Bergers d’une terre rouge, par Xavier Vanandruel (Phare Papier 2012…)

29122012

Bergers d'une terre rouge, par Xavier Vanandruel (Phare Papier 2012...) dans Arménie xavier-armenie-2-blog-21-9-2010-300x224 Le 21 septembre 2010, monastère de Khor Virap et Mont Ararat

Je me souviens de son retour à Bruxelles, dans sa commune verte, Boitsfort. Il lui a fallu des semaines pour se remettre de ce voyage en solitaire : à pied de monastère en monastère, dans ce lointain, l’Arménie, qu’il avait apprivoisé(e) ici par des rencontres, des livres, et des cartes. Retrouver Bruxelles après ces semaines de simplicité merveilleuse et athlétique ne fut pas facile, même si Xavier vit dans une des dernières fermettes de Boitsfort, tournée vers le jardin en pente dont un tiers est laissé au potager ; le reste planté de fruitiers… Ce qui l’a sauvé de la mélancolie, peut-être, c’est l’écriture au jour le jour, et les recherches qu’il a faites pour densifier son expérience…

Xavier Vanandruel m’a demandé de relire le texte avant son impression. Il m’a fort ému et Xavier me demandait d’écrire un texte de 4, dont voici un extrait : Xavier Vanandruel voyage de préférence à pied et en solitaire. Chemine autant en lui que dans les paysages et leur histoire, dialoguant avec les traditions, les habitants, le présent palpitant ; la nature, la culture… Ce cheminement voulu dépouillé (le strict nécessaire dans son sac à dos) l’ouvre à une méditation continue, émouvante et ténue sur le destin des hommes, aujourd’hui. L’Arménie lui prodigue son hospitalité et sa spiritualité millénaires, richesses et vertus inestimables, qu’il exprime dans une langue discrètement somptueuse.

Et une carte de visite : Né en Belgique, à Ypres, en 1953, Xavier Vanandruel, mathématicien, philosophe et musicien est l’auteur d’un autre récit de voyage, À pied vers la Mer Noire (2007) et d’un roman, Le temps comme un présent (2009) qui mêle à une fiction des questionnements scientifiques. Il est le rédacteur en chef de la revue-livre MaYaK.

Saluons aussi le très beau travail de mise en page et de conception de la dessinatrice et graphiste, Julie Fouret.

 Xavier Vanandruel, Bergers d’une terre rouge : Une traversée de l’Arménie à pied, Potterée, Phare Papier (Histoires mayaques), 2012. Photos de XV et dessins de Julie Fouret.

15 euros, chez Tropismes ou Quartiers Latins (Bruxelles) ou sur commande : info@mayak.be

HR 

Un entretien avec Xavier dans l’émission de Radio Une « Le Monde est un Village » (Didier Mélon) sera programmé en janvier.

xavier-blog-1-6-10-2010-blog-150x112 dans connaitre le monde Dominos, le 6 octobre 2010




Soirée mayaque, 2, 100 Papiers

16122012

Soirée mayaque, 2, 100 Papiers dans Alice Bossut equilibriste-blog-300x200équilibristes et mondes, NATHALIE de VOOGHT, 2010.

Cela fait déjà un petit temps que je me dis que je dois écrire quelque chose à ce sujet. Mais cela ne sort pas vraiment… C’est au sujet de la présentation mayaque à 100 papiers, mais je crois que cela déborde bien de cela et touche à autre chose.

