Le salut au soleil

26102014

Mahzad Rostami

Cette photo de Mahzad Rostami, jeune artiste iranienne,m’a semblé « iconic » pour prendre un mot anglais qui m’est resté en tête, je ne sais trop pourquoi, continue à résonner et à m’intriguer, à vouloir me dire quelque chose (employé pour présenter le chanteur anglais Morrissey au début d’un de ses concerts). Je ne sais pas ce que veut dire au juste ce mot, mais je lui associe un sens : l’image par excellence de quelque chose…

Ce selfie de Mahzad (publié sur Facebook) a été fait, je le croirais, pour heurter ma mémoire. Dimanche, je revoyais les premières images du film Le merle chanteur d’Otar Iosseliani, des séquences qui nous rappellent notre immersion dans le temps gratuit, les dons du présent : un voile agité par le vent, les ramures balancées, les ombres des nuages qui avancent… Et puis l’accueil du matin, de la lumière. Toutes ces choses simples qui sauvent et donnent espoir… Qui nous rappellent l’indifférence de la nature vis-à-vis de nos menées volontaristes dont elle souffre à en mourir… Nous rappellent, à vrai dire, l’ « amour », la « compassion » à la Jiddu Krishnamurti… Qui font que le premier critère d’action sur le monde devrait être ce respect pour le cosmos…

Mahzad a donné une affiche pour Le lointain de près : Un Iran de jeunes graphismes. Tisser des liens entre sociétés civiles, l’amitié des peuples, un souci plus que jamais d’actualité…

Hugues Robaye

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TARAANEH SABA au daf / un Iran de jeunes graphismes

10052014

36 Tahereh Mohebi Taban blog  concert iranien 7 mai 2014 fb2

L’exposition « Le Lointain de Près, Un Iran de jeunes graphismes », à La Maison de la Culture de Tournai (avec MaYaK comme co-organisateur), le 7 mai passé : une soirée poésie musique avec FAEZEH AFCHARY-KORD, MARIE-CHRISTINE DEGRAEVE (Conservatoire de Tournai) & TARAANEH SABA, musicienne et professeure de musique iranienne.

Sur un poème de RÛMI qui accompagne une des affiches du catalogue : « Unity builds the future », de TABEREH MOHEBI TABAN

« Tu es ici pour unir

et non séparer »

écouter l’extrait




LE LOINTAIN DE PRES : UN IRAN DE JEUNES GRAPHISMES

19042014

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MaYaK/Phare Papier participe donc à l’organisation d’un mois iranien à Tournai, centré sur une exposition : 65 affiches de graphistes jeunes (et quelques-uns moins jeunes) qui illustrent la vie culturelle d’aujourd’hui dans ce grand pays méconnu. MaYaK/Phare Papier a conçu le catalogue. Non, le livre-catalogue! Car on peut considérer cette publication comme un MaYaK hors-série, vivant de l’intérieur, avec gravité, curiosité et humour.

 Un texte continu accompagne ces 65 images et forme une mosaïque de petits tableaux sur la vie des Iraniens. Par ailleurs, 20 affiches d’étudiants en graphisme de l’Académie des Beaux-Arts de Tournai entrent en dialogue avec ce lointain vu de plus près. Un Iran de jeunes graphismes pour dire qu’à partir de ces images naît un Iran, pas l‘Iran car un pays, une population sont tellement multiples. J’ai préféré « graphismes » à « graphistes » pour insister sur le côté impersonnel ou supra-personnel d’une création qui déborde toujours l’individu, sur le trait ou le geste du dessinateur qui, en Iran, est presque toujours calligraphe; sur la magie et la puissance incontrôlables des images qui font sentir, percevoir, connaître d’une manière si justement irrationnelle…

 Au fond, ce livre conçu en amitié avec Autour du Feu, l’atelier galerie de l’architecte et céramiste Faezeh Afchary-Kord, nous aimerions qu’il participe modestement au « rapprochement des peuples » (ça fait sourire), des sociétés civiles souvent oubliées par les sacro-saintes « actualités » et occultées par différents pouvoirs qui les utilisent plus qu’ils ne les servent.

 Entourés de ces 85 belles images vivantes, nous pourrons écouter de la musique, de la poésie, une conférence sur l’architecture… Voir le programme ci-joint ! Et puis, de retour de Cannes, le grand cinéaste Abbas Kiarostami passera deux jours à Tournai.

