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« Unexposed » réunissait les œuvres de 40 jeunes femmes iraniennes

30122012

« Unexposed » réunissait les œuvres de 40 jeunes femmes iraniennes dans ceramique catalogue-expo-iran-16-12-2012-001-fb-300x224 Mariam Ashkanian Ganjah, « Epitome 1 » – embroidery – 150 cm x 150 cm

Le dimanche 16 décembre 2012, je me rends à Bruxelles en train.

Rendez-vous avec Laurence Warnier, à la gare centrale : nous nous rendons ensemble à Tour et Taxi, voir une exposition : « Unexposed » qui réunit les œuvres de 40 artistes iraniennes. La plupart de ces travaux n’ont jamais été exposés dans les musées ou galeries iraniennes en raison de la censure du régime.

 J’y vais, curieuse. Sans connaître « grand-chose » de ce pays, juste un peu de ce que la « Grande Histoire » raconte (des noms, des dates et autres références politico-religieuses …).

Et des vagues idées véhiculées ici – des stéréotypes ? – …

Que sais-je donc de L’Iran ?

Et de la liberté ? Et de la censure ?

Pas grand-chose donc. Mais une envie de découvrir, oui. Autrement.

Visages et corps s’imposent à mes yeux, dans beaucoup de ces œuvres.

Dans tous leurs états : de la nudité au vêtement qui cache.

Certaines des œuvres retiennent mon attention.

Ici, des cheveux, de vrais cheveux, accrochés sur un grand cadre-miroir, où l’on se voit. Et à côté : un autre cadre, montrant la photo d’une femme –  tête rasée – .

Dans cet état, elle peut paraître – sans avoir à cacher ses cheveux - ?

Faezeh Afchary-Kord (une amie de Laurence et d’Hugues, iranienne, et artiste qui réalise des porcelaines) me dit : « oui, les cheveux de la femme sont mal vus en Iran, ils ont une connotation sexuelle, ils doivent être cachés … oui »)

Là : une autre œuvre capte notre regard à Laurence et moi.

Grand format (150 cm x 150 cm). Au premier coup d’œil, difficile de déterminer ce que ça représente. Du relief, c’est évident, du souci du détail et de finesse : une multitude de petites « marques noires » sur fond blanc (écru ?) … qui forment comme une écriture ?, en cercles, multiples, se resserrant, avec, au centre, une forme – « froissée », et un creux qui se dessine, vertical. A regarder de plus près, la matière se précise: du tissu – blanc -, et des fils – noirs – , cousus. Et l’image du sexe féminin, m’apparaît évidente.

Œuvre touchante – belle et fine – où je perçois une dimension universelle : le lieu de l’identité de la femme, son lieu de conception et de naissance.

Et ces petits fils cousus évoquent en moi aussi une idée de bouche cousue – des lèvres cousues ? – la parole, l’expression, la pensée, opprimée, enfermée, censurée ? …

 (Photo 1 : Mariam Ashkanian Ganjah, « Epitome 1 » – embroidery – 150 cm x 150 cm)

 Encore une autre œuvre ici :

Une photo d’une femme, œuvre carrée (110/110 cm). La photo, en grand, en damier noir et blanc, cadrée « photo d’identité ». Reproduite, en multiples exemplaires, (des rouges, des noirs), plus petits, et des noms, des adresses, des cases à remplir, des gros traits rouges, – comme des chemins qui se recoupent, se croisent, en « circuit » fermé … comme un labyrinthe – pas d’issue possible – où la personne ne serait réduite qu’à une photo d’identité – où la personne, dans ce labyrinthe de gros traits au marqueur rouge, perdrait SON identité - en recherche d’identité, de liberté (un visa ? une envie de quitter son pays ?) – … quête-perdue-dans-un-espace-étriqué-trop-cadré-circuit-fermé ? – …

 (Photo 2 : Mahdockht Kasaei Nasab, « I have gotten lost my own maze » – 110 cm x 110 cm)

Ce dimanche aussi, table ronde autour du théâtre en Iran : méconnu ici.

Et : « Untitled » (du 16 au 19 décembre) : des lectures publiques de pièces iraniennes, traduites en français, et portées, dites par des comédien(ne)s.

Ce dimanche, 2 lectures, j’évoque le second texte lu, qui réunit 5 femmes.

« L’espace scénique » dépouillé, pas de décors, les 5 femmes alignées devant le public, dans une pièce qui s’étire très étroite et très longue.

