Terre cuite à Tournai chez Faezeh Afchary

16102011

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« Tu vois, Hugues, ce qui est bien, c’est que les gens se réunissent là le soir, à l’Académie, autour de cette activité qui les passionne. Ils viennent de partout (ou presque !). Pas de différences de classes ou de nationalité ; on se retrouve à travailler la terre. On discute de notre travail. Chacun est inspiré différemment, poursuit son chemin, se concentre, travaille, se trouve…»

C’est mon amie  Faezeh Afchary, l’architecte céramiste d’origine iranienne (qui a collaboré au MaYaK4) qui m’expliquait cela l’autre soir au vernissage de l’exposition qu’elle accueillait dans sa galerie/atelier « Autour du feu », rue Morel, 17, à Tournai (Hainaut belge). Une belle galerie lumineuse pour montrer les travaux du collectif « Interrelude » (voyez « terre » au milieu du mot valise et le « jeu partagé », aux extrémités…), artistes/artisans discrets qui sont pour la plupart des (ou d’anciens) élèves d’Émile Desmedt

Fazy réunit chaque année les travaux de ce groupe. En 2011 (cette année), un autre ami, l’éditeur Pierre Dailly, a eu l’idée d’interroger les artistes sur le pourquoi de leur travail, sur leur démarche. Cela a donné une vidéo, projetée en boucle à deux pas du four de cuisson. Enfin, Marie-Clotilde Roose, philosophe et poète, exercera son art (ses arts) sur chacune de ces œuvres céramiques, ce vendredi 21 octobre à 19h. Venez donc !  Assembler ces créations, les scénographier dans ce bel espace accueillant ; interroger les céramistes sur leur démarche, trouver des paroles pour en parler, un processus complet…  Hugues Robaye 

PS : Fazy est la meilleure représentante mayaque de Tournai (si tu me permets, Fazy !) et projette une expo sur les jeunes graphistes iraniens, assorties de work shops… MaYaK s’y associe…

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Intervention culturelle de salon 2

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drapsc330cm.jpg Les « draps » 2,50 sur 70 de Véronique Debliquis, voir ci-dessous

La participation à l’organisation de TLP, c’est « MaYaK arrière-pays », « MaYaK société ». Les éditions, c’est « MaYaK bord de Mer », MaYaK solitude, retrait et préparations… « Solitudes en sociétés » : le thème du MaYaK5 qui se prépare en continu et qui sortira (bientôt et avec un peu de retard…) Cette année à TLP, l’intervention du GE ! s’est portée sur l’étage de la « Halle aux Draps » sur la Grand Place de Tournai (imposant bâtiment gothique reconstruit après les bombardements de 1945 et où se tient TLP depuis de nombreuses années). Étage traditionnellement déserté des visiteurs absorbés par l’offre du rez-de-chaussée… Problème concret. D’espace, de circulation dans l’espace. Comment concevoir à l’étage un lieu homogène où des espaces variés s’appellent ? Je détaille ici quelques idées que nous avons essayé d’appliquer. Au rez, un vaste espace central, entouré, sur tout son périmètre, de galeries à colonnades ; à l’étage, il y a ce pourtour (longs couloirs fermés du rez par des fenêtres) et une salle de cérémonies sur le devant. Une verrière recouvre le vide central. Rez et premier étage sont séparés, en hiver, par un velum en toile. Le bâtiment majestueux est comme coupé en deux ; on ne voit plus l’étage depuis le rez… (en discutant avec Jan Godyns, architecte et prof à Saint-Luc Tournai, abordant des questions de scénographie d’espaces publics, il était apparu directement qu’il fallait enlever le voile pour faire sentir au visiteur la majesté de ce bâtiment). Jan faisait de petits dessins montrant comment une circulation pouvait se faire à l’étage. Une discussion avec des professionnels fait avancer les choses ; en particulier avec Jan qui s’impliquait généreusement. Ce projet d’aménagement, de pensée de l’espace est assez… exaltant…Se dire qu’on peut organiser un lieu, y laisser des signes, l’ordonner, lui donner du mouvement… Au lieu de considérer ce lieu, en particulier l’étage, comme une contrainte, il fallait le faire apprécier aux visiteurs. Le slogan – « Promenons-nous dans la Halle » – est vite venu…   