 Hugues Robaye

 

 




Affectivité mayaque

19042014

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Il y a une affectivité mayaque. Une manière de se laisser toucher, émouvoir par l’autre, par tout ce qui n’est pas notre corps dans ses limites floues et ses extensions infinies. L’affect, comme l’action des lumières qui touchent les papiers photographiques et l’âme du maître photographe qui intervient… Dans la démarche mayaque, dans l’enquête mayaque, dans l’organisation mayaque, cette affectivité est au cœur ; il s’agit d’une certaine relation au « savoir », prudente (dans le sens aristotélicien de la prudence qui fait que la personne est attentive aux différences et se conforme à elles pour approcher avec délicatesse l’autre) ; comment en effet approcher l’autre pour le sentir, le percevoir, effleurer ses silhouettes, fixer un moment – illusoirement – ce qu’on a perçu de lui, en une expression artistique, un texte, une image, etc. ? Une affectivité mayaque, une sensibilité à la fragilité des phénomènes, une bienveillance eu égard à cette mortalité que porte chaque chose en elle. Je reste imprégné par la manière dont les Grecs appelaient les hommes « des mortels » tout comme par cette prise en considération fondamentale par le philosophe Heidegger de l’être à la mort…  Phénomène : cet autre qui apparaît, que nous ne connaîtrons jamais mais en compagnie duquel nous aménageons une rencontre, un croisement éphémère. Toujours dans un hors-cadre. Sans formalisme, en essayant d’écarter les formalismes. Toujours nus. Toujours dans la vie, un savoir vital, généreux, gratuit, dans l’humour et l’amour. Écarter la peur (méditation tantrique continue, imperceptible), faire en sorte que la peur n’apparaisse même pas ; être rayonnant, être « aristocrate du soleil » (DH Lawrence) car la rencontre de l’autre devrait y porter. Être accueillant, hospitalier, amical. Dans un échange naturel d’énergies qui se partagent (taoïsme).

Sans doute les circonstances me font penser à cela : la semaine prochaine, arrive en Belgique celui qui m’a confié les archives de sa mère spirituelle, Annie Van de Wiele. Je me souviens de ce voyage à Miradoux, dans le Gers, cette « Toscane française » où s’intégraient mes pensées du moment. De Charles Oliver Cooper qui me détaillait précisément le contenu de ces caisses d’archives qu’il m’avait préparées avec soin. Archive est un mot poussiéreux qui pourtant contient tout une vie intime accessible à peu. Je remontais en Belgique et j’explorais ces documents d’où émanait une vie audacieuse qui se formaient, en ce temps d’études, devant mes yeux, la vie de la première femme à avoir fait le tour du monde en bateau, puis à avoir réalisé – avec « son capitaine » – des rêves (hors cadre) ; cette vie, une sorte de modèle, dans le sens où elle questionnait et questionne(ra) les nôtres ; un point de repère suggestif. Là, c’était dans le cadre de mon travail rémunéré que cette affectivité mayaque se faisait sentir, débordant ce cadre. Il s’agissait pour moi de recomposer la vie d’une femme que je n’avais pas connue et qui devenait une amie posthume. Je devenais un gardien de sa vitalité qui survivait à la mort, me nourrissant de ce qu’Annie avait laissé, exprimé de sa vie…  

Autre circonstance englobante, le vernissage du « Lointain de Près : un Iran de jeunes graphismes » au terme de ces semaines de recherches sur les cultures perso-iraniennes, en dialogue avec Faezeh Afchary-Kord et un réseau de liens qui s’est amplifié jour après jour. Ces jours en pleine affectivité/sensibilité mayaques, où je mettais en page un catalogue livre qui jour après jour enregistrait des trouvailles visant à faire sentir ce lointain : la société civile iranienne. Le grand mage John Cowper Powys, conférencier survolté, se disait un « charlatan de la culture », de ces hommes qui vantent avec un enthousiasme communicatif des potions qui font mieux vivre, et lui, ses potions, c’était Homère, Héraclite, Thomas Hardy… qu’il incarnait dans sa parole et son corps animé, gesticulant, possédé, hors cadre académique… Je garde ce modèle précieusement. Au fond, ce travail dans la gratuité et l’amitié conjuguées est sans doute le plus important. Des soutiens, des sympathies viennent d’un peu partout et c’est comme si on inventait en contact avec toutes ces matières – que ce soit les récits de vie d’Annie ou cette récolte et composition de détails vivants qui forment au bout du livre un Iran –, c’est comme si on avait la puissance (DH Lawrence) d’inventer un monde où l’échange avec l’autre se fasse dans la tranquillité, la bienveillance, la lenteur, la surprise, l’étonnement, l’amitié, la pensée des différences et des complémentarités, dans un jardin éternel.