On m’avait plusieurs fois parlé de cette jeune librairie. Et j’ai téléphoné un après-midi pour proposer une rencontre mayaque. Un oui direct. Consultez le programme et vous pouvez prendre une date. Ce lieu est à vous, est-il écrit sur le site de la librairie… Il restait la date de la Saint-Nicolas, pas facile. Et puis à composer une soirée. Isaia Iannaccone, Sébastien Verleene, Maximilien Atangana ont répondu directement oui. Max pour une performance bénévole, « pour MaYaK ». J’invitais Madi Niekiema qui me proposait un peu plus tard de venir avec son n’goni (une sorte de luth de l’Afrique de l’Ouest)… J’invitais Jean-Pierre Dusoulier que j’avais failli rencontrer à l’époque du cabanon Paul André (toujours d’actualité), lui qui avait été un de ses grands amis. J’échangeais avec Jean-Pierre un peu accidentellement par les bonnes grâces de facebook et je me rendais compte que son engagement de toujours dans les campagnes et les villes en transition s’accordait à merveille avec le projet burkinabè de recherche-action autour de l’animation de villages et du développement endogène. Jean-Pierre allait venir et me proposait, lui qui est conteur et chanteur, d’apporter sa voix, sa contribution de lecteur à la soirée… Alors je commençais à imaginer une espèce de scénographie. Une suite de matières, des répons de musiciens et de lecteurs, placés parmi le public. Avec Xavier qui comme moi s’ennuie aux présentations littéraires, on se disait, il ne faut pas faire trop long, pas emmerder les gens… Les choses se mettaient spontanément en place, sans difficulté. La structure s’enrichissait de jour en jour, la structure dynamique de ce temps d’une soirée où un échange se ferait. Je pense toujours aux équilibristes que Nathalie de Vooght a dessinés il y a quelques temps pour MaYaK (toujours d’actualité). C’était une commande et Nathalie y avait répondu avec ce plaisir gratuit que les Mayaques partagent avec les enfants. Ces équilibres fragiles, ces projets de société où la générosité est au fondement.

Je repense à Madi Niekiema, le musicien qui veut d’abord développer une forme d’auto-suffisance un peu rémunératrice, chez lui au Burkina, pour jouir de son art de musicien sans dépendre de personne… On en parlait ce vendredi, avec le comédien danseur poète Maxime Guidot-Dejoux et lui. D’un jour à l’autre, des foyers d’énergie qui font croire à ces sociétés possibles ( ?) qui sont dans la devise de MaYaK. Ce texte est désordonné. Pas grave, ça arrive. Il essaie de faire sentir cette « puissance », au sens lawrencien du terme que j’ai ressentie chez ces personnes à la soirée et plus tard au gré des rencontres que notre initiative culturelle suscite. Puissance comme force intime juste qui émane du corps d’un homme quand il sent ce qu’il doit faire sur cette terre (c’est la conception de Lawrence)… Anouk Brouyère rencontrait Jean-Pierre Dusoulier à cette soirée, eux qui travaillent tous les deux au renouveau des campagnes… Laurence Warnier était là qui réagit si spontanément aux stimuli mayaques. Comme le compagnon des premiers temps, Jacques Faton… Et Alice Bossut qui la première me parla de cette librairie accueillante et courageuse et engagée… Qui diffusait MaYaK et qui dessine pour la revue-livre. Et le peintre écrivain Frédéric Dambreville qui est aussi lecteur de Lawrence et de Dhôtel, le philosophe des champignons indéterminables.

Oui bon, encore un texte triomphaliste. Non. La situation financière de l’assoc qui produit MaYaK est mauvaise mais le tissu est de plus en plus résistant, le réseau en rhizome comme le psalmodiait Maximilien, à cette soirée.

Eh bien, merci, merci, vraiment…

HR




Soirée maYaque – 100 papiers

16122012

Soirée maYaque – 100 papiers dans Afrique 100-papiers-72-blog-168x300

Présentation de la revue mayaque 6 qui est sortie il y a peu …

Madi Niekiema, Yingré, ou « racines » en burkinabè … comme les motifs sur l’instrument de musique de Madi, … et la librairie, aux fenêtres qui nous renvoient les reflets des branches extérieures, les arbres, oui, ces arbres, ces branches, ces racines, qui nous relient, qui nous animent, nous relient à l’extérieur, au monde, du local (la librairie) au monde que nous racontent tour à tour, les intervenants de cette soirée maYaque :

Isaia Iannaccone, Sébastien Verleene, Jah Mae Kân, Xavier Vanandruel, Madi Niekiema, Chef mayaque. Sinologie, histoire des sciences, poésie, histoire africaine, musique, chanson, cartographie, habitats groupés, permaculture, Chine, Burkina Faso, Mali, Aminata Traoré… Les matières du MaYaK6 et celles à venir…

Ces mains, celles de Jah Mae Kân et de Madi Niekiema, ces mains qui jouent en rythme, ces mains qui jouent dans cette librairie, qui jouent et rythment les entretiens des intervenants de cette soirée. Avec Jean-Pierre Dusoulier, (conteur), qui lit – dit – des extraits de la revue. Chacun donne, chacun partage, chacun témoigne d’une expérience vécue, ici ou là. Et cette librairie devient un espace – l’espace ? –… un (autre) monde se dessine, où l’homme pourra retrouver un sens, un juste milieu. Un équilibre entre l’Homme et son environnement, entre l’Homme et ce monde – et cet espace, où se reflète la vie des arbres, au-dehors.