Nous avons déterminé des espaces, en cet étage dissuasif : « Conservatoire de la voix » (lieu des lectures des élèves du Conservatoire de Tournai), « Tables rondes », « Des éditeurs qui vous parlent » (grande table organisée par Sylvie Cuvelier, où 8 éditeurs importants : Nature&Progrès, Aden, Ceriser, Lansman, Esperluète, Daily Bul, L’âne qui butine, CEC avaient fait des dépôts et où on pouvait entendre certains d’eux s’exprimer sur leurs choix de dépôt) ; « Village des écrivains » (où des auteurs sans éditeur au salon présentaient leurs livres) ; « Expos » ; « Cuisine du monde » (avec une sympathique famille cambodgienne (dans le genre, nés ailleurs, ils cuisinent ici…) qui proposait pas loin du village des écrivains, une série de plats délicieux…) ; « Cuisine bio Dôrloû » (important la présence de cette ferme,  noyau N&P (voyez nos liens et devenez membres) du pays des Collines, pas loin de la table d’éditeurs réunis où on trouvait des livres de N&P, pour rappel : première association écologique du pays, avec plus de 7000 membres et des locales, réseau associatif inouï) ; « Arbres à paroles des écrivains publics » (un espace dédié aux écrivains publics de Tournai, très actifs dans la ville (une autre pratique de l’écriture, plus sociale)) et présents à chaque salon : expo de leurs travaux dans la prison ou dans les quartiers, projection vidéo, table pour ateliers d’écriture, pommes bio gratuites (apportées par le Dôrloû) à ceux qui laissaient un petit mot sur l’arbre, ce qui leur aurait permis, peut-être, de gagner des livres (achetés aux éditeurs présents). Espace ateliers : enluminure (Dorothée van Hona) et reliure récup (Broleskine et Corinne Clarysse).

Deux éditeurs en plus à l’étage : MaYaK/Phare Papier (l’édition de pointe en Europe) et le Club des Créateurs Contemporains : table qui réunissait des initiatives éditoriales jeunes, légères et belles… Une signalétique conçue par Véronique Debliquis (dessinatrice et prof de graphisme à Saint-Luc Tournai) signalait au rez ce que le visiteur pouvait trouver à l’étage. Des draps (en papier) de 250/70, accrochés aux arcades du rez (voir photo). Des petits panneaux carrés (30×30) : « promenons-nous dans la halle » reprenant le bonhomme du programme (visuel sélectionné parmi les travaux des élèves de VD) étaient accrochés un peu partout dans la halle. Sur le sol, des autocollants se concentraient près de l’escalier qui mène à l’étage. À l’étage, des panneaux indicateurs signalaient les différents espaces. 

Des expos articulées : expo des éditions « La Licorne » qui fait un travail d’ateliers d’écriture en milieux précaires, articulée à une expo sur les figures contemporaines des littératures africaines et des Caraïbes (proposée par CEC, une ONG bruxelloise qui promeut les cultures africaines et à qui nous avions proposé un dépôt sur la table des éditeurs, animée par Sylvie Cuvelier qui avait réalisé des enregistrements auprès de ces éditeurs où ceux-ci expliquaient leur choix de dépôt, ouf, quelle parenthèse importante…), articulée à un travail d’illustration de Hélène Vandenbussche, en cinquième année à l’Académie de Tournai, sur des nouvelles en cours de parution de Jean-Claude Kangomba qui animait une table ronde avec Inkoli Jean Bofane et Maximilien Atangana, le samedi… Oui, cela tient, cela circule… Expo articulée aux travaux des élèves de Véronique Debliquis (Saint-Luc Tournai), travaux pour concevoir une affiche programme… 

Bref, une certaine cohérence.

