Gerrit

14032013

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Je craignais, à cause du nombre limité de places et aussi de mon néerlandais approximatif, ne pas être retenu pour le stage bisannuel de construction d’un four à pain au MOT ( Museum voor de oudere technieken ) de Grimbergen. Ouf! à ma grande joie, je suis au nombre des vingt heureux participants qui, au mois de juin, passeront trois jours à construire leur premier four.

J’ai déjà rencontré le formateur, Gerrit, qui donnait une conférence à la ferme urbaine du parc Maximilien (à Bruxelles, près de la station de métro Yser). Non content d’être un des rares spécialistes actuels du four à pain (mais il s’attache à en former d’autres), il maîtrise aussi la construction en murs de torchis (il a construit avec cette technique sa propre maison), ou la réparation de vielles à roue. David, qui s’occupe du fournil de Hof ter musschen (restauré grâce à l’expertise de Gerrit) me raconte qu’il l’a vu façonner en deux minutes, avec une branche et son couteau de poche, un appeau efficace pour attirer les oiseaux. Pour évoquer  la compétence technique que requièrent les fours à pain, Gerrit est aussi lyrique qu’intarissable: il faut, comme pour les cathédrales, incliner les murs latéraux afin qu’ils supportent la poussée  de la voûte qui se dilate sous l’effet de la chaleur; la sole doit avoir une inclinaison soigneusement étudiée pour une bonne répartition de l’air chaud… Gerrit souligne avec justesse que nos ancêtres avaient accumulé un savoir technique artisanal très évolué, aujourd’hui en danger de se perdre. Mais quand il s’agit de modeler en argile le foyer même, il dit qu’il ferme les yeux pour s’inspirer, de mémoire, du galbe de la croupe du cheval de trait de la ferme de son enfance…

J’espère après ce stage pouvoir aider à la construction d’un four à pain sur le champ des Cailles dans mon quartier (pour le projet du Chant des Cailles, voir un précédent billet ,du 1/09/2012 ). Quoi de plus convivial qu’un four à pain partagé dans un quartier? Et aussi, quelle alternative pertinente à l’exténuation de la boulangerie agroindustrielle!

Le site du MOT: http://www.mot.be

Xavier Vanandruel




Terre Habitat: matériaux de construction écologiques

16082011

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À 53 m du centre du (petit) monde mayaque, se livre un commerce particulier. « Commerce », à l’origine, veut dire « échange de marchandises », mais au cours de l’histoire, le mot s’est mis à désigner des relations, des échanges entre personnes. Avoir commerce avec… 

Chez « Terre Habitat », on dirait que le processus sémantique s’est inversé : des relations avec des personnes débouchent, dans la confiance, sur un échange de biens. 

« Terre Habitat », à 53m du… est un magasin de matériaux de construction écologiques, choisis avec une grande exigence et une volonté de les rendre accessibles (le bio pas que pour les riches). Le bénéfice n’est pas la préoccupation première… Vente oui, mais aussi accompagnement dans des projets de construction ou d’aménagements. 

Le magasin se situe, en toute homogénéité, dans les dépendances d’une maison familiale. La famille Detournay expérimente ce que le magasin propose. 

Un tout organique. 

Construire, aménager, habiter, c’est un art (et aussi une pensée de la respiration (la chaux, l’argile) et des relations entre les habitats naturels et les maisons humaines), un projet de vie. Un engagement…  La marche de la décroissance ne s’arrête-t-elle pas, pour des rencontres débats, dans le jardin de « Terre Habitat » ? 

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Le 25 juillet passé, je franchissais ces cruciaux 53m (tout point de l’espace, rappelons-le, est toujours le carrefour d’une multitude de forces ; mais ici, encore plus) pour aller interroger Roumi Detournay, l’intègre animateur (je ne peux pas utiliser une autre appellation) de « Terre Habitat ». Cet entretien occupera une partie du MaYaK 6. Mais je voulais déjà en donner un avant-goût ; des fragments de paroles : 

Terre : « Oui, notre magasin s’appelle « Terre et habitat » : la terre est un matériau polyvalent : on construit en terre, la terre est dans la maison ; nous proposons beaucoup d’enduits à l’argile. L’homme est en contact avec la terre, c’est primordial et nous travaillons dans cet esprit : nous aimons penser qu’une maison sort de terre. Nous sommes en relation avec des personnes qui se sont passionné pour ce mode de construction. Pas loin d’ici, à Bassily (Hainaut belge), une personne s’est mise à construire sa maison en terre puis a bien étudié cela et maintenant c’est devenu son métier : il accompagne des gens qui font de même. C’est quelqu’un qui vient ici au magasin. 

