RINO NOVIELLO à Lessines, le 29 avril à 18h30…

14042017

Image3 cabaret des oiseaux 2 Tchéquie & Dendre…

C’est en parcourant « La p’tite gazette de la transition », le trimestriel de « Mons en Transition », que j’ai fait la connaissance de RINO NOVIELLO.

Un entretien était consacré à ce photographe et cinéaste ; il projetait Présent simple, l’un de ses documentaires, qui montre le quotidien de deux jeunes membres de l’association écologique « Les Amis de la terre », ayant pris la décision, lentement mûrie, d’aller vivre en Tchéquie, en roulotte, à l’emplacement d’anciens potagers communautaires, cultivant notamment une variété de simplicité volontaire…

Dans un autre numéro, Rino Noviello développait une réflexion sur la place du travail dans nos vies, sur nos façons d’entreprendre au sein d’une nature qui nous porte et/mais que nous détruisons. Il faisait référence aux « positive entrepreneurs », un réseau qui rassemble des initiatives entrepreneuriales respectueuses du bien-être et de l’épanouissement du travailleur comme de la nature…

J’apprenais qu’il avait été à l’origine de « Mons en Transition », de la locale montoise des « Amis de la Terre » et qu’il avait fondé avec un groupe d’amis un éco-centre à Ghlin (près de Mons). Éco-centre Oasis, selon l’appellation que donne Pierre Rabhi à des lieux d’espoir : même un lieu déshérité, s’il est habité par des personnes qui rayonnent d’un projet solide et harmonieux, peut devenir une oasis

Je découvrais cette oasis avec Rino : maison restaurée avec des matériaux bio lors de chantiers de volontaires internationaux (et nationaux) ; serre, four à pain et pizzas, potager ouvert chaque semaine et travaillé en permaculture, stages divers, projection, etc.  http://www.ecocentre-oasis.be/

 

Produire, consommer, vendre, acheter, il n’est pas prouvé que cela rende heureux… Que va-t-on faire de nos vies ? À quoi allons-nous nous consacrer ? Quel travail pour quel monde ?

Par son travail-vie, RINO NOVIELLO (qui a fondé sa scrl – société coopérative à responsabilité limitée – « Picturimage » et s’implique dans un réseau d’associations),  cherche et explore systématiquement des réponses à ces questions.

Un long entretien avec lui, dans le MaYaK8. Et nous souhaitions l’inviter à Lessines pour échanger autour de ces alternatives d’espoir…

Ce sera au « Cabaret des Oiseaux » (où Marianne Uylebroeck organise chaque mois des concerts), le long de la Dendre, le 29 avril, à 18h30.

Projection du documentaire Présent simple, rencontre avec RINO NOVIELLO et présentation du MaYaK8 qui sort le 20 avril !

Boissons et assiettes mixtes.

PAF ? En début de séance, Rino nous parlera de la notion de « participation consciente » que développe l’ « Université du Nous », un chapeau de l’artiste remodelé…

Hugues Robaye




Room Music à Comines et Lessines

22102012

Room Music à Comines et Lessines dans Arne Van Dongen room-music-blog-150x112

C’est magique. Ellezelles, le Marni, Comines, Lessines hier… Le cd « Room music » (en résonance avec le MaYaK6) est devenu le nom d’un quatuor avec un répertoire (et un personnel) élargi.

Kathy Adam, Steve Houben, Jacques Pirotton, Arne Van Dongen. D’une prestation à l’autre, je suis émerveillé par la générosité de ces solistes réunis dans une bonne humeur visible. Jacques au jeu si subtil, ténu et décisif en même temps ; une guitare libre qui s’éloigne et se rapproche des autres instrumentistes pour dialoguer alors, souvent avec humour. Bien sûr le jeu de Steve avec ce souffle grésillant, si proche du Rien, qui conclut souvent ses solos. La contrebasse d’Arne bien en avant, parfois nerveuse, parfois douce et ses compositions émouvantes (notamment les « refusés » de 37 témoins (le film de Lucas Belvaux dont notre ami a composé la musique), comme il les présente avec drôlerie). Le violoncelle de Kathy et ses vagues qui soutiennent l’intervention des autres solistes et par moment, ses répons graves. 

Quelle musique ouvragée, comme enluminée… Je dois écrire des bêtises… J’en parlais d’ailleurs hier au pianiste de jazz Fred Wilbo et nous échangions autour de la notion de plaisir qu’il trouvait décisive : ressentir du plaisir avec force est un critère d’appréciation si pas suffisant du moins nécessaire et tout de même déterminant !

Répertoire élargi. Compositions de Steve, notamment cet étonnant arrangement d’une musique élisabéthaine pour sax et violoncelle. Composition amusante et endiablée du guitariste Bill Frisell, avec qui Jacques et Steve ont travaillé ; pièce qui met tellement en évidence la complicité du quatuor… L’univers d’Arne étrange et doux comme cette composition pour une amie disparue ou celle pour un atelier à la prison de Leuven (Louvain), « pour les soi-disant meurtriers ». Une balade de Jacques, celle de Sarah dans la neige. Le travail en superposition progressive de Kathy, des vagues sonores en méditation avec J. S. Bach…

Et surprise, la chanteuse Danièle Copus, de sa superbe voix grave, nous chantait une chanson de Sting sur la fragilité humaine. Accordée avec les musiciens une heure plus tôt…

Magique et émouvant d’entendre au rappel, le morceau final (ce fut le cas dans les trois concerts) : Potterée mayaque, que Steve dédie au chef mayaque présent dans la salle.