Des racines de l’instrument de musique de Madi Niekiema, aux arbres à l’extérieur, qui se reflètent dans les fenêtres de la Librairie Cent papiers, s’écrit et se partage une (autre) histoire … une histoire de reliance à notre environnement, à la terre, aux arbres, une autre histoire qui se raconte – aussi – et qui nous invite à effeuiller – et feuilleter  –  la revue maYaque …

Anouk Brouyère

 

mains-blog-300x168 dans Alice Bossutmains-blog-2-300x168 dans Arménie

mains-blog-3-200x300 dans Burkina Faso Anouk Brouyère pour les photos. Les mains de Maximilien, Madi, Jean-Pierre, Isaia…

100-papiers-72-blog2-300x200 dans Cent Papiers




Sollicitudes impuissantes : « Au-delà des collines » par Cristian Mungiu

29112012

Sollicitudes impuissantes : « Au-delà des collines » par Cristian Mungiu dans cinema provizoriu_stills__6_1-300x127

« Dupa dealuri » ; « Au-delà des collines », de Cristian Mungiu, vu avant hier au cinéma des Galeries, à Bruxelles.

Alina, jeune Roumaine émigrée en Allemagne, revient au pays pour ramener son amie/amante/amour, Voichita, qui a grandi avec elle dans un orphelinat et qui vit maintenant dans un petit monastère orthodoxe. Voichita a changé : elle s’est consacrée à Dieu et ne veut plus partir avec son amie… La souffrance de la jeune femme repoussée tourne à des formes d’hystérie.

Voilà un résumé possible. On peut aussi écrire que c’est une histoire d’exorcisme (inspirée d’un fait divers)…

Ce qui m’importe le plus, c’est de décrire l’effet que le film a produit sur moi. De continuer à ressentir, de comprendre cet effet, de cerner ses causes… Quels sens ce film a-t-il, en tant qu’œuvre artistique qui met en images des aspects de la vie, qu’à travers lui (un choix d’images, de compositions, d’assemblage, de scénario…), on voit, perçoit, comprend mieux… Que donne-t-il à voir essentiellement, selon ce que j’ai pu en percevoir à la première vision ?

La plupart des séquences du film se passent dans le décor pastoral mais rude et hivernal d’un couvent ancien et vétuste, sans eau courante ni électricité. Le jeune pope, la mère supérieure et les nonnes gèrent un orphelinat situé en ville, dont les pupilles, ensuite, sont intégrées si possible à cette maison de dieu. Quelques séquences du film dans la clinique de la petite ville. Une séquence d’ouverture à la gare, entre les trains (caméra mouvante et contraste des couleurs) et une de fermeture (longue, dans le combi de police, sur un boulevard enneigé de la petite ville)… Une séquence à l’entrée de l’orphelinat, une autre dans l’ancienne famille d’accueil d’Alina.

Tout le film est centré sur la souffrance liée à l’amour contrarié et à l’abandon que ressent Alina et qui la mène à des comportements hystériques incontrôlables. D’abord, elle est hospitalisée, puis le sorcier orthodoxe, le pope, tente de l’exorciser. Deux traitements dans une société encore traditionnelle où des univers de pensée différents – la science et la religion – se côtoient, parfois perméables. Le docteur, après avoir prescrit des médicaments aux noms interminables ne renvoie-t-il pas sa patiente en convalescence au couvent et ne conseille-t-il pas aussi la lecture de psaumes, l’autorité de la parole ?

