à sa communauté, non ? Donc le critère de rentabilité ne doit pas appliqué à toute action ou entreprise humaines…

Son concept de technologie intermédiaire : concevoir des outils facilement réparables et dont la personne soit propriétaire, sans s’endetter à vie. Un exemple : les tracteurs qu’il avait conçu pour un pays d’Afrique, légers, n’écrasant pas les sols, d’une mécanique rudimentaire et costaude et ses ouvriers qui partaient en vacances en Afrique pour montrer le maniement et expliquer comment réparer la bête de somme d’acier mais aussi et surtout pour rencontrer l’autre et ses manières de vivre. Théorie mise en pratique dans son entreprise.

Schumacher éco(no)logiste, qui montrait combien la « croissance économique » était impossible à l’infini, une question de common sense bien évidemment, tout le monde comprend cela (et là je repense à l’article de Xavier où il évoque Orwell et sa confiance en la réflexion courante des gens, en le bon sens…). Tout le monde comprend cela et pourtant…

Schumacher, soucieux de la qualité du travail (Good work, what is it ?). Du bonheur de l’homme… Et de concevoir un temps de travail réduit, une ère de « loisirs » inventifs, vivifiants.

Schumacher avec son humour anglais (voyez cette séquence vidéo), fruit de convictions tranquilles se déployant dans l’action… « Nothing to loose, a lot to give », Fela Ransome Kuti… Of course…

Je repense à Bernard Lédéa Ouédraogo, le sociologue burkinabè formé à Paris mais qui vainquit, malgré cela, la famine au Yatenga (Burkina Faso).

La recherche-action pour intensifier les rayonnements endogènes.

Hugues Robaye

La vidéo et d’autres, peu de temps avant la disparition du divin économiste:

Schumacher répond aux questions

 




En Arménie III, Xavier Vanandruel

28092010

Troisième billet du voyageur, ce même jour, le 28 septembre

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Les Arméniens n’ont pas cette stratégie d’évitement devenue chez nous une norme de comportement (que chacun fasse ce qu’il veut, je m’en écarte et m’en préserve), ma présence ici suscite leur interrogation. Pour me demander « Mais que faites-vous donc ici ? », mon interlocuteur capte mon regard avec le sien perplexe, tandis que sa main, à hauteur de taille, décrit une sorte de mouvement circulaire, paume tournée vers le haut. Essayez, c’est très expressif, je trouve ! Chez nous, un tel geste prêterait vite à la vulgarité. Mais une particularité de l’Arménie, précisément, est qu’elle échappe largement à la vulgarité, y compris la vulgarité capitaliste marchande. Même les rares publicités ici paraissent respectueuses. 

Un routard irlandais de rencontre me dit que c’est le seul pays au monde où un chauffeur de taxi, vous voyant marcher au bord de la route, vous proposera d’embarquer sans la moindre rétribution. Pour moi, rentrant dans un bistro et commandant un café arménien (nous dirions turc), je me suis vu offrir du vin de grenade par le patron, heureux de trinquer avec moi, et refusant que je lui paie le café que j’avais pris…

Presque à chaque fois que je plante ma tente, un berger vient me saluer, me demander si je n’ai besoin de rien et me mettre garde contre les medved (ours) et les volk (loups), m’encourageant à faire un feu.  En définitive, je crois que ce sont les bergers qui m’auront témoigné le plus de sympathie et d’amitié. C’est à eux que ma présence là et  mon périple semblaient les plus naturels.  Je n’y pense pas sans émotion.

Xavier Vanandruel 




In Armenia II: Xavier Vanandruel

28092010

Deuxième billet de Xavier qui continue son périple pédestre (envoyé par mail le 28 septembre) :

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Johannes est un jeune scientifique allemand qui va commencer un stage au centre astronomique de Garni, près d’Erevan. En attendant, il parcourt l’Arménie. Je le croise à Dilijan. Dans son sac à dos, Les frères Karamazov de Dostoievski et Être et temps de Heidegger. Je suis troublé car ce sont là des lectures qui m’ont été très importantes quand j’étais jeune comme lui. Je sens une proximité et lui aussi je crois. Nous avons une discussion passionnante sur le déterminisme. Y croire, est-ce une attitude scientifique ou métaphysique? Ou plutôt des éléments scientifiques actuels ne s’opposent-ils pas à cette attitude? (pour les spécialistes: les violations expérimentales des inégalités de Bell et d’autres plus récentes)… 

Je retrouve Johannes après avoir visité à pied les monastères d’Hagartsin et Goshavank (c’est là mon voyage: un tour à pied des monastères médiévaux d’Arménie). Ce qui me frappe dans ces monastères qui, aux alentours du 13e siècle, concentraient l’activité intellectuelle du pays, c’est leur taille réduite, en particulier les dimensions de la salle d’études et de la bibliothèque. Aujourd’hui nous pensons mieux connaître le monde grâce à des équipements scientifiques lourds, dévoreurs d’espace et de ressources. Son fonctionnement, oui. Mais le monde lui-même? Ne vaut-il pas la peine d’aller à sa rencontre avec peut-être l’un ou l’autre livre dans son sac à dos? 

Dans un hôtel de montagne, à Tsaghkadzor, je rencontre Karina. Karina a une ascendance russe et allemande; elle est professeur de piano et de chant au conservatoire. Elle joue sur le piano blanc de l’hôtel des airs de Gershwin ou des mélodies légères italiennes, avec une parfaite mise en place et une vraie délicatesse. Elle porte des habits en jeans; ses cheveux encadrent un visage déjà fort creusé. Comme souvent les Russes, elle me donne l’impression de vivre une perpétuelle mise en scène. J’écris cela sans charge péjorative, simplement la vie serait un théâtre ou chacun a à tenir son rôle. 

