« L’espoir » de Ahmad Shamlou par Faezeh Afchary-Kord et Cécile Hecq, 8 octobre 2016, Art dans la Ville, Tournai

27092016

art dans la ville 2016 avec rond




Jardins suspendus

24102015

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Je descends du train. Il fait déjà nuit et il bruine. J’essaie de m’orienter. Des passagers se dirigent vers la fin du convoi, d’autres remontent le quai direction locomotive. Je commence par suivre les premiers. La gare a disparu. J’aperçois les lumières de la place qui la bordait naguère, me retourne et cherche des yeux le container géant qui remplace maintenant l’ancienne gare ; il fait froid. Je dois donc rebrousser chemin. Je distingue enfin la passerelle de fer qui surplombe les voies. Je monte. Ça ne glisse pas ; le plancher métallique humide est percé de minuscules cratères antidérapants. J’arrive au baraquement SNCB – infraBEL mais sur piédestal – puis en redescends. En face de moi, le périphérique engouffre son trafic bruyant dans un tunnel aux néons. Sous mes pieds, un trottoir de ciment grossier : je longe une palissade ornée d’une banderole au graphisme dynamique et contemporain : « Mons 2015, capitale de la culture, c’est par ici » (des flèches). Les gens se pressent vers l’ancienne place de l’ancienne gare. Un homme me frôle ; il me semble qu’il y a bien des obstacles à la culture, c’est comme un labyrinthe et je me pose une question grave : comment accéder à la culture ? En voiture sans doute (avec le souci de trouver une place de parking). Je continue à divaguer : et en 2016, que deviendra la culture, sera-t-elle moins capitale ? Non, les villes et les campagnes resteront en permanence des hauts (ou modestes) lieux de culture. Robert Filliou : « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art. » Je salue à ma droite les grues qui construisent la nouvelle gare pour Mons 2015, capitale de la culture (c’est par ici).

Labyrinthe fléché… Je repense à ces grands jeux au cœur de l’été, proposés aux citoyens d’ici : le labyrinthe de tournesols sur la grand place (Vincent Van Gogh a vécu et peint pas loin, mais pas ces fleurs-là, ici) et puis cette autre activité (vue sur RTL et qui occupait les rues de la Mons 2015 capitale de la culture, c’est ça) plus dans le genre d’un tableau de Magritte (ou de Serge Poliart) : il aurait montré un immense jeu de dominos, mais au lieu de représenter des pièces qui construisent un réseau, le peintre les aurait malicieusement placées à la verticale et la toile aurait fait voir l’impulsion donnée au premier domino gagner les autres s’écroulant à leur tour. Un truc dynamique qui aurait pu s’intituler : « Malaise dans la civilisation » ou prendre le titre d’un livre récent : « Comment tout peut s’effondrer. »

Je débouche enfin sur cette place sans gare, sans arrivée ni destination. La place de la culture dans nos vies : je me rappelle le penseur peul Boubacar Sadou Ly, rencontré au Burkina Faso en février passé : la culture est là sur les gens, lisible sur leur corps animé qui porte et révèle leurs expériences de vie, une culture qui rayonne à partir des corps, des rayonnements uniques, particuliers, que chacun nourrit, entretient… Je rêve, et pourtant… 

C’était aussi au cœur de l’été ; Florine m’avait parlé du « Jardin suspendu ».

Nous avions visité le lieu et depuis, il m’avait habité, et continue de le faire.

Le Jardin suspendu sur les remparts de Vauban, au-dessus de l’ancienne boulangerie militaire. Jardin suspendu, un rempart, cette fois, à ce qu’on peut appeler de façon très pratique le « consumérisme productiviste » : rempart non-violent. Un groupe de jeunes architectes (et bâtisseurs-bricoleurs) venus d’Europe (ConstructLab) a fait revivre et métamorphosé un jardin public oublié. La nature avait déjà commencé le travail, les arbres avaient proliféré et le collectif le continuait sans coupe sauvage.