À côté de la mise en scène de pratiques religieuse obsolètes et dangereuses, ce qui m’a frappé surtout dans ce film, c’est la psychologie des personnages : ils réagissent à la souffrance d’Alina, chacun avec compassion et sollicitude mais tous désarmés…. Le pope, la mère supérieure, les jeunes religieuses, Voichita l’amie/amante, le frère d’Alina (le simple), le docteur, les doctoresses, les infirmiers, l’ancienne famille d’accueil, les brancardiers… Même les petits rôles passagers acquièrent, en un minimum de temps à l’image, une grande densité de présence liée à une bienveillance fondamentale envers une jeunesse en grande souffrance. Et même le pope intégriste qui refuse l’accès d’une autre religion à son couvent (un gros plan sur une pancarte accrochée à la grille d’entrée et un dialogue à ce sujet entre les deux amies) et voudrait chasser Alina qui trouble la cohésion du groupe, se laisse convaincre de mettre ses « dons » au service de cette jeune femme « possédée », vue comme non responsable de ses agissements…

Il y a les séquences où les religieuses essaient de maîtriser l’Alina hystérique et cette violence est montrée mêlée de désarroi, de doute, la caméra va dans tous les sens, précipitée… On l’attache comme des séquences à la clinique la montrent liée à son lit, motifs en parallèle. J’écris « des séquences la montrent » car j’essaie de me fixer sur ce que le réalisateur a choisi de nous faire voir, à son montage d’images qui s’appellent ou s’opposent en générant du sens…

Je me demande si ce que montre Cristian Mungiu, ce n’est pas une société entre traditions et modernités, avec ses équilibres fragiles, où un médecin après avoir prescrit deux médicaments aux noms alambiqués ajoute que la parole des psaumes est également nécessaire, lui qui vient de concéder que dans une clinique aussi vétuste, on ne peut pas guérir et qu’après tout, comment savoir vraiment ce dont est atteinte Alina… Le non savoir (même les causes de la situation finale ne sont pas évidentes à cerner, vous le verrez), la tentative d’agir malgré cette obscurité première (et dernière).

Il faudrait aussi parler de la photo, de ces longs plans fixes, parfois d’ensemble, sur ce couvent beau de simplicités mais où on mène une vie rude (Alina la démente dort ligotée dans la chapelle où les religieuses ont allumé le poêle, son frère innocent dans une pièce sans feu).

Il y a aussi les séquences sur des pratiques religieuses aliénantes, comme la confession obligée, sans valeur si on oublie un seul péché (et on en oublie toujours un), la liste de ces 367 péchés lus à Alina, etc. En même temps, le couvent joue un rôle important dans la société en assurant la subsistance d’un orphelinat et l’évêque refuse de consacrer son église car le pope préfère donner l’argent que coûteraient les peintures murales qui doivent en toute orthodoxie l’orner, à des besoins plus quotidiens. Motifs du scénario complexe…

La mise en scène de toutes ces séquences montre une humanité compatissante jusque dans ses erreurs fatales qu’elle reconnaît (la séquence presque finale de la reconstitution avec les deux policiers montre cela par un dialogue simple et sans colère autour des faits, qui révèle toute leur horreur que les protagonistes reconnaissent…).

C’est le film d’un orfèvre de l’âme humaine et des sociétés humaines, ai-je envie d’écrire. Chaque séquence aux détails infinis apporte un élément de plus qui relativise le jugement que le spectateur pourrait porter sur les personnages. Mais une fois de plus, c’est la bienveillance et l’impossibilité fondamentale de comprendre une situation humaine limite (et ne le sont-elles pas toutes ?) qui selon moi donne l’unité de ce film…

Et cette fin magistrale. Une longue séquence en plan fixe où le spectateur attend quelque chose, ne comprend pas ce qui se passe, où les protagonistes qu’on a suivis plus de deux heures et quart attendent aussi et sont rejetés sur les côtés de l’image, comme à l’arrière-plan d’un monde enneigé qui impose sa présence et recouvre tous les événements les plus tragiques. Une séquence qui m’a rappelé celle qui clôturait aussi « La séparation », le film iranien d’Asghar Farhadi, et d’où s’élevait l’indécidable…

HR

audeladescollines1-150x84 dans connaitre le monde 20121544-150x99 dans Cristian Mungiu pendant et après: Cosmina Stratan, Cristina Flutur et Cristian Mungiu




6 décembre, 19h, « Cent Papiers », MaYaK6 se présente

26112012

6 décembre, 19h, Le monde, MaYaK: un jeu d’équilibres, graves et légers. Nathalie de Vooght, encre.