Hugues Robaye




Espaces temps mayaques 2013/2014

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La revue-livre MaYaK est au centre d’un travail inter-associatif et profondément amical et les mois qui viennent l’attestent vraiment : la semaine prochaine, concert à La Fenêtre, salle associative de Tournai, avec Bert Cools, Steve Houben, Arne Van Dongen, Fred Wilbo. Musique inédite (« Mood Music ») & réflexions sur la place de la musique dans la société, sur l’efficacité, les effets de ces ondes qui nous touchen, nous transforment, nous inspirent, nous nourrissent, installent en nous de nouveaux rythmes, de nouvelles harmonies dont notre corps jouit par la suite comme de nouvelles possibilités d’être…

Le 21 décembre 2013, rencontre à Quartiers Latins, place des Martyrs, à Bruxelles autour du périple pédestre de Xavier Vanandruel en Arménie (Une traversée de l’Arménie à pied, Phare Papier). Avec Laurence Mekhitarian (chant) et Benoit Dassy (duduk) : chant et sonorités arméniennes…

En janvier/février 2014, travail inter-associatif avec « Kogl Taaba » & « Caméra&co », au Burkina Faso : des échanges autour de l’agriculture familiale, de la richesse des terroirs, de l’autonomie des régions rurales, expo, film…

En mai 2014 : échange avec « Autour du Feu », l’association de Faezeh Afchary, architecte et céramiste iranienne : nous l’assistons dans l’organisation un « mois iranien » à Tournai, avec expo de jeunes graphistes de là-bas, work-shops de deux professeurs venus de Téhéran, rétrospective Abbas Kiarostami, en présence du réalisateur qui parraine cette manifestation. Concert et rencontres autour de l’architecture et de la poésie persanes/iraniennes. Montrer autrement ce pays, ces cultures que l’on résume trop à l’arme atomique et à la république islamiste… MaYaK s’occupera du catalogue-livre de l’expo qui révèlera plus de 40  jeunes graphistes montrant des événements de la vie culturelle en Iran.

Un document pour reprendre tout cela :

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Et une bonne nouvelle de plus : l’entrée au concert est à 12/10/8 euros! Mais réservez au plus vite!




Une chronique persane des inadéquats et ratés parfaits. « Lire Lolita à Téhéran » par AZAR NAFISI…

30062013

Une chronique persane des inadéquats et ratés parfaits.  Azar NAFISI à 20 ans

« Ma fille Negar rougit chaque fois que je le lui dis. Son extraordinaire obstination, la passion avec laquelle elle défend ce qu’elle considère comme juste vient de ce que sa mère a lu trop de romans du XIXe siècle quand elle l’attendait. » (p239) 

« Voilà comment il faut lire la fiction, en inhalant l’expérience qu’elle vous propose. » (p160)

« Un roman est l’expérience à travers nos propres sens d’un autre monde. » (p160)

« Un bon roman est celui qui fait apparaître la complexité humaine et crée assez d’espace pour que chacun des personnages fasse entendre sa voix. C’est en ce sens que le roman est dit démocratique – non pas parce qu’il appelle à la démocratie mais de par sa nature même. » (p189)

Ces quelques extraits résument ce que j’ai envie d’appeler l’horizon de croyance d’Asar Nafisi quant à la puissance du roman, de la littérature… C’est chinois ancien d’écrire que la littérature est une nourriture importante au moment de la gestation ; de même qu’elle soit comparable à de l’air qu’on respire mais ce ne sont pas des métaphores…

Le roman est fondamentalement démocratique, dans ce sens bien particulier qu’il demande au lecteur de l’ « empathie » (le mot d’Azar) pour la complexité dans laquelle nous évoluons : le monde, et pour les personnages toujours contradictoires et qui ont tous droit, également, à l’existence dans ce cadre du roman.