Huis-clos, 5 femmes, trois générations, qui s’expriment, dans cet espace: un appartement, dans une ville : les murs invisibles de cet appartement, qui s’incarnent dans les murs de la pièce étroite et longue où on se trouve, les murs qui coupent du monde extérieur, cet espace où l’on ne peut s’exprimer « librement ».

Je regarde, j’écoute, et je « sais » – ou plutôt : je sens – …

Ce que je ressens, ce que je pressens, ce que je perçois, à travers toutes les œuvres de ces  40 jeunes femmes artistes iraniennes, et ces lectures de pièces :

Pas La Grande Histoire. Non.

Mais « les petites histoires », dans la Grande.

Ce que je sens, ce que je vois, ce sont des œuvres, de jeunes femmes, qui expriment des messages forts, des vécus, des émotions.

Leurs émotions – exprimées – par elles en « huis-clos », dans un cadre oppressant – opprimant – mais par là même aussi stimulant? – … des émotions ressenties, à l’extérieur, hors leurs frontières, hors du cadre de la censure, … ressenties ce dimanche 6 décembre à Tour et Taxi, à des milliers de kilomètres du pays où ces œuvres sont nées …

La censure et les pressions exercées sur les femmes particulièrement en Iran, n’arriveraient donc pas à mettre à genou leur soif de liberté ? Les sentiments d’isolement, et d’enfermement, qui découlent logiquement de cette censure, et que peuvent éprouver ces femmes, forcent et stimulent – aussi – peut-être – leur imaginaire ?

Et à travers ces « petites histoires », ces œuvres, ces textes : des questions universelles : l’identité (féminine), la quête de liberté, le rapport au corps et à l’espace, cet espace où nous évoluons – tous – et qui aussi nous relie.

Et me fait dire - aussi – la nécessité que nous avons, de prendre conscience de cet espace, de notre environnement, et l’importance de pouvoir s’y mouvoir et s’y exprimer librement, et en harmonie avec les autres, et avec soi-même. Question d’équilibre en soi … et dans le monde ?

L’expo « Unexposed » n’est plus visible à Tour et Taxi depuis le 25 décembre… (le chef mayaque aurait pu publier plus tôt, ndlr)

Anouk Brouyère

PS : Plus d’infos sur ces pièces, ici : http://lecturesmaps.wordpress.com/16-decembre-2012/

catalogue-expo-iran-16-12-2012-002-fb-blog-300x224 dans connaitre le monde Mahdockht Kasaei Nasab, « I have gotten lost my own maze » – 110 cm x 110 cm

 




Soirée mayaque, 2, 100 Papiers

16122012

Soirée mayaque, 2, 100 Papiers dans Alice Bossut equilibriste-blog-300x200équilibristes et mondes, NATHALIE de VOOGHT, 2010.

Cela fait déjà un petit temps que je me dis que je dois écrire quelque chose à ce sujet. Mais cela ne sort pas vraiment… C’est au sujet de la présentation mayaque à 100 papiers, mais je crois que cela déborde bien de cela et touche à autre chose.

On m’avait plusieurs fois parlé de cette jeune librairie. Et j’ai téléphoné un après-midi pour proposer une rencontre mayaque. Un oui direct. Consultez le programme et vous pouvez prendre une date. Ce lieu est à vous, est-il écrit sur le site de la librairie… Il restait la date de la Saint-Nicolas, pas facile. Et puis à composer une soirée. Isaia Iannaccone, Sébastien Verleene, Maximilien Atangana ont répondu directement oui. Max pour une performance bénévole, « pour MaYaK ». J’invitais Madi Niekiema qui me proposait un peu plus tard de venir avec son n’goni (une sorte de luth de l’Afrique de l’Ouest)… J’invitais Jean-Pierre Dusoulier que j’avais failli rencontrer à l’époque du cabanon Paul André (toujours d’actualité), lui qui avait été un de ses grands amis. J’échangeais avec Jean-Pierre un peu accidentellement par les bonnes grâces de facebook et je me rendais compte que son engagement de toujours dans les campagnes et les villes en transition s’accordait à merveille avec le projet burkinabè de recherche-action autour de l’animation de villages et du développement endogène. Jean-Pierre allait venir et me proposait, lui qui est conteur et chanteur, d’apporter sa voix, sa contribution de lecteur à la soirée… Alors je commençais à imaginer une espèce de scénographie. Une suite de matières, des répons de musiciens et de lecteurs, placés parmi le public. Avec Xavier qui comme moi s’ennuie aux présentations littéraires, on se disait, il ne faut pas faire trop long, pas emmerder les gens… Les choses se mettaient spontanément en place, sans difficulté. La structure s’enrichissait de jour en jour, la structure dynamique de ce temps d’une soirée où un échange se ferait. Je pense toujours aux équilibristes que Nathalie de Vooght a dessinés il y a quelques temps pour MaYaK (toujours d’actualité). C’était une commande et Nathalie y avait répondu avec ce plaisir gratuit que les Mayaques partagent avec les enfants. Ces équilibres fragiles, ces projets de société où la générosité est au fondement.