Nous y étions : dans ce petit bois aux taches de lumière, résonnaient les coups de marteau, les rengaines de scie. Un parc village s’achevait : un réseau de sentiers reliait l’« île de la réunion », agora centrale en pleine lune et gradins de bois (spectacles, discussions de quartier, ateliers herbes médicinales, yoga…), au four à pain (et pizzas) ; aux jeux pour enfants ; aux ruches ; à un potager bio ; à une rangée de cabanes (logements légers, librairie d’échange, résidences d’artistes, brasserie). Des toilettes sèches un peu plus loin.

Sur mon chemin, je croise une pancarte qui me demande : « Tu sais pourquoi tu es ici ? ». Ici et même ailleurs, pourquoi ? Ici ? Je songe au Burkina, à l’espace public africain, informel et au nôtre si cadenassé (aux habitats légers, sobres et heureux, qui font peur…). Ici, sur ce piédestal en pierre de taille, tout était revisité, inventé, réinventé, repris comme depuis le début des temps, par un groupe de jeunes supervivants (mot de Chesterton). 

Une ville en miniature, un « Mons invisible », selon l’appellation que ce groupe de joyeux innovateurs avait empruntée à Italo Calvino : « Nous nous approchons peut-être d’un moment de crise de la vie urbaine et les Villes Invisibles sont un rêve qui naît au cœur des villes invivables. » Ce rêve prenait réalité et formes ici. Et je me mettais à en faire un autre : que ce qu’on appelle nos « politiques » aient un jour, enfin, eux aussi, un projet de société, de vie en commun, de partage, qui nous enthousiasmerait, aussi subtil, pensé, vivant, habité, drôle, que celui-ci (et m’apparaissait un « premier ministre » en visite dans ces jardins suspendus, curieux des formes de vie autonomes que les citoyens qu’il représente et de qui il se soucie du bonheur, mettent en œuvre). 

Chef mayaque (en uniforme de carabinier : le Jardin entre aujourd’hui en hibernation, mais rouvrira au printemps…)

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Cure de silence et de nuances. Éric Fourez & Baudouin Oosterlynck

13102015

Péruwelz 001 blog Péruwelz 002 blog

« L’art, c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art » : Robert Filliou. Je m’en persuadais encore plus ce dimanche matin, dans la salle lumineuse d’Arrêt 59, en présence des grandes toiles blanches d’Éric Fourez & des objets expérimentaux de Baudouin Oosterlynck. « Salle d’expositions », espace de résonances, d’échanges vibratoires, espace de présence amplifiée, de présence dynamique – des forces nous atteignaient – des lignes (ou traits) de forces, aussi.

Ce jour-là – le 10 octobre – les deux artistes recevaient les visiteurs et participaient à un monde invisible de Thierry Génicot. Baudouin expliquait qu’il avait parcouru l’Europe à vélo à la recherche de lieux de silence total, où le corps physique sentant est livré à l’espace-temps, revit les origines de la présence, du sentir, et concentré, exorbité, perçoit les masses d’air et les sons des pressions atmosphériques qui le maintiennent à terre mais lui font aussi parcourir les airs. Cure de silence, cure comme soin attentif porté à un organe de la perception, à, sans doute, la plus subtile richesse dont nous disposons comme humain : les sens qui nous enracinent dans le ciel et la terre, dans une sobriété heureuse du désir : que vouloir de plus que de vivre cette présence extasiée ?

Une cure, je repense souvent à la montagne magique de Thomas Mann (où le personnage rend visite à un ami dans un sanatorium et finit par y rester) ; les montagnes magiques, les plages magiques, les ciels magiques, les carrés de prairie magique (un exemple donné par Éric Fourez : le réel devient hyper réel quand notre corps percevant se perd dans la contemplation d’un m² d’herbe, quand notre moi pesant s’oublie).