À l’opposé, c’est au monastère de Kecharis, dans la même ville, que je croise Charik. Jeune, grande, les cheveux noirs bouclés, portant une robe en satin mauve et un voile blanc, je l’ai d’abord prise pour une touriste iranienne. Mais Charik est venue jouer de l’orgue et chanter pour un office à la liturgie millénaire. Elle chante simplement,  est simplement là, présente, comme la rose d’Angelus Silesius dont parle Heidegger, qui est sans pourquoi, fleurit parce qu’elle fleurit, n’a souci d’elle-même, ne désire être vue. 

Ici encore, les catégories se brouillent. Où est l’adéquation à notre temps? Dans ces mélodies  de Broadway ou cette musique sacrée venue du fond des âges? 

Xavier Vanandruel 




Back to Armenia : Xavier Vanandruel

4092010

Xavier Vanandruel, pilier mayaque – si je puis dire –, nous envoie ce billet d’Arménie où il chemine à l’aventure…

[Le 31 août 2010, 18h34, un mail de Xavier arrive à ses amis :] 

armonast011.jpg 

Une Ukrainienne, qui a vécu quelque temps en France, me disait:  » Tu sais la différence entre un habitant de Kiev et un Français, quand je les croise sur un trottoir?  Le Français fait spontanément un écart de côté, l’habitant de Kiev pas. Legs du communisme… »  Peut-être, mais me voici dans les montagnes d’Arménie, une autre ancienne république soviétique, sur un plateau herbeux. Et ces points mouvants, là-bas, au bord du sentier que j’emprunte, deviennent, quand j’approche, des moutons et leur berger appuyé sur un bâton (il peut rester ainsi des heures). Il s’écoule encore beaucoup de temps, où bruissent les insectes et pèse le soleil sur la terre sèche et les herbes roussies, avant que je le croise et que nous nous saluions en échangeant nos regards et un sonore « Barev tsez! » Peut-être, voyant que je suis étranger, me demandera-t-il, en russe cette fois: « Kouda idiottié » (Où allez-vous?), ou « Vouill outkouda? » (D’où êtes-vous?). Il me proposera de l’eau, et peut-être un bout de fromage. 

Je pense qu’il y aurait lieu d’esquisser, sur fond des caractères géographiques, une topologie des relations humaines. Les termes pourraient en être empruntés à la topologie mathématique: distance, voisinage, ouvert, fermé, isolé, accumulation… 

Tandis que je plante ma tente près de l’église du monastère d’Akhtala, aux magnifiques peintures  murales du 13e siècle, que je peux contempler grâce à Eteri, qui a la clef de la porte, le prêtre de l’endroit vient me saluer et me conseiller d’orienter ma tente vers le soleil levant, comme le sont d’ailleurs – j’ai dû le remarquer –, les tombes d’Arménie. Car c’est de là que reviendra le Christ, comme il est dit dans les Écritures, et ce sera peut-être déjà cette nuit même… Autant être face à Lui au moment de se relever et le saluer. J’acquiesce mais demande quand même intérieurement un délai. La veille, j’avais mangé excellemment dans un restaurant au bord de la route qui longe la rivière Debed. Je demandais au patron qui, il n’y a pas si longtemps, vivait encore dans un village des hauteurs, pourquoi il ne signalait pas son restaurant, que rien ne laissait deviner, par une inscription. 

 – Pourquoi ?, me répondit-il, tout le monde dans le coin sait bien que c’est un restaurant… »

 Xavier Vanandruel (présenté en toute amitié par Hugues)  




Le temps comme un présent, Xavier Vanandruel

30032010

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Eh voilà, le roman de notre rédac chef (MaYaK), Xavier Vanandruel, vient de sortir.

Le temps comme un présent. Un présent, un cadeau. Un cadeau du ciel, le temps. Un cadeau de la terre et des hommes… Le roman, une plongée sensible dans le présent humain, dans le temps dense de l’instant…

Coopérant au Congo pendant deux ans, Jean rentre dans son pays et reconstruit un petit monde autour de lui. Une maison à la campagne, un groupe d’amis, un café concert où l’on se réunit, des femmes qu’on apprend à connaître, une mère déclinante qui se livre doucement. Un séjour à la mer avec la mère, un voyage à Prague avec une femme artiste et l’Afrique qui revient à lui quand un ancien collègue immigre avec sa famille…

Un roman intimiste et sensible où le narrateur mathématicien, confronté à l’émouvante fugacité de la vie, développe, en un fil continu, une réflexion sur le temps, sur l’instant, l’éternité et la création…

Un extrait (la voix intérieure de la mère de Jean) :

« J’entends mon souffle… Lorsque j’étais une enfant, je le retenais au fond de ma poitrine, pour que rien ne s’échappe de ma joie ou de ma souffrance, de mon espoir ou de ma peur. Et au moment où je n’en pouvais plus je courais, cette fois à perdre le souffle, à le chasser avec les battements de mon cœur, guettant des bras qui pourraient me soulever, accueillir mon abandon.

Le souffle maintenant m’habite, il pénètre jusque dans mes doigts noueux et mes épaules usées… Un jour il me prendra délicatement et me déposera sur le sable… Et je reposerai dans la lumière, sans plus de crainte ou d’espérance, car la mer restera à jamais étale, portant en ses fonds le temps du monde… »

Xavier Vanandruel, Le temps comme un présent, Potterée, Phare Papier (Histoires mayaques), 2010, 224p, 10 euros.

 







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