Relier les gens : « Nous sommes en contact avec de jeunes entrepreneurs qui se lancent dans ce genre de construction.Ils sont passionnés, cherchent, expérimentent au niveau des matières et créent même des produits. Je connais les produits par les fabricants mais eux expérimentent et cela ouvre tout un dialogue autour de l’auto-construction. » 

Articles : « Nous proposons des produits pour l’isolation, de la terre, de la chaux, des peintures, produits pour le traitement du bois, des planchers… » 

Étude : « J’ai fait un gros travail d’étude avant de me lancer. Le fabricant est déjà obligé de préciser la composition des produits ; c’est une première source d’information pour moi, facile. Mais cela ne suffit pas et je continue aussi à étudier les nouveaux produits. » 

Sélection : « Je ne suis pas attaché à une marque ; chaque marque a sa spécialité et j’étudie cela pour cerner le meilleur produit dans chaque partie de la construction. » 

Une autre commerce : « Je n’ai pas de formation commerciale préalable. Mon but n’est pas de vendre mon stock. Mais d’informer et de bien comprendre la demande. Je propose toujours 4 ou 5 solutions au client, sachant ce qui convient le mieux. Je lui explique mais il choisit. Le magasin n’est pas grand ; j’ai ici ce que j’ai jugé, sur base de mes études et de ma pratique, comme le meilleur produit. Si le client souhaite autre chose, je commande… » 

Homme de métier : « J’ai travaillé avec mon père qui est entrepreneur en construction (nous avons notamment reconstruit le siège mayaque, à 54 m d’ici). J’ai donc travaillé avec ces matériaux que je vends, maintenant ; je les ai placés ; j’ai appris à les connaître ; j’ai pu les comparer avec les matériaux non bios… Le produit est toujours accompagné d’une notice pour l’utilisation et le placement, mais rien ne vaut les conseils venus de l’expérience sur le terrain, tant les conditions de placement diffèrent toujours. » 

Assister le client : « Au début, j’allais parfois sur place, chez mon client mais cela me prenait trop de temps ! Alors on parle, on se téléphone. Oui, il y a tout un travail d’éducation, de formation. Ces matériaux sont souvent méconnus ; les gens travaillent seuls ; il faut les aider. Dans mon métier, il y a ce côté formation qui se double d’une mise en relation avec des professionnels que nous connaissons bien et à qui nous faisons confiance. Ainsi, un réseau se crée. » 

Le commerce et la maison familiale : « Oui, la maison est à côté. C’est un choix que nous avons fait pour que je puisse rester près de la famille (aux heures creuses, c’est très bien). Et puis, nous expérimentons aussi les matériaux dans la maison. Nous vivons avec ces matériaux ; nous sentons et comprenons mieux quelle différence il y a entre le plâtre et la terre ou la chaux. Les matières naturelles sont complètes, vivantes et polyvalentes : les isolations, par exemple, se combinent en elles : thermique, acoustique. Alors qu’un matériau chimique isole une fonction : il peut protéger du froid, mais pas du bruit… Il est moins cher au départ, mais il faut faire un double travail… Nous avons aussi constaté que la densité des matériaux naturels les rend plus durables. S’ils sont plus chers à l’achat, à long terme, ils sont bien plus « rentable ». Sans reparler du confort vital qu’ils procurent… » 

Le commerce comme un engagement : « Ce n’est pas vraiment un commerce, cet échange s’intègre à notre vie familiale, plus largement. C’est un engagement général, comme l’école à la maison par exemple, ou l’accueil, il y a deux ans, de la marche pour la décroissance qui nous a demandé si elle pouvait faire halte chez nous. Ou comme nos projets d’animations mensuelles, sur la confection de crèmes à partir de plantes ou sur des chantiers précis de restauration où les personnes présentes expérimentent des techniques (la rénovation mur en torchis du siège mayaque par exemple…). Par ces stages, il ne s’agit pas d’ « attirer la clientèle », comme dans les dégustations des grands magasins !, mais d’échanger, de travailler ensemble, de découvrir des techniques… »

Hugues Robaye

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Terre Habitat

Potterée 9, 7880 Flobecq, 068/286654

www.terrehabitat.be 

 

 







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