Baudouin emprisonne l’air dans des objets d’expériences reliés à nos oreilles par un stéthoscope. De la main, je presse une éprouvette close sur un objet en bois auquel sont reliées des languettes métalliques que mes ongles frôlent ; mon doigt peut tapoter une soucoupe qui précède les lamelles ; les vibrations se transmettent vers mes oreilles, concentrées par la masse d’air enclose dans l’éprouvette reliée à mes tympans par le stéthoscope. Je suis tout au son, un espace s’ouvre en moi que mon corps, mon contact créent. C’est intense, intime et large, nouveau, inattendu, il suffit de varier un peu le toucher des doigts et les vibrations infimes résonnent en moi autrement, ouvrent d’autres possibilités : la vie (vous l’aurez reconnue). Les vibrations, les sons nous occupent, comme un pays en paix devrait l’être…

Attention et concentration, extase matérielle, comme écrivait Le Clézio : Éric photographie les plages les dunes, l’estran et à partir de ces photos hyperréalistes et en en même temps minimalistes, il peint de très grandes toiles (au tissé extrêmement dense et qui donne l’impression d’une texture proche du sable ou de la poudreuse)  où sur fond « blanc », des traces apparaissent, celles laissées par la mer, chaque fois différentes selon notre position, chaque fois réorganisées par les marées. André Dhôtel écrivait que la meilleure façon de représenter un champignon, c’est l’aquarelle. Car un champignon, un désert, une dune ou une plage ne sont jamais les mêmes, changent de place, de couleur dans le moment, dans le temps, comme la vie. Il y a de quoi se sentir déplacé et vulnérable, et aimer ces présents pleins et fragiles. L’incessante mobilité des choses les plus ténues et modestes. Notre humilité bienveillante à y répondre.

Dans les très grandes toiles d’Éric, mon regard se projette se perd, ma vision est entièrement envahie par cette surface, mon corps y est comme absorbé ; mes yeux fascinés par le relief des traits de cette peinture minimaliste, hyperréaliste, un terme curieux pour ce que l’on voit, mais le peintre y tient : c’est bien là la réalité profonde, dynamique de la plage ; sa trame (et pas les chromos de vacances sursaturés!). Ramener les sens à l’origine et les laisser explorer cette espèce de chaosmos (un chaos qui s’ordonne constamment de façon éphémère) dont parle Kenneth White (Blanc…)

Faire voir la douceur des nuances de l’instant, faire entendre les vibrations infimes de l’air, c’est au fond, faire aimer la présence au monde et y ramener…

Baudouin disait que l’ « artiste » sentait quelque chose en lui qu’il devait faire sortir, sans trop savoir quoi, ni comment ; que ça venait et qu’il apprenait à se connaître à force de donner de nouvelles formes à cette nécessité. L’artiste changeait à mesure qu’il inventait, qu’il entrait en lui et en extrayait ces nécessités qu’il y sentait naître. Artiste dynamique, en gésine continuelle. Dans l’étonnement, la surprise, la crainte parfois qui se dissipait à écouter sa voix qui parlait dans ce micro de verre dont le bouchon de caoutchouc ne laissait pas passer les basses… Haute vie, haute mer, haute note !

Belle organisation d’Arrêt 59 ! Thierry Génicot interrogeait les deux artistes, aussi exigeants que modestes. Michel Voiturier les resituait dans l’histoire des arts tout en exprimant aussi leur singularité irréductible, leur démarche spécifique et les deux maîtres amicaux de s’interroger mutuellement sur l’origine de leur démarche : Éric, tu devrais raconter ton expérience du désert, des dunes, du regard, de l’égarement bénéfique, car les plages, au fond, c’est ce que tu y as retrouvé ?

Deux maîtres… On parle de « pères spirituels » ; oui, et les pères chromatiques ?