Je repense à Madi Niekiema, le musicien qui veut d’abord développer une forme d’auto-suffisance un peu rémunératrice, chez lui au Burkina, pour jouir de son art de musicien sans dépendre de personne… On en parlait ce vendredi, avec le comédien danseur poète Maxime Guidot-Dejoux et lui. D’un jour à l’autre, des foyers d’énergie qui font croire à ces sociétés possibles ( ?) qui sont dans la devise de MaYaK. Ce texte est désordonné. Pas grave, ça arrive. Il essaie de faire sentir cette « puissance », au sens lawrencien du terme que j’ai ressentie chez ces personnes à la soirée et plus tard au gré des rencontres que notre initiative culturelle suscite. Puissance comme force intime juste qui émane du corps d’un homme quand il sent ce qu’il doit faire sur cette terre (c’est la conception de Lawrence)… Anouk Brouyère rencontrait Jean-Pierre Dusoulier à cette soirée, eux qui travaillent tous les deux au renouveau des campagnes… Laurence Warnier était là qui réagit si spontanément aux stimuli mayaques. Comme le compagnon des premiers temps, Jacques Faton… Et Alice Bossut qui la première me parla de cette librairie accueillante et courageuse et engagée… Qui diffusait MaYaK et qui dessine pour la revue-livre. Et le peintre écrivain Frédéric Dambreville qui est aussi lecteur de Lawrence et de Dhôtel, le philosophe des champignons indéterminables.

Oui bon, encore un texte triomphaliste. Non. La situation financière de l’assoc qui produit MaYaK est mauvaise mais le tissu est de plus en plus résistant, le réseau en rhizome comme le psalmodiait Maximilien, à cette soirée.

Eh bien, merci, merci, vraiment…

HR




6 décembre, 19h, « Cent Papiers », MaYaK6 se présente

26112012

6 décembre, 19h, Le monde, MaYaK: un jeu d’équilibres, graves et légers. Nathalie de Vooght, encre.

6 décembre, à 19h, librairie « Cent Papiers »,

Schaarbeek, avenue Louis Bertrand (une des plus belles de Bruxelles), à la pointe du Parc Josaphat,

PRESENTATION MAYAQUE,

des auteurs du numéro 6 :

ISAIA IANNACCONE (Italie ; chimie et sinologie, histoire des sciences),

JAH MAE KAN (Cameroun ; poésie, djembé et histoire des cultures africaines),

SEBASTIEN VERLEENE (France ; architecture, échanges avec les pays du sud),

XAVIER VANANDRUEL (Belgique ; philosophie et mathématiques, rédaction en chef de MaYaK),

JACQUES FATON (Belgique ; dessin et cinéma d’animation).

Et avec la participation de MADI NIEKIEMA (Burkina Faso ; chanson, permaculture, apiculture, construction).

Conversations, échanges avec vous et musiques, et chansons (JAH ET MADI).

(Et moi…).

« Cent Papiers », une jeune librairie/stadcafé, lieu de rencontre à la programmation généreuse et engagée. Merci à l’équipe pour son accueil et bonne vie à elle !

http://100papiers.be

HR

laurence-1-72fb-218x300 dans Aminata Traore MaYaK, au coeur du Vivant. Laurence Warnier, encre

 




Victor Démé : Quel monde allons-nous léguer à nos enfants ?