Hugues Robaye

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Intervention culturelle de salon

15112010

grardenentier.jpg Gérard de Sélys dédicace un livre à l’heureux gagnant, encore anonyme, d’un concours d’écriture au salon des livres de Tournai, 2010

Une amie chinoise, Yudong, me dit parfois : « Hugues, tu t’amuses ! », quand je lui parle des « interventions culturelles » de Phare Papier/MaYaK (revue-livre, cabanon d’édition, cabanon d’expo, blog, site, événements). D’elle qui gère un restaurant et était, en Chine, anesthésiste réputée, cela me paraît assez juste de dire cela, moqueuse complice, et je me réjouis qu’un travail plutôt prenant (MaYaK etc.) soit lié à de l’amusement et de la légèreté… J’aime bien me répéter sa remarque qui me fait sourire et a la vertu de donner de la distance à ce travail que nous faisons sur des formes culturelles. Alors, je pense aussi à John Cowper Powys qui se disait « charlatan de la culture » – vendeur de potions magiques – lui qui, dans ses conférences, faisait revivre, avec force gesticulations, le monde de Shakespeare, celui de Rabelais, de Whitman, de Lawrence, etc. Lui qui dansait ces textes vivifiants, et les faisait corps. Corps magiques. Énergies irradiantes… 

Intervention culturelle, disions-nous. Dernière intervention : la participation à l’organisation du salon des livres et des éditeurs de Tournai, « Tournai La Page ». C’est fini (c’était le 13 et 14 novembre). Rien n’est fini. Oui, en fait que sait-on de ce qui s’est passé ? Commence, secret /volontaire/ un travail de digestion, d’assimilation de cette énergie, de ces énergies, que les rencontres multiples de ces deux jours ont amenée(s).  Une méditation, une légère brume qui accompagne chaque instant de nos vies…

Hugues Robaye

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Élisa Brune

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Du Phare enneigé 

MaYaK en hibernation 

Vous lance 

Bonne année ! (vers libres)

J’aime bien prendre un peu de recul pour envisager les choses, leur donner un visage, avec tous leurs traits mouvants. Et avec des choses aussi complexes que les œuvres des écrivains, qui se configurent en une œuvre avec sa logique et son développement propres, on est comme devant ou dans un paysage… J’aime bien sentir, comprendre derrière des écrits, une démarche de vie. Une pratique de l’écriture modelée sur une existence.   

Alors j’étais content d’écouter Élisa Brune parler de ses livres (www.elisabrune.com). Le 15 octobre dernier, un jeudi matin à la lumière généreuse, nous traversions l’Escaut (sur un pont mobile), pour nous rendre, Élisa Brune et moi à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. Plusieurs classes de Thierry Umbreit (qui enseigne le texte-image dans cette école supérieure) faisaient un travail d’illustration autour du premier recueil de l’écrivain : Fissures Cela fait quelques années que je m’intéresse au travail d’Élisa Brune. J’en avais une certaine compréhension; je la savais entre littérature et science ; parfois associant les deux dans des romans. J’avais été impressionné d’emblée par son premier livre Fissures justement (1996), ce recueil de petits textes, mises en forme d’expériences quotidiennes qui m’était directement apparu comme, j’allais écrire salutaire (c’est fait). Oui, salutaire pour chacun de se pencher sur son expérience de vie heure après heure, rencontre après rencontre (autant du vent que du voisin), du lever au coucher (et la nuit aussi). 

J’avais donc une idée sensible mouvante de ce travail mais par la conversation assez longue que nous avons eue, Élisa, Thierry, ses étudiants et moi, j’ai pu mieux percevoir la logique vitale du déploiement et des formes de cette œuvre. Œuvre-vie… Ce qui m’a frappé, c’était que j’avais devant moi la preuve que l’humain pouvait donner des directions, des formes nouvelles à son existence. Passer de l’ingéniorat commercial, de la pub (et des salaires assurés), à un doctorat en gestion de l’environnement, avec recherches au Burkina. Environnement certes mais encore gestion… D’où une réorientation vers les sciences plus pures et un travail de journalisme scientifique (voir notamment l’entretien dans le MaYaK3, d’Élisa Brune avec Luciano Boi). Un glissement des sciences dures aux molles (De la transe à l’hypnose, 2006)… Puis, aussi, en même temps, l’exploration de la peinture et des planches (de la scène… pour dépasser des inhibitions). Ouvrir constamment des possibles en soi ; c’est ce que j’entendais dans cette conversation pleine de « leitbild », d’images directrices, comme disait E. F. Schumacher… 