Pourtant, contrairement à ce que ces extraits pourraient faire croire, Lire Lolita à Téhéran n’est pas un livre de philosophie de la littérature même s’il est écrit par une professeure d’université qui enseigne la littérature anglo-américaine en Iran et qu’il décrit, en partie, les cours et le milieu des étudiants persans après la chute du Chah, pendant la révolution islamique. Le lecteur participe aux cours que donne Azar Nafisi, mais la lecture et l’interprétation des romans permettent en fait aux étudiantes (plus qu’aux étudiants mâles favorisés par le régime) de se réfléchir, de se projeter, de se situer, de comprendre par exemple leur vie sacrifiée à l’autel du rêve d’un guide suprême : en ce sens, elles sont toutes des « Lolita » (premier roman analysé au cours)… Fitzgerald, James, Austen, Conrad suivent : l’interprétation de leur œuvre structure les grandes parties du livre et problématise d’autres pans de l’existence sacrifiée des étudiantes qu’elles n’ont même pas le droit de formuler dans la vie de tous les jours : idéaux, sexualité… Alors, romans et vie quotidienne se superposent ; le monde imaginaire du roman permet de concevoir d’autres possibles… La littérature (peut) sauve(r) de l’aliénation, la langue du roman étant à l’antipode de celle des idéologies, simpliste et mécanique…

Lire Lolita à Téhéran, est une chronique de la République islamique vécue de l’intérieur ; une chronique écrite comme un roman : avec tous ses personnages complexes, contradictoires, jamais monoblocs. Les islamistes sont islamistes en des dosages chaque fois particuliers, plutôt intransigeants et castrateurs certes, mais parfois développant des formes de tolérance… Azar Nafisi a appliqué à cette chronique autobiographique émouvante les principes du roman, qu’elle enseigne par ailleurs et applique dans ses commentaires de textes… Mises en abime. On tourne des pages de l’histoire mais dans l’empathie pour ses acteurs qui intimement doutent toujours de ce qui se passe autour d’eux et essaient de comprendre… Excellente manière pour un lecteur d’approcher l’actualité, l’histoire d’une culture, un peuple qui se révèle ainsi ami… Avènement de Khomeyni, guerre Iran/Irak, bombardements, gardiens de la Révolution, mort de Khomeyni ; j’ai suivi cela à la télévision, au mieux dans les journaux mais ici, on fraternise (en 468 pages) avec une universitaire frémissante et idéaliste, rentrée en Iran après la chute du Chah (qu’elle espérait depuis les États-Unis où elle étudiait), puis rapidement déçue avant d’être horrifiée par les diktats du pouvoir politico-religieux. Pourtant la mort de l’Ayatollah Khomeyni ne la laisse pas indifférente : des sentiments contradictoires l’habitent… Les bombardements, les maisons éventrées sont décrites dans leur horreur chaotique. Très suggestif pour un lecteur occidental qui peut ainsi approcher avec empathie cette complexité historique que la chronique/roman vraie met en forme…

Comment célébrer justement un ami en quelques lignes ? Car le roman devient un ami…

Un dernier extrait sur la longue robe noire et le voile :

« Il m’arrivait de rentrer mes mains sous les manches presque inconsciemment et de toucher mes jambes ou mon ventre. Est-ce qu’ils existent ? Et moi, est-ce que j’existe ? Ce ventre existe-t-il ? Cette jambe ? Ces mains ? Malheureusement les gardiens de la révolution et de l’ordre moral ne voyaient pas le monde avec les mêmes yeux que moi. Ils voyaient des mains, un visage, du rouge à lèvres rose. Ils voyaient des mèches de cheveux et des chaussettes contraires au règlement là où il n’y avait pour moi qu’un être éthéré qui descendait la rue sans faire de bruit. C’était l’époque où je me répétais, et répétais à qui voulait l’entendre, que les gens comme moi étaient devenus inadéquats. » (p236)

Hugues Robaye (MaYaK Autour du Feu organisent un mois iranien à Tournai/Lille en mai 2014)

Azar Nafisi, Lire Lolita à Téhéran, 10/18

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La grâce éternelle de l’intraordinaire : « Comme tous les après-midi » de ZOYÂ PIRZÂD

25052013

La grâce éternelle de l'intraordinaire :

« Depuis trois millénaires, le tapis est l’expression la plus raffinée de l’art persan. » écrit Serge Michel dans son éclairant, Marche sur mes yeux : Portrait de l’Iran aujourd’hui.