6 décembre, à 19h, librairie « Cent Papiers »,

Schaarbeek, avenue Louis Bertrand (une des plus belles de Bruxelles), à la pointe du Parc Josaphat,

PRESENTATION MAYAQUE,

des auteurs du numéro 6 :

ISAIA IANNACCONE (Italie ; chimie et sinologie, histoire des sciences),

JAH MAE KAN (Cameroun ; poésie, djembé et histoire des cultures africaines),

SEBASTIEN VERLEENE (France ; architecture, échanges avec les pays du sud),

XAVIER VANANDRUEL (Belgique ; philosophie et mathématiques, rédaction en chef de MaYaK),

JACQUES FATON (Belgique ; dessin et cinéma d’animation).

Et avec la participation de MADI NIEKIEMA (Burkina Faso ; chanson, permaculture, apiculture, construction).

Conversations, échanges avec vous et musiques, et chansons (JAH ET MADI).

(Et moi…).

« Cent Papiers », une jeune librairie/stadcafé, lieu de rencontre à la programmation généreuse et engagée. Merci à l’équipe pour son accueil et bonne vie à elle !

http://100papiers.be

HR

laurence-1-72fb-218x300 dans Aminata Traore MaYaK, au coeur du Vivant. Laurence Warnier, encre

 




Un paysan chanteur, bâtisseur, api (et perma-)culteur : Rasmadi

24102012

Un paysan chanteur, bâtisseur, api (et perma-)culteur : Rasmadi dans agro-écologie rasmadi2-150x112

Rasmadi est apiculteur, maçon, chanteur.

Je reprends : Rasmadi est chanteur, musicien, apiculteur, permaculteur, maçon, oui, mais sans ciment de préférence, avec de la terre, surtout…

Rasmadi est un paysan burkinabè du centre de Namur (il habite là). « Dans la conception du paysan, en tout cas chez nous, il y a tout. » dit Bernard Lédéa Ouédraogo, le sociologue mossi providentiel (voir nos publications précédentes).

Rasmadi citadin villageois paysan chanteur agroécologique était à la conférence de Pierre Rabhi, à Herve, en septembre dernier…

Ras(ta)madi veut retourner dans son village (à deux pas de Kombissiri, au sud de Ouagadougou) et cultiver la terre et montrer comment construire des maisons « éco-dome », avec des sacs de terre empilés, stabilisés par du fil barbelé qui assure la tenue de l’ensemble. Pas cuits, non, car cela consomme du bois, plutôt recouverts d’une terre fine de termitière amendée de bouse de zébu, pour l’étanchéité (des secrets de chez nous). De l’auto-construction initiée par l’architecte iranien Nader Khalili.

Et la permaculture ? Oui, pour que les paysans soient indépendants, autonomes. Ne dépendent d’aucun intrant et continuent à aimer le terre.  « Au village, on dit que je suis fou, mais on m’écoute en cachette… »

Valoriser le village et ses savoirs vivants et simples.

Rasmadi, paysan chanteur burkinabè. La noblesse de la terre qui devient voix et actes : il recherche actuellement comment se procurer des sacs au prix le plus bas (au Ghana, peut-être ?) pour commencer ses éco-domes…

HR

Image de prévisualisation YouTube



Avec Maître Titinga Pacere : Pour la formation de l’homme. Entretiens burkimayaques 3

6062012

Avec Maître Titinga Pacere : Pour la formation de l'homme. Entretiens burkimayaques 3 dans Afrique Pacere-30-1-7blog-150x112

Le 30 janvier 2012, un lundi, Laetitia Kiemtoré, Ramata Nafissatou Ouédraogo et moi avions un entretien avec Maître Titinga Pacere, premier avocat du Burkina Faso, Ministre des Coutumes à la Cour de Manéga, ancien bâtonnier, écrivain prolifique (plus de cinquante ouvrages), défenseur et conservateurs des cultures africaines. Ses distinctions honorifiques seraient longues à énumérer. Il est aussi le fondateur de ce « Musée des traditions » à Manéga que nous venions de visiter avant d’avoir la chance de le rencontrer sous un « hangar » de bois et de paille, en pleine nature… Respect des cultures vernaculaires et échanges entre les cultures pour imaginer ensemble un monde plus équilibré : deux pôles de sa réflexion humaniste et cosmique… Un regard sur les dérives du Nord trop souvent méprisant…