De même, je comprenais, au fil des paroles senties, que cet écrivain usait de formes variées de langue et bien consciemment. Recueillait des témoignages d’amies sur leur vie sexuelle et en faisait un recueil presque brut (Alors heureuse… Croient-ils !, 2008), qui attend un versant scientifique (à paraître). Un père lui confiait  son désarroi, confronté aux viols collectifs de sa fille et elle en faisait un texte étonnant, entre témoignage et fiction, sorte de kaléidoscope de points de vue sur ce « phénomène de société » (La tournante, 2001). Il y avait les romans, encore une autre forme (Petite révision du ciel, par ex. en 1999). L’histoire romancée d’un grand scientifique, ou recherche finissait par se mélanger avec vie (La tentation d’Edouard, 2003)… Des essais-récits (L’unité de la connaissance, 2002). Fissures partait en fait d’un carnet de croquis qui s’était mué en un carnet de notes… Et du dessin, on passait à l’écriture, le chemin inverse des étudiants qui étaient là.  Dans le travail créatif, j’entendais une grande plasticité… 

Bref ce fut une rencontre très riche que nous entendrons un jour en entier sur le site mayaque en pleine reconstruction : patience. Mais, ci-dessous, un extrait et d’autres suivront… 

Hugues Robaye

Voici en tout cas un extrait centré sur La tournante et la question des points de vue adoptés par l’écrivain: 

 




Le cabanon Paul André en construction…

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Quelques photos du cabanon, alors encore en construction (d’autres photos bientôt!). Avec deux des premiers tableaux (dans un graphisme de Véronique Debliquis). Et la vitrine qui montre certains objets reproduits dans le parcours articulé qui jalonne les parois extérieures du cabanon.

À la Maison de la Culture de Tournai jusqu’au 8 novembre.

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MaYaK (se) construit un cabanon

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Sur la plage et à côté du Phare, évidemment… Mais aussi ailleurs, partout… Un cabanon ? Un cabanon « littéraire »: la « plate-forme de communication de savoirs vivifiants », l’association GE !, diversifie ses activités et ses médias. Revue-Livre, ligne d’édition, site (en complète reconstruction, nous en parlerons bientôt), blog… Et maintenant, le cabanon littéraire : un dispositif d’exposition littéraire léger, démontable, déplaçable… De quoi s’agit-il ? D’une cabane d’environ 10 m², armature en bois, murs et toit de tissu. Un espace dédié à un écrivain. Un parcours efficace, rapide, convaincant, juste et beau ( ?) dans la vie-œuvre d’un auteur… De la « publicité transfigurée » (selon l’expression de Paul Nougé, le surréaliste belge) pour des auteurs vraiment… vivifiants. Une construction éphémère, montée dans une bibliothèque ou un centre culturel par exemple, qui convie le visiteur à un parcours. À plusieurs parcours…

À l’extérieur, une série de placards lui font découvrir, à partir de documents d’archives, l’œuvre d’un écrivain. Photos, manuscrits, peintures, courts textes explicatifs, objets accrochés à la structure; un parcours en étapes. Le visiteur entre dans un monde, mais reste encore à l’extérieur… 

À l’intérieur, un dispositif audiovisuel – télé et radio – le rapproche encore plus intimement de l’écrivain. Sur les parois intérieures du cabanon, plus intimes, des extraits courts et émouvants de ses œuvres. Le visiteur devrait sortir de cette courte visite un peu différent, songeur (c’est d’ailleurs l’effet que Paul Nougé voulait à l’art…).

Un dépliant en quadrichromie résume le parcours.

Voilà : un nouveau projet en cours que Caroline Léger (textile), Muriel Logist (graphisme), Mathieu André (ébénisterie) et moi-même (conception) vous préparons.

Inauguration et première : Maison de
la Culture de Tournai le 10 octobre 2009

Le premier cabanon : autour du poète, de l’homme, du clerc dans le désert et les campagnes : Paul André.

Hugues Robaye

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Premiers croquis du cabanon (comme plus haut, divers projets), par Mathieu André (« les copeaux d’abord »)







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