Hugues Robaye

« Par l’œil et par l’oreille » Éric Fourez & Baudouin Oosterlynck

Foyer culturel « Arrêt 59 », à Péruwelz (la ville la plus baroque de Belgique)

Du 27-9 au 8-11-2015 / www.arret59.be

Péruwelz 003 blog Péruwelz 004 blog




Le salut au soleil

26102014

Mahzad Rostami

Cette photo de Mahzad Rostami, jeune artiste iranienne,m’a semblé « iconic » pour prendre un mot anglais qui m’est resté en tête, je ne sais trop pourquoi, continue à résonner et à m’intriguer, à vouloir me dire quelque chose (employé pour présenter le chanteur anglais Morrissey au début d’un de ses concerts). Je ne sais pas ce que veut dire au juste ce mot, mais je lui associe un sens : l’image par excellence de quelque chose…

Ce selfie de Mahzad (publié sur Facebook) a été fait, je le croirais, pour heurter ma mémoire. Dimanche, je revoyais les premières images du film Le merle chanteur d’Otar Iosseliani, des séquences qui nous rappellent notre immersion dans le temps gratuit, les dons du présent : un voile agité par le vent, les ramures balancées, les ombres des nuages qui avancent… Et puis l’accueil du matin, de la lumière. Toutes ces choses simples qui sauvent et donnent espoir… Qui nous rappellent l’indifférence de la nature vis-à-vis de nos menées volontaristes dont elle souffre à en mourir… Nous rappellent, à vrai dire, l’ « amour », la « compassion » à la Jiddu Krishnamurti… Qui font que le premier critère d’action sur le monde devrait être ce respect pour le cosmos…

Mahzad a donné une affiche pour Le lointain de près : Un Iran de jeunes graphismes. Tisser des liens entre sociétés civiles, l’amitié des peuples, un souci plus que jamais d’actualité…

Hugues Robaye

Mahzad 002




TARAANEH SABA au daf / un Iran de jeunes graphismes

10052014

36 Tahereh Mohebi Taban blog  concert iranien 7 mai 2014 fb2

L’exposition « Le Lointain de Près, Un Iran de jeunes graphismes », à La Maison de la Culture de Tournai (avec MaYaK comme co-organisateur), le 7 mai passé : une soirée poésie musique avec FAEZEH AFCHARY-KORD, MARIE-CHRISTINE DEGRAEVE (Conservatoire de Tournai) & TARAANEH SABA, musicienne et professeure de musique iranienne.

Sur un poème de RÛMI qui accompagne une des affiches du catalogue : « Unity builds the future », de TABEREH MOHEBI TABAN

« Tu es ici pour unir

et non séparer »

écouter l’extrait




Un chemin pour s’évader

13102013

 Un chemin pour s'évader dans Frédéric Dambreville img_1445-112x150     img_1447-112x150 dans Quartiers Latins

 

Un chemin pour s’évader  Peintures,dessins, gravures de Frédéric Dambreville, exposition à la librairie Quartiers latins, place des Martyrs, Bruxelles

J’ai beaucoup aimé les tableaux qu’expose Frédéric, et je crois que c’est aussi le cas des autres visiteurs de cette précieuse librairie bruxelloise. S’évader, mais de quoi? me suis-je demandé. Peut-être du simulacre de liberté que nous vante la société de l’universelle marchandise. Peut-être plus fondamentalement de l’inquiétude propre à  notre condition humaine, au temps, au terme. In-quiétude et s’é-vader n’ont-ils pas des significations premières proches, celles d’un mouvement, ici de l’âme?  Chez Frédéric ce mouvement dessine un monde  végétal, vigoureux par aspects mais souvent aussi  avec des inflexions, une lueur, un détail qui nous ramènent à ce qui m’apparaît comme une tendresse humaine, ou une branche où se poser.

A voir jusqu’au 31 octobre

Xavier Vanandruel




L’ange de Barlach

17082013

L'ange de Barlach dans Elisabeth de Fontenay ange-de-barlach-92x150

Dans son roman autobiographique  Amour et ordures, l’écrivain tchèque Ivan Klima ( cf l’évocation et l’interview de Klima dans le MaYak 6) évoque l’ange de Barlach, qu’avec son amante il voit dans la cathédrale de Güstrow, en Mecklembourg- Poméranie. Plus tard encore, quand celle-ci désespère de ce qu’elle croit être alors la vanité de son métier de sculpteur, il lui rappelle cet ange.