13062012

Victor Démé : Quel monde allons-nous léguer à nos enfants ? dans Camille Louvel P1210001-retblog-150x112 L’entrée de la « cour » de Victor Démé, Bobo Dioulasso (Burkina Faso)

P1210020fb-blog-150x112 dans GAFREH Issouf Dramé et Victor Démé

Durant cette longue période de préparation du voyage au Burkina, j’ai écouté de la musique burkinabè et en particulier le chanteur, Victor Démé qui avait à son actif deux CD.
Son travail me touchait beaucoup. Sa voix, sa guitare, les accompagnements (plus recherchés sur le second album) ; ses appels au peuple burkinabè, en français ou en dioula…
Je lisais sur lui : une vie un peu errante et difficile ; il allait de copain en copain emprunter une guitare… Puis, il rencontre le Français Camille Louvel à Ouagadougou. Et un premier CD sort ; il a déjà plus de 45 ans…
Depuis la Belgique, j’ai pris contact avec ce jeune producteur qui avait tenu un club, « Ouaga Jungle », dans la capitale du Burkina Faso. Maintenant, il animait un studio de production : « Chapa Blues », toujours à Ouaga.
Il m’avait gentiment transmis les coordonnées de Démé. Je lui avais écrit un mail, mais il était resté sans réponse.
J’étais au Burkina le 5 janvier 2012.
Le vendredi 20 janvier, vers 14h, à Bobo Dioulasso (province de Houet) – nous venions de visiter les locaux de l’association GAFREH, dans la maison des artisans et nous prenions l’ombre à une terrasse couverte -, j’appelais ce numéro que j’avais recopié dans mon carnet de voyage. Et le chaleureux Victor Démé nous invitait chez lui, pour le lendemain, à une des répétitions de son nouvel album qu’il enregistrerait un mois plus tard. Accompagné à la basse électrique par Issouf Dramé, il nous chantait huit chansons en s’accompagnant à la guitare.  
Il nous demandait de ne pas diffuser l’enregistrement de cette session acoustique.
Mais voici tout de même l’entretien qu’il nous accorda le lendemain ainsi que sa retranscription.
Comme dans les retranscriptions précédentes, j’ai choisi de rester fidèle à l’expression orale, aux associations propres à celle-ci. Il me semble qu’on y repère la silhouette de l’homme qui nous parle.
Et puis, le français (ou les français) qui ont été adoptés par les cultures africaines ont reçu une part d’elles-mêmes, de leur façon de dire dans la langue. J’ai gardé cette marque dans les retranscriptions que j’ai faites. Personnellement, j’aime cela. Et je préfère à la correction la création, la spontanéité et la sincérité…

HR

fichier pdf Entretiens burkimayaques 4 Victor Démé

Chez Victor Démé, le 22 janvier 2012

P1210026blog-fb2-150x112 dans Issouf Dramé Issouf Dramé armé de sa basse et tenant en main un projet mayaque illustré par Laurence Warnier; Victor Démé et Ramata Nafissatou Ouédraogo. Dans le salon, salle de musique et de télévision.




Rayonnement endogène (bis, voire Ter(re)…)

4052012

Rayonnement endogène (bis, voire Ter(re)...) dans Aminata Traore P1230026-ret-fb-150x106 P2060127-ret2-fb-150x110 dans architecture/urbanisme Raoul Soma, Mady Sankara, Laetitia Kiemtoré et sa mère

P1210003-fb-150x112 dans Bomavé Konaté P1190009-recad-fb-150x110 dans Burkina Faso Victor Démé, Séri Youlou et Thomas Zida

Boromo-18-1-8-ret-103x150 dans economie roommusic-150x74 dans Muriel Logist Bomavé Konaté et la pochette du cd qui accompagne le MaYaK6, œuvre de Muriel Logist

Laurence-et-le-Burkina-FB-et-blog-150x104 dans Patrick Armand Pognon Bendogo, Laurence Warnier

Je viens de terminer le texte qui figurera sous le dessin de Laurence Warnier, en dernière page du MaYaK6 qui se pointe à l’horizon. Enfin ! Il y a du retard… Est-ce grave ? Un numéro de MaYaK, pour moi, est une chose organique qui se métamorphose au cours du temps. Toutes ces matières mots et images s’associent et les significations de ces proximités un peu hasardeuses viennent avec le temps. Comme si l’intuition devait mûrir.