Selon moi, l’accord musical est un modèle de monde (et d’ailleurs les anciens Chinois y voyaient l’harmonie de l’univers que reflétait le gouvernement de l’empire). Par excellence, il fait entendre que quelque chose est possible sur notre belle et bonne planète au pillage (d’après le titre du livre tristement augural de Fairfield Osborne).

Chapeau bas et toute ma gratitude, Arne, Jacques, Kathy et Steve ! Début de l’année prochaine à La Fenêtre, à Tournai, on remet ça ! « Ca », mais c’est en fait toujours autre chose. Vivent les belles métamorphoses, la vie en mouvement, d’un dynamisme thermodynamique.

Avant Comines (Komen), Room music enregistrait à Ronse (Renaix) une démo. Plaise aux esprits qu’elle devienne un cd !

 HR




« Bruxelles Aires » chez Marianne Uylebroeck, sur les quais de Lessines

22062012

Le monde des quais, Marianne Uylebroeck

Lessines (Hainaut belge) est une ville morte bien vivante. On le sent directement, quand on s’approche de la maison de Marianne Uylebroeck, en ce 17 juin, un dimanche après-midi ensoleillé. 

Les eaux sombres et presque immobiles de la  Dendre, les quais en pierre de taille, comme un déjeuner sur l’herbe à côté de l’eau ; des gens qui devisent devant la porte ouverte de la maison. J’aperçois tout cela et je m’approche. De l’autre côté de la rivière canalisée, l’imposante malterie du siècle passé qui a brûlé l’année dernière. Pignons de briques rouges en ruine romantique ; par le trou des fenêtres on voit des poutres calcinées qui plongent et le bleu du ciel. Plus loin, sur l’autre rive du canal, la tour de déchargement rouillée et classée, vestige de l’activité des carrières de porphyre. À gauche, les écluses et le chemin de halage qui mène à Grammont – on y va en vélo. Il est bordé d’une colline broussailleuse, ancien site d’une carrière. Et puis ce chapelet de bâtiments à caractère industriel dont on ne parvient plus à déchiffrer l’affectation originelle, aujourd’hui transformés en habitations ou laissés à l’abandon. Ensemble biscornu et beau, perdu dans un présent oublieux.

Et voilà Marianne qui avance sur le chemin de halage, entourée d’une louvoyante équipe de télévision… Il y a concert chez elle cet après-midi. Et la télévision régionale « Notélé » n’a pas manqué cet événement (d’ailleurs mensuel). C’est l’anniversaire de Marianne, et ses amis musiciens sont venus la fêter.

Bruxelles Aires tango orchestra, une formation : deux chanteuses musiciennes (Monique Gelders à l’accordéon diatonique et Lola Bonfanti à la contrebasse), un pianiste (Dan Barbenel), un violoniste, Josselin Moinet (il confie sa guitare occasionnelle à une jolie spectatrice qui la couche délicatement sur ses genoux). Nous sommes une quarantaine dans le salon de Marianne…

Donc musique ! Tango ? Un répertoire varié : des chansons de Carlos Gardel, des mélodies instrumentales des années 30, le tango nuevo d’Astor Piazzola.  Une suite bien orchestrée de morceaux de tonalités chamarrées : du drame noir de la saudade éternelle, la mélancolie amoureuse, la passion aux scènes jaunes comiques, aux rires complices avec le public. Une mise en scène : un café-théâtre de musiciens. Certains d’entre eux jouent aussi dans les Baladins du Miroir. De courts commentaires plaisants sur les lieux de danse et les compositeurs argentins (ou français, puisque l’un des tangos a été composé par Josselin !). C’est Monique qui s’en charge. Et puis Lola, la contrebassiste soprano se mêle, enjôleuse, au public, chapeau rouge tendu et s’arrête devant les hommes qu’elle séduit de sa voix d’opérette. Tout cela dans un enchaînement bien pensé. Le public est joyeux.

Les musiciens invitent Marianne (occupée à couper les délicieuses tartes qu’elle allait proposer plus tard) à les accompagner. Elle arrive avec son accordéon.

C’est que Marianne est accordéoniste virtuose et pédagogue (parmi ses innombrables élèves, on compte notre gracieuse collaboratrice, Muriel Logist et aussi un certain Didier Laloy…).

Je suis à gauche au premier rang à 50 centimètres de Dan, le pianiste écossais. Je regarde le public fasciné par cette atmosphère de cabaret.

C’est l’entracte.

Je sors, une Quintine (bière d’Ellezelles) à la main. Générosité des musiciens : la première partie fait une heure, la seconde 45 minutes ! Lessines des bons airs et eaux !

Je pense à ces réseaux qui changent notre monde discrètement, à ces organisations citoyennes qui donnent espoir, in spite of, selon la devise du grand John Cowper Powys. Et je murmure : merci Marianne. La ville morte palpite sous mes pieds.

HR

BXL-aires-blog-150x113 dans Marianne Uylebroeck Dan et Josselin, une photo de José Moya, un spectateur venu de Colombie

Lola-blog-114x150 dans tango Lola, par Marianne Uylenbroeck

Marianne-blog-150x114 Monique et Marianne, par la photographe inconnue que nous remercions







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