J’ai vu avec Sabine à Guströw l’ange qu’a sculpté Ernst Barlach. Nous étions émus. Aussi sans doute parce que pour le visage de l’ange, Barlach s’est inspiré de celui sa consoeur et amie Käthe Kollwitz, et que de celle-ci nous avions déjà été touchés plus d’une fois par les oeuvres: aux musées qui lui sont consacrés à Berlin, ou en Flandre à Koekelaere, ou, en Flandre encore, au cimetière de Vladslo. Et peut-être aussi à cause des anges du film Der Himmel über Berlin (Les ailes du désir) de Wim Wenders.

Comme Klima le rappelle, l’ange de Barlach fut retiré à la fin des années 30 parce que contraire aux valeurs du national-socialisme. Sans doute après fut-il fondu pour fabriquer des munitions et c’est un autre exemplaire, caché et sauvegardé, qui fut replacé après la guerre dans la cathédrale. Celle-ci contenait aussi  lors de notre passage des panneaux rappelant la persécution des Juifs, avec cette question lancinante: est-ce que vraiment les habitants de Güstrow pouvaient prétendre qu’ils ignoraient le sort de leurs concitoyens juifs? Déjà dans la cathédrale de Rostock avions-nous pu voir une exposition d’hommage  aux réfractaires et déserteurs de l’armée nazie, en grande partie fusillés. Je dois dire que cette volonté persistante de repentir des Allemands (ou plutôt d’une part de ceux-ci) force mon admiration. Les Turcs aujourd’hui se grandiraient à suivre cet exemple.

Guströw se trouve sur la piste cyclable Berlin-Copenhague. Nous avons un peu emprunté cette piste, lors d’une balade à vélo d’une semaine en Mecklembourg-Poméranie, aussi le long de la Baltique. Beaucoup de pistes pour les vélos, le long de la mer ou le long de champs peu pulvérisés, où fleurissent les coquelicots et les bleuets. De grands bois jusqu’au rivage même de la Baltique, des petites villes calmes dans cette région la moins peuplée d’Allemagne, moins encore avec l’exode dû au manque de travail, peu de circulation ou d’agression publicitaire, des soirées de douceur et de silence sur les places aux vieilles façades à pignon.

Le contraste est d’autant plus grand alors quand au retour on se retrouve, pris au dépourvu, dans un hôtel d’affaires de la partie ouest du pays. En particulier le petit déjeuner est tellement copieux, ou plutôt débordant,avec une telle débauche de cochonnailles de toutes sortes, que ne sauraient neutraliser les fruits découpés et aseptisés, que c’en devient obscène. Dans son ouvrage Le silence des bêtes, la philosophe française Elisabeth de Fontenay, associe, avec prudence mais détermination, l’abattage industriel des animaux à l’Holocauste  (elle le peut bien, elle dont la famille de la mère a pour une grande partie péri à Auschwitz). Peut-être les Allemands n’achèveront-ils leur conversion que lorsqu’ils auront regardé en face leur mise à mort industrielle des animaux d’élevage.

De retour chez moi, un voisin italien, fonctionnaire à la Commission européenne, m’entendant évoquer ce voyage cycliste, demande avec ironie: la Poméranie, est-ce possible qu’on trouve le soleil là-bas? Je mets un peu de temps à comprendre le schéma de pensée : partir en voyage=partir en vacances=partir à la recherche du soleil <-> Poméranie???  Je réponds platement: nous avons eu de la chance, il a fait beau tout le temps. Mais il s’est déjà écarté.

 

Xavier Vanandruel

Outre l’ange de la cathédrale, on peut aussi visiter à Güstrow l’atelier de Barlach et toute proche  une salle d’exposition consacrée à ses oeuvres.