En savourant les si gracieuses nouvelles du recueil de Zoyâ Pirzâd, Comme tous les après-midi, je me disais que tous les motifs de ces courtes histoires, d’une simplicité et sobriété autant exemplaires que belles s’entremêlaient pour former un tissu précieux, « symbiose de l’art mystique et de l’art de vivre », comme ajoute Serge Michel. Une mystique ? Celle alors du temps qui est comme un enfant qui joue au tric-trac,  le temps de l’ « intraordinaire », du temps éternel qui naît de cette lenteur des journées simples, à la maison, près du jardin, dans les rues, avec un enfant…

Dans un entretien, Zoyâ avance sous forme de boutade que les femmes sont plus intéressantes que les hommes… Les nouvelles de Comme tous les après-midi partent en tout cas de la conscience d’une femme qui s’abandonne au temps de la journée, quand elle se retrouve seule après le départ du mari, des enfants. Pas de féminisme ici ou une forme révolutionnaire, un renversement à 180 degrés : la femme libérée du travail rémunéré est dans une densité de présence que l’homme au travail n’atteint jamais (et une seule nouvelle met en contraste et en scène un homme passé heureusement à la retraite et qui découvre une autre vie).

Alors de quoi est fait ce tissage intraordinaire des jours ? Maison et rue, solitude des gestes simples, fenêtre, observation, rêves, acceptation malicieuse, mari, enfants, cuisine, lenteur, famille proche et éloignée, économie (lois de la maison), entraide, gestes entraperçus, souvenirs, générations, joies simples, répétition nécessaire de gestes, tâches de la journée, vie suspendue à un fil modeste et nécessaire, croisement de motifs, d’expériences, hasards, délicatesse du simple, du ténu, du léger, du grave, de l’éternel, du lent ; grâce, poésie, bienveillance, douceur, émotion, jardin, arbre, vent, enfant, couleurs ; plaisirs ténus tissés en motifs à l’intérieur d’une courte histoire ou d’une histoire à l’autre. J’énumère simplement car la phrase et la langue de Zoyâ Pirzâd atteignent un tel degré de sobriété et grâce poétique que les événements minimes des jours ressortent avec vivacité et s’assemblent spontanément…

Hugues Robaye

Zoyâ Pirzâd, Comme tous les après-midi, LdP, 5 euros.

Serge Michel et Paolo Woods (photos), Marche sur mes yeux : Portrait de l’Iran aujourd’hui, Grasset, 22 euros.

Mois iranien à Tournai mai/juin 2014.




BEHDAD BABAEI & DAVID AFGHAH, quand la musique raconte une histoire

1052013

BEHDAD BABAEI & DAVID AFGHAH, quand la musique raconte une histoire dans Abbas Kiarostami behdadbabaiinavidafghahuntitled-300x212

« Ils racontent une histoire ! Cette musique accompagne souvent des récits traditionnels parfois accompagnés de danse, des épopées du quotidien. Elle montre l’âme de l’Iran, par les sons qui passent de la tristesse à la joie, par des nuances de colères, d’indignation : une musique imitative. L’Iranien, le Perse peut changer de sentiment très vite ! » Behdad Babaei et Navid Afghah venaient de quitter la scène et je m’étais tourné vers Faezeh pour lui dire : « Époustouflant ! ». Le joueur de setar (petit luth à 4 cordes), Behdad, et Navid, le joueur de tombak (sorte de tambour qui ressemble au djembé) venaient d’improviser à partir de « gusheh », motifs mélodiques appartenant au « radif », une tradition musicale très ancienne, transmise oralement (et inscrite au patrimoine universel de l’UNESCO). Deux instruments mais la résonnance d’un orchestre. Une percussion aux milliers de doigts, un luth où les deux mains semblaient jouer des morceaux en dialogue.

Après ce concert à Musiekpublique (Ixelles, Bruxelles), Faezeh allait saluer les deux virtuoses qu’elle espère inviter en mai 2014 pendant l’exposition sur le jeune graphisme iranien qui devrait accueillir comme parrain Abbas Kiarostami… Un MaYaK hors série reproduira les 60 affiches exposées, chacune sera assortie d’un commentaire graphique ainsi qu’un texte en continu développant en quoi chaque texte/image montre l’Iran d’aujourd’hui.

Sans les formes que prennent les arts, sans le contact avec les personnes qui cherchent, notre vision des choses ne se réduirait-elle pas à la si fréquente insignifiance de l’ « actualité » ?

Hugues Robaye

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