HR

fichier pdf Entretiens burkimayaques 3 Pacere

Entretiens burkimayaques 3 : Titinga Pacere




Avec Bougadar Koné et Abdramane Sow : « Yiriwa » : appuis conseils en écotourisme. Entretiens burkimayaques 2

6062012

Avec Bougadar Koné et Abdramane Sow : de g à d, Abdramane, Ramata et Bougadar

Le 7 janvier 2012, Ramata Nafissatou Ouédraogo et moi rencontrions deux membres de l’association burkinabè d’écotourisme, « Yiriwa » : le président, Bougadar Koné, et le trésorier, Abdramane Sow. Nous avions rendez-vous au « Café des pros » du village du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO).

Il n’y a pas de structures « écotouristiques » au Burkina Faso. Des initiatives ci et là, qui parfois se raccrochent à cette appellation à la mode mais sans rigueur d’action. La petite association « Yiriwa » fait figure de pionnière. Son travail consiste à étudier des milieux naturels habités susceptibles d’accueillir des voyageurs. De recueillir de l’information. D’encourager des initiatives qui viendraient des villageois, de les aider à s’organiser notamment dans leurs rapports avec les autorités.

Pour ces deux animateurs, le phénomène de l’écotourisme est un questionnement. Ils réfutent en tout cas la vision romantique du tourisme que cette appellation pourrait charrier. Et leur action, entre sciences humaines et écologie part toujours, justement, de préoccupations écologiques de sauvegarde et de gestion de milieux naturels.

HR

fichier pdf Entretiens burkimayaques 2 Yiriwa

Entretiens burkimayaques 2 : Yiriwa (1)

Entretiens burkimayaques 2 : Yiriwa (2)




Avec Bernard Lédéa Ouédraogo, vaincre la faim au Yatenga: tradition, astuce, invention. Entretiens burkimayaques 1

6062012

Avec Bernard Lédéa Ouédraogo, vaincre la faim au Yatenga: tradition, astuce, invention. Entretiens burkimayaques 1 dans Afrique Bernard-L%C3%A9d%C3%A9a-ret-blog-150x112

Nous le disions plus bas, nous avons eu la chance de rencontrer ce grand sociologue, le 3 février 2012, aux Groupements Naam.

Voici le pdf de l’entretien, ainsi qu’un lien vers l’enregistrement…

fichier pdf Entretiens burkimayaques 1 BL Ouédraogo

Entretien avec BL Ouédraogo 1

Entretien avec BL Ouédraogo 2

 




« Ubuntu »: une Afrique, et un monde, postmodernes. Joseph Ki-Zerbo

30042012

À la fondation Ki-Zerbo, Ramata Nafissatou Ouédraogo, 13 janvier 2012.

« Ubuntu, c’est le collectif humain solidaire. »

Ce sont les premiers mots de la conférence de Joseph Ki-Zerbo, à Genève, en avril 2003. Elle est éditée dans Repères pour l’Afrique.

En note de bas de page : « Ubuntu dans la langue zoulou signifie : « sans l’autre je n’existe pas, sans l’autre, je ne suis rien ; ensemble, nous ne faisons qu’un. » »  Beaucoup pour un seul mot !

Joseph Ki-Zerbo est un grand historien burkinabè, né à Toma en 1923. Il a dirigé une monumentale histoire de l’Afrique où les Africains écrivaient enfin eux-mêmes leur histoire…

Il reste encore énormément de textes inédits de cet historien.

Historien oui, mais pas dans un sens limitatif, dirais-je. Joseph Ki-Zerbo a mis sa vie et son savoir au service d’une conception du « développement ». C’est un chercheur engagé, faisant le pont entre théorie et terrain. Entre passé et présent, aussi. Toujours au cœur de la recherche-action.

