Les caméléons de Sem Nana

10042015

caméléon de Sem blog un caméléon de Sem Nana à la Potterée, LY et les mandalas, 10 avril 2015.

« Il faut enregistrer à l’allure du caméléon. »

Bobo Dioulasso, février 2012, le bassiste Issouf Dramé m’énonce ce principe, en nous guidant lentement vers la cour du chanteur Victor Démé.

Janvier 2015, début de séjour au Burkina, je retrouve mes repères comme le maquis jardin Talata, à Ouagadougou, en face du SIAO. « Bonne arrivée ! » me lance le parkère (celui qui garde les motos), d’une voix des plus chaleureuses : c’est mon ami Sem Nana, le danseur balaphoniste qui jouait du djembé un an auparavant avec Madi Nikiema, à la Fête de l’Arbre, à Bendogo. Souriantes retrouvailles… Et je lui fais porter une Brakina en son lieu de travail… Quand je ressors et enfourche mon vélo-panier noir (un « coconut » chinois, france-au-revoir (d’occase)), Sem me tend un sachet noir : « Cadeau pour toi. » Un grand vélo et trois caméléons en fil de fer. « Je fais ça, et aussi des porte-bougies. » Je connais peu Sem, mais je sais qu’il a été un frère pour moi, en une circonstance difficile, et le sera toujours.

Maintenant, un des petits caméléons habite une poche de mon sac GAFREH (Groupe d’actions des femmes pour la relance économique du Houet), tissé de sachets en plastique noir et fils coton. Parfois, je lui fais voir les lumières du jour et le dépose sur les tables des maquis bienveillants qui nous offrent de bienheureuses haltes et où Jiddu me parle tandis que moi, je souligne ses propos : « Il faut être seul, mais cet état n’est pas un isolement. Il implique un affranchissement du monde de l’avidité, de la haine et de la violence, avec ses subtilités, sa douloureuse solitude et son désespoir. Être seul, c’est être un étranger qui n’appartient à aucune religion, nation ou croyance, à aucun dogme. Être seul est l’état d’une innocence qui peut vivre dans le monde, avec toutes ses confusions, et pourtant ne pas y appartenir. Elle ne porte aucun revêtement particulier. La floraison du bien n’a lieu le long d’aucun sentier, car il n’y a pas de sentier qui mène à la vérité. »

Oui, Jiddu ; je regarde alors mon fétiche animal, amical et ses yeux en spirale m’hypnotisent : il faut « réseauter » à mon allure ; lentement étendre ton action en cercles concentriques (tu sais, comme les mandalas  tissés par ces femmes peules analphabètes, que LY t’a donnés), mesurant d’un pas lent, léger et prudent – la prudence : une réaction adaptée à ce qui apparaît, formé et réformé par notre intuition continue – la solidité, les résistances des terrains ; en t’assimilant lentement les couleurs et les tonalités des milieux… Et n’aie pas peur de répéter la lenteur !

avec Sem Sem accroupi, Madi, debout, Alphonsine Ouédraogo et le percussionniste, à la fête de l’arbre, Bendogo, février 2014.

Hugues Robaye 




Victor Démé : Quel monde allons-nous léguer à nos enfants ?

13062012

Victor Démé : Quel monde allons-nous léguer à nos enfants ? dans Camille Louvel P1210001-retblog-150x112 L’entrée de la « cour » de Victor Démé, Bobo Dioulasso (Burkina Faso)

P1210020fb-blog-150x112 dans GAFREH Issouf Dramé et Victor Démé

Durant cette longue période de préparation du voyage au Burkina, j’ai écouté de la musique burkinabè et en particulier le chanteur, Victor Démé qui avait à son actif deux CD.
Son travail me touchait beaucoup. Sa voix, sa guitare, les accompagnements (plus recherchés sur le second album) ; ses appels au peuple burkinabè, en français ou en dioula…
Je lisais sur lui : une vie un peu errante et difficile ; il allait de copain en copain emprunter une guitare… Puis, il rencontre le Français Camille Louvel à Ouagadougou. Et un premier CD sort ; il a déjà plus de 45 ans…
Depuis la Belgique, j’ai pris contact avec ce jeune producteur qui avait tenu un club, « Ouaga Jungle », dans la capitale du Burkina Faso. Maintenant, il animait un studio de production : « Chapa Blues », toujours à Ouaga.
Il m’avait gentiment transmis les coordonnées de Démé. Je lui avais écrit un mail, mais il était resté sans réponse.
J’étais au Burkina le 5 janvier 2012.
Le vendredi 20 janvier, vers 14h, à Bobo Dioulasso (province de Houet) – nous venions de visiter les locaux de l’association GAFREH, dans la maison des artisans et nous prenions l’ombre à une terrasse couverte -, j’appelais ce numéro que j’avais recopié dans mon carnet de voyage. Et le chaleureux Victor Démé nous invitait chez lui, pour le lendemain, à une des répétitions de son nouvel album qu’il enregistrerait un mois plus tard. Accompagné à la basse électrique par Issouf Dramé, il nous chantait huit chansons en s’accompagnant à la guitare.  
Il nous demandait de ne pas diffuser l’enregistrement de cette session acoustique.
Mais voici tout de même l’entretien qu’il nous accorda le lendemain ainsi que sa retranscription.
Comme dans les retranscriptions précédentes, j’ai choisi de rester fidèle à l’expression orale, aux associations propres à celle-ci. Il me semble qu’on y repère la silhouette de l’homme qui nous parle.
Et puis, le français (ou les français) qui ont été adoptés par les cultures africaines ont reçu une part d’elles-mêmes, de leur façon de dire dans la langue. J’ai gardé cette marque dans les retranscriptions que j’ai faites. Personnellement, j’aime cela. Et je préfère à la correction la création, la spontanéité et la sincérité…

HR

fichier pdf Entretiens burkimayaques 4 Victor Démé

Chez Victor Démé, le 22 janvier 2012

P1210026blog-fb2-150x112 dans Issouf Dramé Issouf Dramé armé de sa basse et tenant en main un projet mayaque illustré par Laurence Warnier; Victor Démé et Ramata Nafissatou Ouédraogo. Dans le salon, salle de musique et de télévision.







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