Le  musée Käthe Kollwitz à Berlin est situé Fasanenstrasse. 24 dans le quartier de Charlottenburg

La tour-musée  Käthe Kollwitz à Koekelaere est fermée pour rénovation jusque début 2014; on a toujours accès au cimetière proche de Vladslo où se trouve la sculpture des « parents en deuil« 

 




Venez vivre le printemps mayaque (le 21 mars, 20h05, Maison du Livre, rue de Rome, Saint-Gilles, Bruxelles)

16032013

Venez vivre le printemps mayaque (le 21 mars, 20h05, Maison du Livre, rue de Rome, Saint-Gilles, Bruxelles) dans Afrique arriere-pays_72-300x230 Siège mayaque par Muriel Logist

Rencontres autour du MaYaK 6 et du MaYaK7 en préparation
« Dons, gratuités, échanges » ainsi que des projets en cours, et il y en a…

mais nous serons brefs et rythmés !

MaYaK est la revue livre annuelle de GE !, l’association Groupe Esthéthique !

Son projet ?

Rassembler des savoirs en général cloisonnés : arts, sciences, sciences humaines, artisanats, travail social, travail de la terre… ; travailler la communication de ces savoirs ; varier les formes d’expression : essai, fiction, poésie, entretien.
Et fournir des témoignages d’expériences vécues… Tout cela à travers un travail d’édition (Phare Papier – 12 titres), des expos, un label de musique (Muzifar records), de film (télémayaque), un blog et un département burkinabè (Burkimayak).

Intervenants :
Gaëlle Faïk (Belgique-Congo), psychologue et musicothérapeute ;
Isaia Iannaccone (Italie), chimiste, sinologue et romancier ;
Jean-Claude Kangomba (Congo), écrivain et historien des Afriques ;
Sébastien Verleene (France), architecte ;
Xavier Vanandruel (Belgique), mathématicien, philosophe et écrivain (qui présentera son récit de voyage en Arménie, dernière publication de Phare Papier).

Images :
projection de Villages en savane, court-métrage réalisé en février dernier au Burkina Faso, avec douze élèves d’une école secondaire et l’association ouagalaise « Caméra & co ».

Musiques :
avec le chanteur Madi Niekiema (Burkina Faso), le percussionniste Niambé Hervé Badiel (Burkina Faso),  le joueur de duduk, Benoît Dassy (Belgique). Et un extrait de Room music, le CD accompagnant le MaYaK6, dans son nouvel arrangement pour quatuor.

Lectures :
par Vincent Radermecker, Conservatoire de Bruxelles.

Et le bar…

Renseignements complémentaires:
sur Facebook : « hugues chef mayaque »

dominos-armeniens-72-300x225 dans Arménie salutations-aux-anciens-72-300x220 dans Arne Van Dongen

equilibriste-72-300x201 dans autoconstructionDominos arméniens, salutations aux Anciens, équilibres planétaires et mayaques… Xavier Vanandruel, Ramata Nafissatou Ouédraogo, Nathalie de Vooght




Villages en savane

4032013

Villages en savane dans Afrique tournage-300x224 Le 22 janvier 2013, tournage de Villages en savane.

L’année passée, nous faisions un voyage au Burkina Faso. Un des objectifs : découvrir le Burkina endogène. Un livre suivra à ce sujet… Nous visitions un village, Bendogo, et imaginions des échanges avec les associations que nous rencontrions. Un peintre nous accompagnait, Ivo Moussa, qui faisait une douzaine de dessins rehaussés plus tard à l’aquarelle. Nous photographions. Le village était mis en images. Images intégrées à mon retour à des documents décrivant des projets d’échanges…

Cette année en janvier et février, retour à Bendogo. Nous allons plusieurs fois au village avec un double objectif: tourner un court-métrage avec une douzaine d’enfants du secondaire, en collaboration avec l’association ouagalaise, Caméra & consorts, François d’Assise Ouédraogo et Jupiter Moumouni Sodré. Les élèves n’avaient jamais utilisé d’appareils photos. Le stage se passe au mieux…

La dernière semaine de mon séjour, nous projetons le film devant plus de 200 habitants du village et des villages avoisinants. Il fait nuit, nous sommes dehors, davant la maison des jeunes; nous avons apporté un projecteur, un ordinateur, un écran cousu par Issouf, le tailleur de Nafissatou; un matériel d’amplification du son, un groupe électrogène. Nous sommes arrivés dans la camionnette du « Théâtre du Progrès », prêtée par son animateur, Zouli Ouédraogo. Les spectateurs sont touchés.