Publier, c’est arrêter un moment un processus intuitif, celui de la composition mouvante. Mais aussi en commencer un autre, un autre moment/mouvement, celui de la réception par le public qui va faire d’autres associations. Je crois que nous vivons MaYaK ainsi, nous qui le faisons et y sommes tout ce temps… Je ne sais pas si c’est compréhensible ce que je raconte. Enfin, cette dernière page évoque ce voyage au Burkina que j’ai fait en janvier février passé. Encore ! Voyage déterminant en ce sens que j’ai envie de rester dans ce Burkina que nous avons composé, tous les gens que j’ai rencontrés, tous les auteurs que j’ai lus et moi…

Dans son petit chantier ensoleillé de Banfora, l’ébéniste Raoul Soma m’a montré un ouvrier sous l’ombre d’un manguier, occupé à sculpter avec un maillet des plus primitifs (un simple pieu) et un ciseau à bois l’accoudoir d’un futur fauteuil de salon. Le grand sociologue Bernard Lédéa Ouédraogo nous (avec Ramata Nafissatou Ouédraogo) a parlé des écoles rurales d’antan, une réponse didactique adaptée à l’économie agraire du pays, où le paysan était respecté dans sa langue et dans son amour de la terre. Il nous a parlé des Groupements qu’il a mis sur pied progressivement et de toutes les productions inventives que ses encourageants animateurs de village avaient suscitées. « Nos femmes ont inventé le couscous de pomme de terre ! Savez-vous tout ce qu’elles tirent du fruit du nime? » (Eh bien, je ne pouvais même pas l’imaginer…). La jeune diplômée en tourisme Pingdwende Kaboré veut promouvoir la cuisine traditionnelle burkinabè et la construction en banco (terre crue), des formes de tourisme où le voyageur peut sentir l’habitat traditionnel des ethnies du Burkina. Le nutritionniste Barthélémy Kaboré construit une ferme pédagogique pour sensibiliser les petits Ouagalais au terreau rural. Nous avons rencontré le « coach à l’africaine » Patrick Armand Pognon qui développe à travers l’Afrique un réseau d’ambassadeurs du développement pour promouvoir des projets no budget basés sur l’entraide de cette toile. Le musicien Ousmane Dembélé veut construire une école de musique pour conserver les anciennes musiques que seuls les maîtres en voie de disparition habitent encore vraiment. Le chanteur Victor Démé me demandait ce que sa génération trop souvent coupée de ses racines va léguer aux enfants et petits enfants et chante à cela et irrigue son auditoire. L’économiste Aminata Ouoba nous disait que son boulot à la banque ne lui plaisait pas tant que ça mais, ses jus naturels, ses savons, ses tenues traditionnelles ; ah, s’y remettre avec sa petite équipe de femmes ! Le jeune hôtelier Wendyamb Zongo de Banfora me racontait ses projets au service des voyageurs de passage : faire un petit restaurant dans cette jolie cour, avec des kiosques en paille (« Annexe Jackson », chambres avec ventilo). Le grand avocat Titinga Pacere me parlait des Indignés du Nord et du calme de la vie africaine recherché par les Occidentaux. L’instituteur Mady Sankara me montrait les produits naturels qu’il commercialise et des photos des bâtiments de son association où s’établira bientôt une crèche. La professeur de didactique, Laetitia Kiemtoré me parlait de l’action de son association encourageant le développement, en support aux petites associations villageoises. Le chef de chantier Thomas Zida me disait combien le projet de la Voûte Nubienne permettait au paysan burkinabè de construire sainement et à peu de frais ; et son cofondateur Séri Youlou me racontait les origines de cette belle aventure… « Puissance est plus importante que magie » nous disait le sculpteur de masques Bomavé Konaté, à Boromo. Le sociologue Abdramane Sow nous racontait comment on fait des enquêtes sur les ressources des villages, permettant à son association d’écotourisme de « développer sans abîmer », selon les mots de son grand collègue, Bernard Lédéa Ouédraogo.  Etc., etc.

Qu’elles fassent, pensent, créent, toutes ces personnes m’ont émerveillé par ce rayonnement en elles, communicatif, transformateur, créateur de société… Rayonnement endogène… MaYaK, Observatoire des Rayonnements Endogènes…

C’est bien pour cela que j’ai eu envie de remplacer le mot « développement » par le mot « rayonnement ». Comme si tout était déjà présent. Et simplement à valoriser comme le font Aminata Traoré qui parle de « modernité africaine » ou Joseph Ki-Zerbo qui disait « postmodernité africaine », évoquant cette économie sociale pas spécialement industrielle qu’il sentait revenir en force dans les pays du Nord et qu’il savait encore en puissance et en acte dans les pays du Sud. Laissons donc ces forces du Sud nous aider…

Un Nègre blanc, cousin trop éloigné des des « Blancs-Noirs » (Bernard Lédéa Ouédraogo).