Il dirige, par exemple, un très intéressant volume intitulé La natte des autres, qui collecte des contributions relatives à des recherches très concrètes dans le domaine du développement endogène et les associe à des analyses plus réflexives sur les principes du développement.

Endogène ? La formule célèbre de Ki-Zerbo, c’est : « Pas développer, se développer. » Que l’amélioration de la société parte d’elle-même et des ressources qu’on y trouve, que ces ressources soient matérielles ou d’ordre « spirituel », culturel. Une amélioration qui ne vienne pas d’apports extérieurs dont on finit par être dépendants. Bref : ne pas se coucher sur la natte de l’autre !

Dans sa conférence, Joseph Ki-Zerbo fait d’Ubuntu le concept opératoire d’une économie sociale postmoderne qui bat en brèche le capitalisme, les diktats du FMI, le modèle consumériste, etc.

Il montre que dans les cultures africaines se trouvent depuis toujours les ferments d’une autre société, que nos Indignés du Nord veulent réactiver aujourd’hui. Sens du social, de l’ « échange de services », solidarité, économie du don (« soucieuse davantage de liens sociaux que de biens matériels »), proximité (le voisin ou l’ami qui en Afrique est de la famille et peut se substituer à elle, en cas de deuil par exemple), médiation des proches, débat constructif (la palabre ritualisée)… Pas de division du travail : « les métiers et catégories sociales étaient constamment associées » ; prise en charge du plus faible par la communauté (ce qui fait que la fameuse « option de l’État minimal était déjà option africaine précoloniale »…).

À avoir parcouru un peu le Burkina, ce pays d’agriculture extensive et d’artisans, où les gens font beaucoup de leurs mains, où le maçon est aussi menuisier et, à l’occasion, fabrique des instruments de musique, je comprends plutôt bien la question de Ki-Zerbo : « L’industrialisation est-elle sous une forme ou une autre un passage obligé ? ». Et je me dis que nos recherches d’autonomie, d’autodétermination, ici au Nord, vont bien dans ce sens là… Il ajoute (et il me rappelle les mots d’Aminata Traoré) : « L’Afrique est déjà postmoderne, postéconomique. » (C’est moi qui souligne.)

Une des forces de l’historien : partir des traditions pour penser et construire un avenir.

Ce genre de programme, je le voyais réalisé au Yatenga par l’ami de Ki-Zerbo, le sociologue Bernard Lédéa Ouédraogo, entouré de tout son réseau d’animateurs de villages.

« Faut-il laisser mourir ces usages pour tenter d’en recréer des équivalents plus tard dans un siècle ? » interroge Ki-Zerbo (et nous en sommes là dans nos pays riches, écologistes, permaculteurs, simples volontaires…).

« Toute nation, toute personne consciente doit s’associer à la recherche d’un projet global qui marie les acquis de la conscience, patrimoine commun de l’humanité, avec la convivialité vis-à-vis de la nature, préhistoire de l’homme, et vis-à-vis des autres humains, dépassement et accomplissement de l’homme. »

« L’Afrique solidaire n’est pas en retard […] Il nous appartient de célébrer la solidarité comme mémoire et comme projet. »

« Renforcer les capacités de chaque culture et la mettre en état de procréation dynamique. »

« Ubuntu », une image directrice pour penser une société. Un passé revisité constamment. Appliqué aux conditions du présent et tourné vers l’avenir.

Dans un entretien, Joseph Ki-Zerbo en appelle à des « intellectuels organiques ». On comprend que c’en était un…

Il nous a quittés en 2006.

Hugues Robaye

Ki-Zerbo-016-ret-blog-150x114 dans Aminata Traore Dans la jungle postmoderne

Joseph Ki-Zerbo, Repères pour l’Afrique, Dakar Fann, Panafrika, 2007. Et Regards sur la société africaine, 2008.

(Dir JKZ), La natte des autres : Pour un développement endogène en Afrique, Dakar, CODESRIA, 1992.

À quand l’Afrique ? : Entretien avec René Hollenstein, Paris, Aube (poche essai), 2004.







SEA POSITIVO |
CFDT CARREFOUR BASSENS |
Point de vue d'un simple ci... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mémoires
| Ecole de Saint-Rabier
| injustice