Deuxième objectif qui prendra plus de temps: éditer une brochure sur les richesses naturelles et culturelles de Bendogo.

Travail de valorisation, de conscientisation, prélude à d’autres échanges, notamment agroécologique (voir ci-dessous)…

Visionner \ »Villages en savane\ »

Hugues Robaye & Ramata Nafissatou Ouédraogo

tournage-2-300x224 dans Caméra & consorts Le 23 janvier 2013, Bendogo (Kadiogo).




« Unexposed » réunissait les œuvres de 40 jeunes femmes iraniennes

30122012

« Unexposed » réunissait les œuvres de 40 jeunes femmes iraniennes dans ceramique catalogue-expo-iran-16-12-2012-001-fb-300x224 Mariam Ashkanian Ganjah, « Epitome 1 » – embroidery – 150 cm x 150 cm

Le dimanche 16 décembre 2012, je me rends à Bruxelles en train.

Rendez-vous avec Laurence Warnier, à la gare centrale : nous nous rendons ensemble à Tour et Taxi, voir une exposition : « Unexposed » qui réunit les œuvres de 40 artistes iraniennes. La plupart de ces travaux n’ont jamais été exposés dans les musées ou galeries iraniennes en raison de la censure du régime.

 J’y vais, curieuse. Sans connaître « grand-chose » de ce pays, juste un peu de ce que la « Grande Histoire » raconte (des noms, des dates et autres références politico-religieuses …).

Et des vagues idées véhiculées ici – des stéréotypes ? – …

Que sais-je donc de L’Iran ?

Et de la liberté ? Et de la censure ?

Pas grand-chose donc. Mais une envie de découvrir, oui. Autrement.

Visages et corps s’imposent à mes yeux, dans beaucoup de ces œuvres.

Dans tous leurs états : de la nudité au vêtement qui cache.

Certaines des œuvres retiennent mon attention.

Ici, des cheveux, de vrais cheveux, accrochés sur un grand cadre-miroir, où l’on se voit. Et à côté : un autre cadre, montrant la photo d’une femme –  tête rasée – .

Dans cet état, elle peut paraître – sans avoir à cacher ses cheveux - ?

Faezeh Afchary-Kord (une amie de Laurence et d’Hugues, iranienne, et artiste qui réalise des porcelaines) me dit : « oui, les cheveux de la femme sont mal vus en Iran, ils ont une connotation sexuelle, ils doivent être cachés … oui »)

Là : une autre œuvre capte notre regard à Laurence et moi.

Grand format (150 cm x 150 cm). Au premier coup d’œil, difficile de déterminer ce que ça représente. Du relief, c’est évident, du souci du détail et de finesse : une multitude de petites « marques noires » sur fond blanc (écru ?) … qui forment comme une écriture ?, en cercles, multiples, se resserrant, avec, au centre, une forme – « froissée », et un creux qui se dessine, vertical. A regarder de plus près, la matière se précise: du tissu – blanc -, et des fils – noirs – , cousus. Et l’image du sexe féminin, m’apparaît évidente.

Œuvre touchante – belle et fine – où je perçois une dimension universelle : le lieu de l’identité de la femme, son lieu de conception et de naissance.