Peindre Vivre. Laurence Warnier

29042012

Peindre Vivre. Laurence Warnier dans arts graphiques peintures-Laurence-Warnier-14-avril-2011-012-ret-blog-et-fb-119x150 peintures-Laurence-Warnier-14-avril-2011-032-ret-83x150 dans gravure peintures-Laurence-Warnier-14-avril-2011-043-ret-blog-150x110 dans Laurence Warnier

Je le lui avais demandé ; Laurence m’avait envoyé des photos de son travail pictural en cours. Joliment collées sur un papier noir, et accompagnées d’une lettre donnant des détails.

Après, en avril 2011, j’étais allé voir ces grands tableaux d’un mètre septante sur un (plus ou moins). Pour vraiment voir, et laisser les yeux s’aventurer dans ces compositions. Trois grands tableaux qui s’inséreront dans une suite plus importante : 10 tableaux de cette taille sont prévus, me disait Laurence Warnier, à côté d’une autre dizaine, de plus petit format, précisait-elle.

Le regard s’aventurer ? Oui, se balader, dans ces compositions qui me faisaient penser à des mandalas (une image totale qui exprime l’univers) où des âges de la vie, mais aussi des dimensions de celle-ci (comme l’intériorité ou l’ouverture à la Nature) se seraient déposées.

Se balader, car ces grands tableaux rassemblaient, en parcours centrés, des images et me rappelaient, par leur agencement tournoyant, des jeux de l’oie où les coups d’œil n’abolissent jamais le hasard et font vivre des aventures énigmatiques, qu’on ne comprend jamais tout à fait, mais qu’on ressent et qui nous accompagnent quand on les quitte.

Beaucoup d’images, de motifs très détaillés comme dans des gravures (Laurence Warnier « a fait » la gravure), des couleurs en répons, des dominantes, un parcours tourbillonnant mais aussi structuré… Des cadres, des enceintes et des passages. Une organisation de l’espace (de méditation). Et chaque image, autonome, associée à une autre. 

Naissance à la vie, lien intime à la matière, vie cellulaire, modèles culturels, lien à l’univers, à la chimie du vivant, aux animaux ; les trois grands tableaux déployaient ces temps de la vie …

Une circulation organique. Tout un cheminement de vie. Et on se sentait dans l’intimité de l’artiste (qui est aussi la nôtre).

Enfin, mieux vaut les regarder, ces tableaux…

Techniques diverses : photo, gravure, collages, dessin, carte à gratter, acrylique.

Potter%C3%A9e-et-Laurence-28-avril-2012-002-fb-et-blog-mieux-150x112 dans Parcours d'artistes

« Le quatrième tableau, le tableau noir sur lequel je travaille actuellement, parlera d’arbres, de chemins, de carrefours, de directions à choisir, de chemins menant au profond, à la libération intérieure… », m’écrivait-elle dans sa lettre.

Laurence Warnier a collaboré au MaYaK6, bientôt sous presse, illustre le projet burkimayaque et sera au « Parcours d’artistes » de Saint-Gilles, bientôt.

Hugues Robaye




Entretien burkimayaque avec Bernard Lédéa Ouédraogo

26032012

Entretien burkimayaque avec Bernard Lédéa Ouédraogo dans Bernard Lédéa Ouédraogo Bernard-L%C3%A9d%C3%A9a-ret-blog-150x112

Retranscription d’une belle rencontre, et le son suit! C’est aussi le début d’une collection: « Entretiens burkimayaques », avec, à l’image, Laurence Warnier.

fichier pdf Entretiens burkimayaques Bernard Lédéa Ouédraogo, 3 février 2012

fichier pdf Entretiens burkimayaques Bernard Lédéa Ouédraogo, 3 février 2012 version doubles pages pour lecture ordi

 




Le catalogue Phare Papier/MaYaK

25032009

Laurence M7 4 72 FB Dessin à la plume de Laurence Warnier

En pdf, le catalogue du cabanon d’édition « Phare Papier ».

De ses six collections : « Histoires mayaques », « Études mayaques », « Signal », « Manifestes pour une vie plus… »,   »Chantier école » & « carnets écophiles ».

Sans oublier, bien sûr, les revues-livres MaYaK…

Le catalogue : fichier pdf catalogue MaYaK & Phare Papier 2017LD

 







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