Et ces petits fils cousus évoquent en moi aussi une idée de bouche cousue – des lèvres cousues ? – la parole, l’expression, la pensée, opprimée, enfermée, censurée ? …

 (Photo 1 : Mariam Ashkanian Ganjah, « Epitome 1 » – embroidery – 150 cm x 150 cm)

 Encore une autre œuvre ici :

Une photo d’une femme, œuvre carrée (110/110 cm). La photo, en grand, en damier noir et blanc, cadrée « photo d’identité ». Reproduite, en multiples exemplaires, (des rouges, des noirs), plus petits, et des noms, des adresses, des cases à remplir, des gros traits rouges, – comme des chemins qui se recoupent, se croisent, en « circuit » fermé … comme un labyrinthe – pas d’issue possible – où la personne ne serait réduite qu’à une photo d’identité – où la personne, dans ce labyrinthe de gros traits au marqueur rouge, perdrait SON identité - en recherche d’identité, de liberté (un visa ? une envie de quitter son pays ?) – … quête-perdue-dans-un-espace-étriqué-trop-cadré-circuit-fermé ? – …

 (Photo 2 : Mahdockht Kasaei Nasab, « I have gotten lost my own maze » – 110 cm x 110 cm)

Ce dimanche aussi, table ronde autour du théâtre en Iran : méconnu ici.

Et : « Untitled » (du 16 au 19 décembre) : des lectures publiques de pièces iraniennes, traduites en français, et portées, dites par des comédien(ne)s.

Ce dimanche, 2 lectures, j’évoque le second texte lu, qui réunit 5 femmes.

« L’espace scénique » dépouillé, pas de décors, les 5 femmes alignées devant le public, dans une pièce qui s’étire très étroite et très longue.

Huis-clos, 5 femmes, trois générations, qui s’expriment, dans cet espace: un appartement, dans une ville : les murs invisibles de cet appartement, qui s’incarnent dans les murs de la pièce étroite et longue où on se trouve, les murs qui coupent du monde extérieur, cet espace où l’on ne peut s’exprimer « librement ».

Je regarde, j’écoute, et je « sais » – ou plutôt : je sens – …

Ce que je ressens, ce que je pressens, ce que je perçois, à travers toutes les œuvres de ces  40 jeunes femmes artistes iraniennes, et ces lectures de pièces :

Pas La Grande Histoire. Non.

Mais « les petites histoires », dans la Grande.

Ce que je sens, ce que je vois, ce sont des œuvres, de jeunes femmes, qui expriment des messages forts, des vécus, des émotions.

Leurs émotions – exprimées – par elles en « huis-clos », dans un cadre oppressant – opprimant – mais par là même aussi stimulant? – … des émotions ressenties, à l’extérieur, hors leurs frontières, hors du cadre de la censure, … ressenties ce dimanche 6 décembre à Tour et Taxi, à des milliers de kilomètres du pays où ces œuvres sont nées …

La censure et les pressions exercées sur les femmes particulièrement en Iran, n’arriveraient donc pas à mettre à genou leur soif de liberté ? Les sentiments d’isolement, et d’enfermement, qui découlent logiquement de cette censure, et que peuvent éprouver ces femmes, forcent et stimulent – aussi – peut-être – leur imaginaire ?

Et à travers ces « petites histoires », ces œuvres, ces textes : des questions universelles : l’identité (féminine), la quête de liberté, le rapport au corps et à l’espace, cet espace où nous évoluons – tous – et qui aussi nous relie.

Et me fait dire - aussi – la nécessité que nous avons, de prendre conscience de cet espace, de notre environnement, et l’importance de pouvoir s’y mouvoir et s’y exprimer librement, et en harmonie avec les autres, et avec soi-même. Question d’équilibre en soi … et dans le monde ?

L’expo « Unexposed » n’est plus visible à Tour et Taxi depuis le 25 décembre… (le chef mayaque aurait pu publier plus tôt, ndlr)

Anouk Brouyère

PS : Plus d’infos sur ces pièces, ici : http://lecturesmaps.wordpress.com/16-decembre-2012/

catalogue-expo-iran-16-12-2012-002-fb-blog-300x224 dans connaitre le monde Mahdockht Kasaei Nasab, « I have gotten lost my own maze » – 110 cm x 110 cm

 







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